Histoire de France, Patrimoine, Tourisme, Gastronomie, Librairie
LE 23 octobre DANS L'HISTOIRE [VOIR]  /  NOTRE LIBRAIRIE [VOIR]  /  NOUS SOUTENIR [VOIR]
Histoire France, Patrimoine, Gastronomie, Tourisme


« Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du
peuple avant qu'il ne les ait oubliées » (C. Nodier, 1840)


REJOIGNEZ-NOUS sur VK, le
réseau social alternatif à Facebook !

Cuistre. Origine, étymologie mots de la langue française - Histoire de France et Patrimoine


Vous êtes ici : Accueil > Savoir : Mots, Locutions > Cuistre

Savoir : Mots, Locutions

L’étymologie de mots et l’origine de locutions de la langue française. Racines, évolution de locutions et mots usuels ou méconnus


Cuistre
Publié / Mis à jour le samedi 23 mai 2015, par LA RÉDACTION

 
 
 
Personne pédante, vaniteuse de son savoir

Cuistre, qui est aujourd’hui un terme de mépris et d’injure, a été longtemps un titre d’office ecclésiastique très honorable : toute la différence est qu’on écrivait coustre. Les coustres de l’église de Saint-Quentin avaient le privilège de porter la mitre lors de leur première entrée dans l’église. Guillaume de Sainte-Maure, coustre de Saint-Quentin, fut chancelier de France sous Philippe IV. Les coustres, qu’on appelait en quelques lieux custodes, étaient préposés à la garde et surveillance de tout ce qui intéressait l’église. « Cette dignité, dit Piganiol de la Force, fut supprimée (à Saint-Quentin), et réunie au corps du chapitre en 1485. »

L’étymologie de ce nom est manifeste : coustre est la transformation de custor, employé au Moyen Age pour custos, à l’imitation des Latins, qui disaient indifféremment arbor et arbos, honor et honos. Dans cette basse latinité, on avait fait de custodia custoderia, et de custoderia, par syncope, cuistria : « officium cuistriae. » Du Cange en cite des exemples du XIIe siècle. Ainsi cuistre, cuistrerie ne signifient étymologiquement autre chose que gardien, garde.

Coustre est la forme plus ancienne, cuistre est la forme plus moderne. Le mot allemand küster, qui est aussi un nom propre, signifie un sacristain, celui qui prend soin des vêtements ecclésiastiques, de l’ornement de l’église, etc. Seulement les Allemands n’ont jamais eu l’idée de transformer cette appellation en insulte.

Il y avait des coustres de toute sorte : le coustre de l’autel, le coustre du chœur, celui de la croix, etc. On en peut voir le dénombrement dans Du Cange, au mot Custos. N’omettons pas de mentionner le coustre des petits enfants (custos puerorum infantium), c’est-à-dire le gardien ou gouverneur des oblats du monastère. C’est de là, selon toute apparence, que cette dénomination de coustre ou cuistre a passé dans les collèges.

Les cuistres donc sont originairement des serviteurs d’église, et Béranger ne croyait peut-être pas dire si vrai, lorsqu’il chantait, dans les Capucins : « L’église est l’asyle des cuistres. » Bachaumont aussi emploie ce mot dans sa véritable et primitive acception. A la date du 5 août 1772, il raconte qu’un chantre de La Rochelle fut enlevé par lettre de cachet au chapitre de cette ville, pour le faire débuter à l’Opéra. Mlle Guimard l’ayant essayé sur son théâtre de Pantin, on reconnut que cette voix, magnifique dans le haut, « n’avait point de bas. On a renvoyé ce chantre, qui, après avoir goûté des filles d’Opéra, répugnait beaucoup à retourner avec les cuistres ses confrères. »

Le Dictionnaire de Trévoux dit, au mot Cuistre : « Valet de pédants ou de prêtres, qui leur sert à faire cuire leur viande... Plusieurs dérivent ce mot de l’allemand küster, un serviteur de l’Église, mais il vient plutôt du latin coquere. » Il semble que Trévoux ait eu peur d’outrager l’Église par l’étymologie véritable. La dignité de l’Église n’est point engagée par le hasard et les caprices de la langue. Napoléon Landais adopte la fausse étymologie de Trévoux, et, en homme d’imagination qu’il était, renchérit encore par-dessus : « Cuistre, dit-il, du latin barbare coquister, fait de coquus, cuisinier, valet de cuisine, marmiton, valet de collège. »

Coquister est en effet du latin barbare, et si barbare, qu’il n’a jamais existé. C’est une imitation du procédé de Ménage. On veut faire venir cuistre de coquus ? Rien de plus facile ; dites : Coquus, en latin barbare coquister, retranchez co, il reste quister, qui est la même chose que cuistre. Voilà !

On a beaucoup abusé du latin barbare : c’est la ressource habituelle de Nodier et de son école. Le latin barbare souffre tout. A-t-on besoin d’une étymologie absente ? On fabrique un mot qu’on apporte comme du latin barbare ; personne n’ira y voir. Et quand on irait ? Un fait négatif ne se prouve pas, et l’étymologiste a toujours un refuge tout prêt dans les profondeurs inaccessibles de son érudition.

Coustre nous a laissé le verbe accoustrer, qu’on écrit aujourd’hui sans s, comme on l’a toujours prononcé. Accoutrer, c’est arranger, mettre en ordre, comme faisait le coutre des ornements de l’église.

 
 

Saisissez votre mail, appuyez
une seule fois
sur OK et patientez
30 secondes
pour la validation




Histoire de France :
l'indispensable pour devenir incollable

2000 ans d'Histoire de France en 150 pages
Présentation / Commande : CLIQUEZ ICI
 

 

 

Prolongez votre voyage dans le temps avec notre
encyclopédie consacrée à l'Histoire de France

Choisissez un numéro et découvrez les extraits en ligne !

 


 

 Samain (Samhain), Toussaint, nuit d'Halloween et Fête des morts
 
 Règles de bienséance et de politesse d'après un traité de 1628
 
 Pain mangé par nos aïeux : sa nature, son prix
 
 Charlemagne se fait voleur par ordre de Dieu
 
 Berceuses populaires (Les) : airs entêtants, apaisants, traversant le temps et les provinces
 
 Des bibliothèques dans les trains ?
 
BON À SAVOIR
 Qui n'entend qu'une cloche n'entend qu'un son
 
 C'est un pays de Cocagne
 
MANIFESTATIONS
 Napoléon III, l'autre Bonaparte, enfin au coeur d'une exposition insulaire
 
 Le mystère du masque de fer dévoilé sur l'île Sainte-Marguerite
 
 
L'ENCYCLOPÉDIE DU TEMPS JADIS
 Recevez en 48h les 37 volumes édités par La France pittoresque : 900 articles, 1800 illustrations formant une truculente mosaïque de notre riche passé !
 
 
 
 
 

 


Les plus récents
 
 Goujat
 
 Tête-bêche
 
 Tohu-bohu
 
 Cocktail
 
 
Et puis aussi...
 
 Toasts (De l'origine des)
 
 Glaner, glaneur, glanure
 
 Boutefeu
 
 « Bonjour » ou « Bonsoir », que faut-il choisir ?
 
 
Plus d'articles...
 
 Voir les 100 ARTICLES

 

 La France pittoresque ne bénéficie d'aucune subvention, qu'elle soit publique ou privée. Prenez activement part à la transmission de notre patrimoine !
 
 Soutenez une véritable réinformation historique et contribuez à la conservation de notre indépendance éditoriale
Vous pouvez également opter pour
un montant libre
 
VOS DONS NOUS SONT PRÉCIEUX
EN SAVOIR +

 

 Facebook
 Twitter
 VK
 Instagram
 LinkedIn
 Pinterest
 Tumblr
 

     

 

Retrouvez toute L'HISTOIRE DE FRANCE avec l'Encyclopédie du temps jadis

 
Copyright © 1999-2019 LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270. N° CNIL 824 842. N° Siret 481 246619 00011. Code APE 913E

La France pittoresque et Guide de la France d'hier et d'aujourd'hui sont des marques déposées.
Site déposé à l'INPI
 
Recommandé notamment parMAISON DU TOURISME FRANÇAIS dès 2003Maison de la FranceALLIANCE FRANÇAISEAlliance Française
 
Mentionné notamment parSIGNETS DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCESignets de la Bibliothèque Nationale de FranceMINISTÈRE DE LA CULTUREMinistère de la Culture
 
Services La France pittoresque
 
Noël au coin de l'Histoire : boutique d'ouvrages pour vos cadeaux de fêtes de fin d'année
 
LA FRANCE PITTORESQUE : 1 - Guide en ligne des richesses de la France d'hier et d'aujourd'hui depuis 1999 : Histoire de France, patrimoine historique et culturel,
gîtes et chambres d'hôtes, tourisme, gastronomie. 2 - Magazine d'histoire 36 pages couleur depuis 2001, une véritable encyclopédie de la vie d'autrefois


Magazine

Encyclopédie

Blog

Facebook

Twitter

VK

Heypster

Vero

Pinterest

Tumblr

Instagram

YouTube

Librairie

Paris pittoresque

Prénoms

Services