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Jardins d'Eyrignac : écrin vert du Périgord

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Jardins d’Eyrignac :
écrin vert du Périgord
(Source : Le Figaro)
Publié / Mis à jour le samedi 30 juin 2018, par LA RÉDACTION
 
 
 
Le parc de ce manoir, habité depuis le XVIIe siècle par la même famille, abrite l’un des plus beaux ensembles de topiaires de France. Visite guidée.

On ne se rend pas à Eyrignac par hasard. Pour découvrir ce splendide jardin à la française, situé au nord de Sarlat, à l’écart du très touristique circuit des châteaux qui longe la Dordogne, il faut emprunter les routes étroites et sinueuses du Périgord noir où, entre vertes prairies, bois de chênes et champs de noyers, on manque plus d’une fois de se perdre... Mais à l’arrivée, quel spectacle !

Le manoir, bâti au XVIIe siècle en pierre de Sarlat, par un lointain ancêtre de Patrick Sermadiras, l’actuel propriétaire, est entouré d’un écrin végétal d’une dizaine d’hectares, peuplé d’une incroyable diversité de topiaires taillées à la perfection, de miroirs d’eau paisibles et de statues qui défient le temps.

Jardins du manoir d'Eyrignac
Jardins du manoir d’Eyrignac

« Les Champs-Élysées du Périgord »
Le tout est divisé en jardins, comme autant de pièces et de couloirs, aux noms évocateurs : le « jardin français » situé juste dans l’axe de la façade du manoir avec ses élégantes arabesques de buis ; la « chambre de verdure » et ses huit fenêtres taillées dans une rotonde de charmes ; le « pavillon chinois » et son labyrinthe de buis ; l’ « allée des vases » avec ses topiaires d’ifs plantés dans de somptueuses poteries florentines ; et, surtout, la majestueuse « allée des charmes » que Patrick Sermadiras n’hésite pas à rebaptiser « les Champs-Élysées du Périgord ».

Longue d’une centaine de mètres, cette avenue végétale, constituée d’un double alignement de cylindres d’ifs entourés de contreforts de charmes aux allures de sphinx, est un chef-d’œuvre. Une idée lumineuse de Gilles, le père de Patrick, qui entreprit, au début des années 1960, de restaurer le domaine familial à l’abandon depuis un siècle. « Mon père, autodidacte en matière de jardinage, a tout imaginé par lui-même en habitant sur place, sans l’aide d’aucun paysagiste. Pour lui, c’était le seul moyen de concevoir un jardin adapté à ce lieu magique que ma famille habite depuis 22 générations, dont j’ai hérité, il y a 45 ans et dont je suis toujours autant amoureux », confie Patrick Sermadiras.

Être le dépositaire d’une aussi longue histoire démarrée sous la Fronde, n’est cependant pas de tout repos pour celui qui a la charge, avec son épouse Capucine, d’entretenir et d’embellir ce joyau classé monument historique. Pas moins de six jardiniers travaillent à plein temps à Eyrignac. La taille des 300 topiaires et des kilomètres de haies que compte le domaine, se fait manuellement : deux fois par an pour l’if et le buis, cinq fois pour le charme.

Jardin blanc du manoir d'Eyrignac
Jardin blanc du manoir d’Eyrignac

Mais le plus difficile reste l’entretien du gazon (tonte, démoussage, resemis...), omniprésent sur le domaine. Pour le garder vert tout l’été et éviter que le chaud soleil du Périgord ne le transforme en paillasson, Patrick a installé, dès 1988, un système de 750 petits arroseurs enterrés, alimentés par un forage.

« La difficulté, c’est que nous mouillons en même temps les buis situés en bordure, ce qui favorise l’émergence de maladies redoutables comme la cylindrocladiose », explique le chef jardinier, Laurent Chabane. Sans parler de la pyrale du buis, en constante augmentation depuis quatre ans, malgré le suivi régulier effectué sur le domaine : « Nous sommes passés de vingt captures d’adultes, il y a quatre ans, à 3 000 l’an passé. » Pour faire face à ces menaces lourdes de conséquences pour un jardin de topiaires comme celui d’Eyrignac, Laurent Chabane joue sur deux tableaux : « Des biostimulants et des purins de plantes pour fortifier les buis et, dans le cas des champignons, des traitements phytosanitaires curatifs, comme ce fut le cas ces derniers jours où, du fait du temps orageux, nous avons subi un début d’attaque très sévère après deux années de relative accalmie. » Encore un défi à relever...

« Touche féminine »
Car pour garder tout son lustre, un domaine comme Eyrignac se doit aussi d’évoluer. Au début des années 2000, une étape importante était franchie, avec la création du « jardin blanc », un espace au tracé géométrique agrémenté de fleurs exclusivement blanches : rosiers grimpants (Fée des neiges, Madame Alfred Carrière) et couvre-sol (Opalia), tulipes au printemps alternant avec pétunias en été et, plus récemment, hydrangéas paniculés, cléomes, gauras ou hibsicus vivaces. Ce mariage, particulièrement heureux, du vert et du blanc, s’est étendu au reste du jardin qui, jusqu’alors, était totalement dépourvu de fleurs.

Jardin des sources du manoir d'Eyrignac
Jardin des sources du manoir d’Eyrignac

« Capucine avait un nom prédestiné pour une telle initiative ! » sourit Patrick, en désignant le splendide liséré d’impatiens de Nouvelle-Guinée blanches qui orne les bordures du « jardin français ». « J’ai apporté une touche féminine en adoucissant les formes trop géométriques et en végétalisant les structures minérales, comme les escaliers ou la vasque située au centre de la chambre de verdure », ajoute l’intéressée.

Priorité au public
D’autres réalisations plus récentes vont dans ce sens, à l’image du « jardin des sources », avec sa collection de cépages français qui vient rappeler qu’avant la crise du phylloxéra, les 200 hectares du domaine étaient couverts de vignes, la plantation d’arbres exotiques (cornouillers du Japon, arbres aux mouchoirs...) ou encore la création d’un potager et d’un jardin fleuri.

« À côté de la partie classique qui les fait rêver, ces nouveaux jardins auxquels ils peuvent plus facilement s’identifier, nous permettent d’être encore plus proches de nos visiteurs », poursuit Capucine. Il est vrai qu’à Eyrignac, l’échange avec le public est une priorité. Au point que chacun des 90 000 visiteurs qui font le voyage chaque année, se voit remettre le numéro de portable de Patrick. « Un jardin qui n’est pas visité est un jardin mort », lâche-t-il. Celui d’Eyrignac est bien vivant.

Informations pratiques
Les Jardins du Manoir d’Eyrignac — 24590 Salignac-Eyvigues
Tél.  : 05 53 28 99 71
Site Internet : http://www.eyrignac.com

Marc Mennessier
Le Figaro

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