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Comment Bonaparte manqua de faire échouer le coup d'Etat du 18 Brumaire. Brèves d'Histoire de France. Miettes historiques

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Brèves d’Histoire
Brèves d’Histoire de France : bribes et miettes historiques utiles à une meilleure connaissance de notre passé
Comment Bonaparte manqua
de faire lui-même échouer
le coup d’Etat du 18 Brumaire
(D’après « Lectures pour tous », paru en 1925)
Publié / Mis à jour le lundi 19 avril 2021, par LA RÉDACTION
 
 
 
On sait que le coup d’Etat du 18 Brumaire (7 novembre 1799), marquant la fin du Directoire ainsi que de la Révolution française, et le début du Consulat, fut préparé et exécuté par Sieyès. Mais sait-on que Bonaparte, mêlé aux intrigues parce qu’il fallait un « sabre », faillit tout faire échouer parce qu’il manquait d’éloquence ?

Un grand silence s’établit et le Sénat fut tout oreilles. Pour Bonaparte, c’était l’épreuve pénible et redoutable. Ce qu’il venait dire, ce n’était pas du tout ce que les Anciens espéraient. Et il fallait parler d’abondance, prononcer un discours, la seule chose peut-être dont il ne fût pas capable.

Cependant il fallait dire quelque chose. Bonaparte se jeta à l’eau. Sa harangue, dans la version officielle qui en a été donnée par le Moniteur, est décousue. Il n’est pourtant pas défendu de penser que cette version a été arrangée, ce qui laisse croire que, dans la bouche du général, les phrases se sont succédé avec une singulière incohérence, les phrases et aussi les métaphores banales auxquelles ne manquaient pas même le : « Vous êtes sur un volcan. » Ce sont des lambeaux de discours qui sortent d’une poitrine oppressée. « Sa pensée même le fuit », dit Albert Sorel. Bref, une espèce de déroute.

Le général Bonaparte au Conseil des Cinq-Cents, à Saint Cloud. 10 novembre 1799
Le général Bonaparte au Conseil des Cinq-Cents

Ce qu’il voulait dire, c’était que le Conseil des Anciens devait achever ce qu’il avait commencé la veille : « Qu’il prenne des mesures, qu’il parle ! me voici pour exécuter. » A ce moment, une voix l’interrompit : « Et la Constitution ? » s’écria Linglet. Désarçonné, Bonaparte garda le silence. Le compte rendu officiel porte que l’orateur « se recueille un moment ». Puis, fouetté par l’interruption, réplique, et, dans ce mauvais monologue, c’est son meilleur passage : « La Constitution ! Vous l’avez vous-mêmes anéantie. Au 18 fructidor, vous l’avez violée. Vous l’avez violée au 22 floréal. Vous l’avez violée au 30 prairial. Elle n’obtient plus le respect de personne. Je dirai tout. »

Que va-t-il dire ? Ce qu’on attend, ce sont des révélations sur ce complot jacobin, anarchiste, qui sert de prétexte à tout depuis deux jours. Mais rien de précis ne sort de la bouche du général, et pour cause. Il parle vaguement de complot, d’attentat, d’hommes sinistres qui se préparent à relever l’échafaud.

L’orateur novice s’embourbait, et ses amis, dans le Conseil, commençaient à souffrir cruellement. Pour le tirer de là, il fallait en finir. Ils proposèrent de passer au vote et, avant de voter, de reprendre la séance régulière aux honneurs de laquelle Bonaparte serait admis.

Mais, dès qu’il s’agit de prendre une décision, l’incertitude des Anciens recommence. Ils ne sont plus dans le même état d’esprit que la veille. Ils hésitent à voter des mesures que n’approuveraient pas, à côté, les Cinq-Cents. Les conciliabules qui se sont tenus de midi à deux heures pèsent sur eux. Et puis les opposants, écartés la veille par un tour de passe-passe, sont là. Ils exigent maintenant, sur le fameux complot, des explications en règle. Plus d’allusions vagues. Le cri ordinaire de toutes les assemblées en pareil cas retentit : « Les noms ! Citez les noms ! » Bonaparte, pris au dépourvu, répond que Barras et Moulin lui ont fait part de projets révolutionnaires. Là-dessus, dans un vacarme effroyable, plusieurs représentants réclament une enquête.

L’affaire tournait mal. Non seulement Bonaparte n’avait pu convaincre celle des deux assemblées qui lui était le plus favorable : il allait encore l’indisposer. S’irritant d’autant plus qu’il se sentait moins persuasif, il se mettait à menacer. Des mots qu’il avait dits ailleurs lui revenaient à l’esprit. Un jour, au Caire, il avait épouvanté une délégation de notables musulmans par une image de style oriental : « Souvenez-vous que je marche accompagné du dieu de la victoire et du dieu de la guerre. » Cette phrase, il s’en resservit, et, sur une assemblée française, elle devait produire une impression détestable. Il y eut de violents murmures qui exaspérèrent Bonaparte.

En vain le président Lemercier vient en aide au général, l’excuse, le ramène à la question. Bonaparte a pataugé. Il patauge encore. Ce que son intervention chez les Anciens devait produire, c’était, d’après le plan convenu avec Sieyès, une motion en faveur d’un gouvernement nouveau. Loin d’avoir fait jaillir cette initiative, il l’a empêchée et compromise. Il n’a plus qu’une chose à faire, c’est de sortir, laissant les Anciens poursuivre une discussion qui se perd dans les sables.

 
 
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