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Malotru. Origine, étymologie mots de la langue française - Histoire de France et Patrimoine


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Savoir : Mots, LocutionsL’étymologie de mots et l’origine de locutions de la langue française. Racines, évolution de locutions et mots usuels ou méconnus

Malotru
Publié / Mis à jour le samedi 18 avril 2015, par LA RÉDACTION

 
 
 
Personne mal élevée, qui fait preuve de grossièreté

Ce mot connut plusieurs vicissitudes d’orthographe : malostru, malôtru, malautru, malaustru. Cette dernière est la plus voisine de l’étymologie, qui est male et astrum, ou plutôt male et astrosus, employé dans le même sens par Sidoine Apollinaire, écrivain gallo-romain du Ve siècle.

Ce mot se retrouve dans la langue d’oc sous la forme astruc, qui est aussi un nom propre ; mais astruc est celui qui a les astres favorables, qui est né sous une heureuse planète ; mal astruc ou malaustru est le contraire. Observez que nous avons en français le composé désastreux, et que nous manquons du simple. Beaucoup d’adjectifs sont dans le même cas. Ainsi, dans son origine, malotru n’emporte qu’une idée de malheur et de compassion ; mais, par une pente qui ne fait pas trop d’honneur à l’espèce humaine, on glisse facilement de la compassion au mépris.

Montaigne emploie malotru dans sa véritable et primitive acception. Les mères, dit-il, sont mauvaises appréciatrices du mérite de leurs enfants : « Communément on les void s’addonner aux plus foibles et malostrus, ou à ceulx, si elles en ont, qui leur pendent encore au col. » Dans la Satire Ménippée, il signifie à la fois un homme malheureux et de la dernière classe du peuple : « Le sort ne tomba sur aucun d’eux, ains sur un pauvre malautru meneur d’asne. » Scarron, dans Le Chemin du Marais au faubourg Saint-Germain, emploie encore malotru dans son acception précise et étymologique :

Parbleu, bon ! Je vay par les rues
Mais je n’y vay pas de mon chef
Ni de mes pieds, qui par méchef
Sont parties très malotrues !

Malotrues, qui ressentent la mauvaise influence des astres, étant paralysées.

Mais, dès le XIVe siècle, on trouve ce mot pris dans un sens général, comme injure ; tant il est vrai que de tout temps le malheur a été imputé à vice. On lit dans Baudouin de Sebourg :

Bauduins fiert et Trappe as garchons malostrus.

Et plus loin :

Dont jura dame Dieu qui en crois fut pendus
Qu’ainsi n’escapera li prestres malostrus.
(...)
Vo ribaut malostrus sera pendut au vent.

Au XVIIe siècle, l’abbé de Saint-Martin, de Caen, aussi difforme de sa personne que bizarre dans ses idées et sa conduite, était célèbre sous le nom de l’abbé Malotru. Son nom avait fini par disparaître dans ce sobriquet imposé par le peuple. Le Furetieriana et le Menagiana sont pleins de ses ridicules et de ses originalités. Natif de Saint-Lô, il couchait sur une espèce de four de briques ; il avait inventé pour son usage cette espèce de charrette à bras connue sous le nom de brouette ou vinaigrette, que Pascal perfectionna en la suspendant sur des ressorts. « Il est, dit Furetière, l’inventeur de ces petites chaises qu’un homme tire, et qu’on nomme à Paris vinaigrettes. Il en avoit une où il se faisoit traîner dans les rues de Caen. »

Rien ne pouvait arriver à l’abbé Malotru comme à un autre : c’était l’influence de sa méchante étoile. Dans un procès qu’il eut au tribunal de Caen, la sottise d’un clerc de procureur fit rire à ses dépens les juges et l’auditoire. L’abbé avait le titre de protonotaire du saint-siège apostolique. Or, en tête d’une pièce, ce malheureux clerc ne s’avise-t-il pas d’écrire, au lieu de protonotaire, propriétaire ! L’avocat de la partie adverse, en vrai huguenot et Normand qu’il était, lut tout du long comme il y avait écrit, et de peur que la chose ne passât inaperçue, il eut soin d’ajouter : « Notez, messieurs, que le pape n’est que son fermier ! » Personne ne put y tenir.

La première épigramme latine du recueil de Huet, intitulée Énigme, et toute en épithètes composées avec des racines grecques, est un portrait physique et moral de l’abbé Malotru. La meilleure partie de la plaisanterie consistait dans la fabrication de ces mots interminables qui servent à peindre l’extérieur hétéroclite du personnage, et ne peuvent se transporter en français. L’abbé Malotru mourut à Caen en 1687.

 
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