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29 avril 1780 : mort du poète et dramaturge Claude-Joseph Dorat

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29 avril 1780 : mort du poète
et dramaturge Claude-Joseph Dorat
Publié / Mis à jour le dimanche 28 avril 2013, par LA RÉDACTION
 

Claude-Joseph Dorat est né à Paris le 31 décembre 1734. Des femmes qui avaient entendu parler d’Ovide, et des hommes qui croyaient le connaître pour l’avoir lu, peut-être même pour l’avoir appris, se permirent de surnommer Dorat l’Ovide français ; mais Ovide n’était point maniéré, il n’était que naturel, abondant et riche.

Claude-Joseph Dorat
Claude-Joseph Dorat

Dorat et Ovide n’ont de commun que d’avoir été l’un et l’autre des poètes érotiques ; mais Ovide aimait les femmes, et Dorat voulait principalement en paraître aimé. Il n’imaginait rien au-dessus d’un joli homme, d’un petit-maître, d’un homme à bonnes fortunes ; ce qui lui attira l’épigramme suivante de La Harpe :

Bon Dieu ! que cet auteur est triste en sa gaieté !
Bon Dieu ! qu’il est pesant dans sa légèreté !
Que ses petits écrits ont de longues préfaces !
Ses fleurs sont des pavots, ses ris sont des grimaces.
Que l’encens qu’il prodigue est fade et sans odeur !
C’est, si je veux l’en croire, un heureux petit-maître ;
Mais, si j’en crois ses vers, ah ! qu’il est triste d’être
Ou sa maîtresse ou son lecteur !

Dorat voulut faire des tragédies, maladie qui prend quelquefois aux jolis poètes, qui ne sont que jolis. Il ne put trouver dans son âme, toujours nourrie de petites choses, profondément remplie de bagatelles, et accoutumée à ramper ou à briller dans de petits genres, l’élévation et l’énergie nécessaires. au genre dramatique ; il n’a mieux réussi que dans une seule comédie, la Feinte par amour.

Ce n’est pas qu’elle ne soit encore quelquefois défigurée par le jargon et l’air maniéré, mais enfin elle est filée avec art ; la fable se développe bien, et le dénouement arrive au moment où il ne pourrait plus être différé sans faire languir la pièce. L’amant n’est petit-maître qu’au degré qui n’empêche pas d’être aimable, et enfin la pièce a une action, ce qui manque à toutes les autres comédies de Dorat, qui ne sont que des conversations maniérées et des scènes de persiflage.

Son poème de la Déclamation, un de ses premiers ouvrages, offre des préceptes sages et des vers bien faits ; c’est dans ce genre raisonnable qu’il eût dû s’attacher à se perfectionner.

 
 
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