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30 avril 1524 : mort du chevalier Bayard

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30 avril 1524 : mort du chevalier Bayard
Publié / Mis à jour le samedi 30 avril 2016, par LA RÉDACTION
 

En lisant l’histoire du chevalier Bayard, l’âme de ce héros y paraît réunir tant de vertus sans aucun mélange de défauts, qu’on soupçonnerait l’auteur de n’avoir voulu présenter aux hommes qu’un modèle chimérique et inimitable, si son récit n’était confirmé par celui de tous les historiens contemporains.

Pierre du Terrail, seigneur de Bayard
Pierre du Terrail, seigneur de Bayard

Toujours vainqueur dans les tournois, dans les combats singuliers, hardi dans les coups de main, savant dans les expéditions plus importantes, Bayard fut le plus grand des guerriers. Doux, simple, modeste dans la société, amant délicat, ami sincère, franc chevalier, pieux, humain, libéral, il fut le meilleur des hommes.

Blessé dangereusement à l’assaut de Bresse, il fut porté dans une maison ennemie, qui s’attendait à toutes les horreurs du pillage. Deux filles extrêmement belles s’étaient cachées dans un grenier pour éviter la brutalité du soldat ; leur mère tremblante, désespérait de leur honneur et de sa vie ; Bayard rassemble cette famille éperdue, la rassure la console, la met à l’abri de tout péril, refuse la rançon qu’on lui offre, reçoit un présent de la mère, pour ne pas la désobliger, reçoit des filles deux bracelets, et d’autres petits présents qu’il leur promet de garder toujours pour l’amour d’elles.

Ses exploits militaires remplissent toute l’histoire de son temps : il avait commencé de se signaler sous Charles Vlll, à la célèbre journée de Fornoue ; sa gloire militaire illustra le règne entier de Louis Xll, et les neuf premières années du règne de François Ier, qui, le lendemain de la célèbre bataille de Marignan, voulut être armé chevalier par Bayard. Depuis, qu’à l’exemple d’Horatius Coclès, il avait défendu seul contre les Espagnols, un pont sur le Garigliano, et sauvé l’armée française, en retardant la marche de l’ennemi vainqueur, il avait pour devise un porc-épic, avec ces mots faits pour lui seul : Vire ogminis ursus habet.

Bayard était de la maison du Terrail, l’une des plus nobles et des plus anciennes du Dauphiné, toujours dévoué à la patrie, toujours versé pour elle. Avant la réunion du Dauphiné à la France, ses ancêtres mouraient pour les dauphins de Viennois, dont ils étaient sujets ; ils moururent pour leurs rois depuis la réunion. Le trisaïeul du chevalier fut tué sous les yeux du roi Jean, à la bataille de Poitiers ; son bisaïeul à la bataille d’Azincourt ; son aïeul à celle de Montlhéry, son père fut mis hors de combat à la journée de Guinegaste, par une blessure dangereuse ; et notre chevalier mourut à la retraite de Romagnano. Les du Terrail ne survivaient guère aux malheurs de la France, quand ils pouvaient mourir.

L’amiral de Bonnivet qui, par des mesures mal prises, avait fait battre à Rebec le chevalier Bayard, ayant été mis hors de combat au passage de la Sesia, et voulant échapper au connétable de Bourbon, son ennemi personnel, qui le poursuivait, manda le chevalier Bavard. « Vous voyez, lui dit-il, que je ne suis plus en état de combattre ni de commander ; je vous remets le sort de l’armée : sauvez-la, s’il est possible. — Il est bien tard, lui répondit Bayard, encore sensible à l’affaire de Rebec ; mais n’importe, mon âme est à Dieu, et ma vie à I’Etat. Je vous promets de sauver l’armée aux dépens de mes jours. »

Vandenesse, à qui Bonnivet confia l’artillerie, en jura autant, et tous deux ne tinrent que trop bien parole. Vandenesse fut tué sur la place, d’un coup d’arquebuse à croc ; le chevalier Bayard en reçut un aussi dans les reins, qui lui fit crier : Jésus ! mon Dieu, je suis mort. Il mourut comme il avait vécu. Ses dernières actions portent le caractère de cette simplicité héroïque et chrétienne qu’il avait montrée toute sa vie.

Au défaut de croix, il baisait son épée ; n’ayant point de prêtre, il se confessait à son maître-d’hôtel ; il consolait ses amis et ses domestiques ; il bravait sans orgueil et sans faiblesse la rébellion triomphante. « Pleurez sur vous, monsieur, dit-il au connétable de Bourbon qui s’attendrissait à la vue de ce héros expirant ; pleurez sur vous-même : pour moi, je ne suis point à plaindre, je meurs en faisant mon devoir ; vous triomphez en trahissant le vôtre : vos succès sont affreux, et le terme en sera funeste. » Et en effet, trois ans après, le connétable fut tué à l’assaut de Rome.

La retraite des Français ayant laissé Bayard entre les mains des Impériaux, le marquis de Pescaire le secourut mourant, le pleura mort, et les regrets dont les ennemis honorèrent la cendre de Bayard égalèrent ceux des Français. Ce héros mérita, et reçut de ses contemporains le surnom de Chevalier sans peur et sans reproche.

 
 
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