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Arobase : les moines l'utilisaient déjà au Moyen Age - Histoire de France et Patrimoine


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Savoir : Mots, Locutions

L’étymologie de mots et l’origine de locutions de la langue française. Racines, évolution de locutions et mots usuels ou méconnus


Arobase : les moines l’utilisaient
déjà au Moyen Age
Publié / Mis à jour le jeudi 11 octobre 2018, par LA RÉDACTION

 
 
 
Arobase, arobas, arrobe, escargot... en français comme dans toutes les langues la forme de l’@, caractère né au Moyen Age et non à l’orée de l’ère numérique, lui vaut des appellations aussi fantaisistes qu’évocatrices. Quelle est son origine et comment fut-il utilisé ?

Les plus petits le surnomment l’ « escargot ». L’arobase, « @ », signe indispensable et désormais universel, est une clef qui ouvre toutes les portes. Placé entre un nom et un « gmail.com » ou un « yahoo.fr », il nous permet de communiquer avec n’importe qui, pourvu que nous ayons la bonne adresse. Ne serions-nous pas surpris d’apprendre que ce caractère a au moins quinze siècles ?

Pour le comprendre, il faut imaginer une époque avant Gutenberg. Avant l’apparition d’une technique révolutionnaire qui n’apparaît qu’au milieu du XVe siècle : l’imprimerie. Une époque où les moines copistes s’attellent au dur labeur de reproduction et d’ornementation, à la main, d’ouvrages religieux. Il faut être efficace et rapide. Alors, pour gagner en vitesse, toutes les techniques sont bonnes.

Moine copiste. Illustration extraite de Histoire de France, par Gustave Gautherot (1934)
Moine copiste. Illustration extraite de Histoire de France, par Gustave Gautherot (1934)

Selon le linguiste Berthold Louis Ullman, le signe @ provient de la ligature (fusion de deux caractères consécutifs) « du ad latin (à ou vers en français) où le a et le d cursifs ont fini par se confondre », peut-on lire sur le site de la Bibliothèque nationale de France. Concrètement ? Le d s’enroule autour du a. L’apparition du caractère @ daterait ainsi du VIe siècle.

Une fois sorti des chancelleries médiévales, l’@ resurgit en plein gothique au XIIe siècle. On le retrouve dans les comptes des marchands florentins symbolisant une unité de poids ou de mesure, l’amphore, sous la forme d’un a stylisé à la mode florentine. Pendant les siècles suivants il fut employé çà et là dans les écritures commerciales ou religieuses.

Mais c’est aux Etats-Unis que son usage s’est vraiment répandu dès le XIXe siècle pour noter le prix unitaire des marchandises. « Deux chaises à 20 dollars pièces » se notait « 2 chairs @ $ 20 » et se lisait « two chairs at twenty dollars ». L’usage en est resté pour les américains qui lisent toujours « at ». Et c’est tout naturellement pour cet usage comptable que ce symbole a fait son apparition sur les claviers des machines à écrire dès 1885.

Lors de l’apparition des claviers informatiques quatre-vingts ans plus tard, le signe avait quasiment perdu son sens. Mais c’est précisément grâce à cette absence de signification dans le langage courant qu’il fut utilisé par les informaticiens comme marqueur logique et inséré dans les caractères informatiques standard (ASCII).

Et, comme le « at » américain pouvait aussi servir à localiser les choses, c’est sans doute pourquoi il a été choisi par l’ingénieur américain et inventeur du courrier électronique Ray Tomlinson en 1971 pour indiquer la localisation des serveurs (ou boîtes aux lettres) de courrier électronique. Rien de plus logique donc à ce que cette préposition ad, transformée en @, soit aujourd’hui utilisée pour distinguer le destinataire « arthur.dupont » de la messagerie qui l’abrite « gmail.com ». Si l’on devait traduire, cela donnerait : Arthur Dupont « à », « vers » ou « chez » gmail.com.

Mais alors pourquoi avoir baptisé ce glyphe « arobase » ? Les explications sont nombreuses. Selon la Bibliothèque Nationale de France, arobase serait la déformation de a rond bas (de casse), c’est-à-dire a minuscule entouré d’un rond. Un mot que l’on a confondu avec l’unité de mesure espagnole, l’arroba (25 livres espagnoles, soit 11,502 kg), elle-même issue de l’arabe ar-roub, signifiant le quart.

Le Petit Robert attribue au caractère @ le nom français « arrobe », également préconisé par la délégation générale à la langue française. La version française (AFNOR) de la norme ISO-LATIN-1 donne pourtant a commercial mais l’on a reproché à ce terme sa connotation mercantile dans le contexte massivement non commercial des débuts d’Internet.

Le Figaro et Bibliothèque nationale de France
[Accédez aux articles source :
http://www.lefigaro.fr/langue-francaise/actu-des-mots/2018/10/09/37002-20181009ARTFIG00022-les-moines-utilisaient-deja-l-arobase-au-moyen-ge.php
http://expositions.bnf.fr/utopie/pistes/ateliers/image/fiches/arobase.htm




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