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Histoire faune et flore : les marmottes - Histoire de France et Patrimoine


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Faune, Flore

Arbres célèbres, vertus des plantes, croyances liées aux animaux. Faune et flore vues par nos ancêtres. Balade au coeur des règnes animal et végétal


Marmottes (Les)
(D’après un article paru en 1835)
Publié / Mis à jour le vendredi 15 janvier 2010, par LA RÉDACTION

 
Quand je partis de mon pays,
Pas plus haut qu’une botte,
Mon père me donna cinq sous,
Une vieille culotte,
Avecque mi
Avecque ma
Avecque ma marmotte.
Chanson des Savoyards

Tel est, en effet, le capital que reçoivent, au moment où ils partent seuls courir le monde, beaucoup d’enfants savoyards ; capital fort mince sans doute, mais dont le revenu suffit pour les faire vivre jusqu’à lâge où ils peuvent supporter un travail plus rude.

On ne rencontre plus aujourd’hui dans nos villes autant de marmottes qu’on en voyait autrefois : c’est que déjà, dans les montagnes où on les trouve, elles sont devenues bein moins nombreuses depuis qu’on les chasse à coups de fusil. Quelque peu agile que nous paraisse la marmotte lorsque nous la voyons captive gambader au bout d’une corde, elle a dans l’état de liberté des mouvements si soudains et si vifs que l’oeil a parfois peine à les suivre ; aussi, quoiqu’elle coure fort mal, ce n’en est pas moins un gibier très difficile à tirer.

Dans quelques cas, on emploie contre les marmottes un piège semblable à celui dont nos paysans font usage pour détruire les rats dans leurs greniers, et qu’ils nomment un quatre de chiffre. Ce piège consiste dans une lourde pièce de bois élevée par un de ses bouts au moyen de légers supports, et qui retombe sur l’animal dès qu’il y imprime le moindre mouvement en cherchant à s’emparer de l’appât. Lorsqu’on le dresse pour des marmottes, au lieu de lard ou de fromage rôti, on se contente d’y placer comme amorce une poignée de foin. Cette herbe fannée est destinée par elles, non à servir à un repas, mais à garnir les lits où elles passent dans le sommeil plus de la moitié de leur vie.

La marmotte n’est pas, dans ces montagnes, le seul quadrupède qui se construise une habitation pour l’hiver ; l’ours en fait à peu près autant ; mais dans l’été celui-ci abandonne entièrement son gîte ; l’autre, au contraire, y rentre chaque nuit ; de grand matin les vieilles marmottes sortent du logis, mangent, coupent de l’herbe et s’occupent activement jusqu’à l’heure où le soleil étant assez élevé sur l’horizon, elles pensent qu’il est temps de faire sortir les petits ; elles rentrent alors et les ramènent bientôt avec elles.

Pendant que les parents continuent leur travail, les petits font mille culbutes, courent l’un après l’autre, jusqu’à ce que las de jouer, ils se couchent ou s’assoient gravement le nez tourné vers le soleil et les pattes de devant appliquées sur la poirtine. Si quelque ennemi s’avance, la troupe est avertie assez à temps pour faire retraite ; une sentinelle placée sur quelque partie élevée en donne le signal par un sifflement très aigu et qui s’entend de fort loin.

Marmottes
Marmottes

Avant que l’été ne soit terminé, les jeunes marmottes sont déjà en état d’aider leurs parents et de travailler à amasser le foin pour l’hiver ; la provision est complète vers le mois de septembre, et dès que le froid commence à devenir un peu vif, les marmottes songent à fermer leur maison. Elles en bouchent l’entrée avec de la terre qu’elles retirent des galeries latérales et qu’elles battent très solidement. Ce n’est que plusieurs jours après cette opération qu’elles commencent à s’engourdir ; mais lorsqu’elles sont plongées dans l’assoupissement il est difficile de les en tirer ; quand on a ouvert leur terrier, on peut les emporter sans qu’elles donnent signe de vie, et elles ne se réveillent que lorsqu’elles ressentent la chaleur du foyer.

La marmotte, qui se plaît dans la région des neiges et des glaces, est cependant sujette plus que les autres animaux à se laisser engourdir par le froid. Si une fois privée de mouvement elle restait exposée à toute la rigueur de la saison, elle périrait infailliblement ; mais la nature lui a donné l’instinct de se construire une retraite dans laquelle elle passe l’hiver, et où elle est protégée à la fois contre l’inclémence de l’air et contre la cruauté des loups. Cette retraite est creusée sur la pente de quelque haute vallée, mais du côté qui reçoit le plus longtemps les rayons du soleil. Sa forme est à peu près celle d’un Y, c’est-à-dire qu’un corridor long et étroit conduit à une chambre plus large, et d’où partent deux galeries qui se prolongent en s’écartant l’une de l’autre.

La première galerie, celle qui communique avec l’extérieur, a communément huit à neuf pieds de long ; la chambre dans laquelle elle se termine est plus ou moins grande, suivant que la famille est plus ou moins nombreuse. On en voit qui n’ont pas plus de deux pieds de diamètre, d’autres en ont jusqu’à six. La forme de cette chambre est comparable à celle d’un four. Le plancher en est battu et parfaitement lisse ; il est revêtu d’une couche épaisse de foin, et les côtés sont garnis de la même manière. Une des deux galeries paraît destinée à recevoir les ordures ; on ne sait pas bien quel est l’usage de l’autre.

On sait qu’en tenant ces animaux dans un appartement dont la température reste toujours assez élevée, on empêche leur sommeil d’hiver ; mais ce qu’on a su depuis quelque temps, et qu’on ne prévoyait guère, c’est que quand le froid est trop vif ils ne s’endorment point non plus, la sensation douleureuse qu’ils en ressentent suffisant pour les tenir éveillés.

M. Bonnafous est le premier qui ait reconnu ce fait. De quatre marmottes qu’il s’était procurées pour faire des expériences sur l’hibernation, trois ne s’endormirent que lorsqu’on eut élevé la température de la chambre à 10° au-dessus de 0. La dernière avait pris elle-même ses précautions pour se procurer un bon sommeil ; mais on ne les connut pas d’abord, car pendant plusieurs jours on ne sut ce qu’elle était devenue. Deux semaines environ s’étaient écoulées depuis son évasion, lorsqu’une domestique que M. Bonnafous avait envoyée chercher quelque chose dans un caveau très profond remonta toute effrayée, en criant que des voleurs s’étaient introduits dans le caveau et en avaient fermé en dedans la porte. On se rendit sur les lieux en force, et la porte ne cédant pas malgré les sommations faites aux prétendus voleurs, on prit le parti de l’enfoncer.

Alors on reconnut que c’était la marmotte qui s’était emparée du caveau en y pénétrant par une ouverture pratiquée dans la voûte, et qui s’y était arrangée de manière à ne pas y être troublée. A cet effet, elle avait creusé le sol, gratté les murailles pour en faire tomber le platras ; et de tous ces matériaux, elle avait construit, comme barricade, un mur intérieur qui s’élevait derrière la porte à près de deux pieds de hauteur ; de plus, comme entre le bas de la porte et le seuil, il y avait un jour par lequel la terre s’échappait sans doute quand elle commença à l’accumuler, elle avait disposé, au-devant de cette ouverture, une planche qu’elle avait détachée d’une étagère, après quoi elle avait repris sa construction.

Dans un coin du caveau, elle avait établi son lit formé d’une couche de paille de huit ou dix pouces d’épaisseur, qu’elle avait amassée en déroulant celle qui entortillait une vingtaine de bouteilles. Enfin, pour n’être point dérangée dans son sommeil par les rats qu’elle ne pouvait entièrement exclure du caveau, elle s’était fait un rempart formidable de tessons de bouteilles qu’elle avait disposés au-devant de sa couche, de manière à former un demi-cercle très régulier.

Le loir, qui s’engourdit l’hiver comme la marmotte, n’est pas à beaucoup près un animal aussi intelligent, et placé dans des circonstances analogues, il ne sait pas varier ses ressources ; il périt misérablement. Le castor, qui appartient aussi à la famille des rongeurs, est au besoin inventif comme la marmotte ; ainsi au Museum d’Histoire naturelle on en a vu un, dont la cage avait été laissée par mégarde ouverte dans une rude nuit d’hiver, élever devant l’ouverture un mur qui le défendit du vent. Les matériaux semblaient lui manquer, mais il se servit de la neige qui tombait, et en construisit sa cloison. C’est précisément ce que font les Esquimaux dans des cas semblables.

La marmotte n’était point connue des naturalistes grecs ; mais elle le fut des Romains : Pline désigne les marmottes sous le nom de mures alpini (rats des Alpes). On les appela plus tard rats de montagnes, mures montani, qui devint dans notre vieux mot français murmontain ou marmontaine, encore en usage il y a quelques siècles ; et c’est de là que vient notre mot marmotte.




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