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20 août 1823 : mort du pape Pie VII - Histoire de France et Patrimoine

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20 août 1823 : mort du pape Pie VII
Publié / Mis à jour le dimanche 19 août 2012, par LA RÉDACTION
 

Grégoire-Louis-Barnabé Chiaramonti naquit dans la Romagne, le 14 août 1742, d’une famille noble. Sa naissance italienne, et son caractère doux et tranquille, le disposant à la vie monastique, il prit, à seize ans, l’habit de l’ordre de Saint-Benoît. Elevé successivement aux dignités de professeur de théologie et de philosophie , il avait coulé dans une studieuse obscurité la moitié de sa carrière, et le maximum de son ambition était peut-être le titre d’abbé, lorsque Jean-Ange Braschi, allié à la famille des Chiaramonti, monta sur le trône pontifical, sous le nom de Pie VI, et commença la fortune de celui qui devait lui succéder.

L’humble bénédictin, de simple moine devint abbé, puis évêque de Tivoli, puis cardinal (1785), puis évêque d’Imola. Comme on le voit, le-népotisme, si redouté, si actif à Rome, poussait rapidement Grégoire Chiaramonti dans une carrière où, pour avancer, la première condition est d’être parent du pape, qui, à défaut d’enfants, a toujours une nombreuse famille. Les autres titres de l’évêque d’Imola à tant de faveurs étaient encore assez minces, lorsque les événements politiques dont l’Italie devint le théâtre, lui donna un rôle à jouer, développèrent ses talents.

Le traité de Tolentino, qui terminait la glorieuse campagne de 1796, avait puni le pape Pie VI de ses velléités belliqueuses, et détaché la Romagne des Etats romains. Mais les vexations exercées par les vainqueurs, avaient soulevé les populations, transférées trop violemment, trop brusquement, du pape à la république. Des émeutes avaient ensanglanté Rome (1798), et la Romagne éclatait, lorsque l’évêque d’Imola, comprenant l’impuissance de son troupeau, et calculant toutes les rigueurs qui puniraient une révolte inutile, prêcha la soumission, et réussit, par son habileté et sa sagesse, à détourner de ses ouailles la vengeance qui frappa son chef spirituel. Entrant même au fond des choses, il essaya de prouver par les Ecritures l’équité du système républicain ; c’était montrer à la fois de la finesse et de la profondeur, parce que, pour la plupart de ses auditeurs, ces argumentations religieuses étaient plus décisives que les plus forts raisonnements.

A la mort de Pie VI, les Autrichiens, que l’absence de Bonaparte laissait dominer en Italie, voulurent que le conclave pour l’élection d’un nouveau pape fût tenu à Venise. L’évêque d’Imola était alors si pauvre, que, sans l’assistance d’un jeune seigneur romain, il n’eût pu se rendre à cette assemblée, qui devait lui donner la couronne. Son meilleur titre aux yeux du sacré collège, qui, après plusieurs mois de votes et de scrutins, était fatigué de sa captivité, fut de n’en avoir aucun ; d’être pur de tout antécédent ; de ne tenir à aucun parti, et par conséquent de n’effrayer aucune ambition ; de flatter toutes les espérances ; enfin d’avoir un caractère doux et modeste, tel que l’aiment les courtisans. Contentes d’un mezzo-termine, qui ménageait leur amour-propre respectif, les coteries du conclave proclamèrent pape, le 14 mars 1800, celui qui n’appartenait à aucune d’elles.

Malgré les insinuations de la cour de Vienne, qui désirait conserver à Venise le pape sous sa main, Chiaramonti, couronné sous le nom de Pie VII, alla s’établir dans la ville sainte, et s’occupa tout aussitôt de réparer les maux que l’imprudence de son prédécesseur avait attirés sur les Etats de l’Eglise. La douceur et la sagesse de son gouvernement, ses vertus privées, son économie sévère, ses vues saines et larges en matières de religion, d’administration, de justice, de finances et d’agriculture, promettaient un heureux avenir à ses sujets ; mais il était souverain, il dut payer sa dette à l’homme fatal aux rois comme à la liberté.

Cependant les premières relations entre Bonaparte et Pie VII furent tout amicales : Bonaparte avait besoin du pape : peut-être aussi se souvenait-il de l’évêque d’Imola. L’héritier de la république travaillait déjà à reconstruire le trône renversé par la Révolution française, et lui cherchait d’avance des appuis. Il avait une armée de soldats pour briser, il voulait une armée de prêtres pour plier, pour séduire les esprits. De son côté, le pape devait saisir avidement une occasion si inespérée de faire rentrer dans le giron la France prête à s’émanciper, comme jadis l’Angleterre.

Entre deux partis qui s’accommodent aux dépens d’un troisième non appelé au conseil, l’accord est bientôt établi. Le Concordat servait les intérêts du pape, les projets de Bonaparte, et ne lésait que la France. Néanmoins, peu de temps après, Pie VII et Bonaparte se querellaient à cause du Concordat, parce qu’à force de se concéder réciproquement, ils empiétaient l’un sur l’autre.

Cependant il y eut suspension d’hostilités, ou plutôt de mésintelligences, lorsque Bonaparte, à son avènement au trône (1804), eut besoin d’une cérémonie pompeuse, dont le pape s’enorgueillit d’être le grand ordonnateur. Napoléon, pensant que la couronne serait plus assurée sur sa tête si elle y était placée par les mains du souverain pontife, du chef de la chrétienté, voulut être sacré par le pape, et le pape, fier et joyeux, comme un autre Hildebrand, de la vertu qu’un empereur attachait à son onction, accepta l’hommage qu’on attendait de lui.

C’était, il est vrai, consacrer la Révolution, et rompre avec les Bourbons ; mais Waterloo était si loin ! Qui pouvait le prévoir ? Pie VII fit son premier voyage de France, et cette fois ce fut un triomphe. De plus, le pape espérait obtenir la révision du traité spoliateur de Tolentino et quelques extensions du Concordat ; mais, après le sacre, Napoléon n’avait plus rien à demander au saint Père : Pie VII n’obtint rien ; les mésintelligences reprirent leur cours, et bientôt le droit du plus fort régla toutes les relations de l’empereur et du pape.

Un grand nombre de considérations temporelles et spirituelles obligeaient la cour de Rome à une exacte neutralité. Mais Napoléon souffrait avec peine un souverain indépendant dans son royaume d’Italie. Il voulait tout au moins que Pie VII fût son lieutenant, et l’un de ses principaux griefs contre le pape, c’était la mauvaise organisation militaire des Etats de l’Eglise. Impatient de quereller, et ne trouvant pas matière à querelle, l’empereur donna ordre au général Saint-Cyr d’occuper Ancône.

Comme il l’espérait, le pape réclama contre cette violation brutale de son territoire, et la discussion s’engagea. Ce fut la fable du loup et de l’agneau mise en action dans tout son développement admirable, y compris le dénouement. Napoléon, s’intitulant successeur de Charlemagne, fit valoir les droits de propriété que cette qualité lui donnait sur Rome et les Etats de l’Eglise, consentant toutefois à y renoncer, à condition que le pape déclarerait la guerre à l’Europe. Le vicaire de Jésus-Christ s’y refusa avec une modestie noble et une fermeté inébranlable.

Un décret, daté du camp de Vienne, déclara la réunion définitive à l’empire français des Etats romains, occupés militairement, et tenus en séquestre depuis 1805. La résistance du pape fut toute morale, toute spirituelle ; seulement il commit une faute en cédant à la voix de quelques conseillers plus jaloux de son pouvoir que lui-même : il oublia le millésime de l’année à laquelle il était parvenu, et il permit aux foudres enrouées du Vatican de retentir encore. Un bref d’excommunication fut lancé.

Napoléon saisit avec joie ce prétexte ; et comme d’ailleurs la noble et touchante résignation du pape rendait sa présence dangereuse en Italie, il fut décidé qu’on l’emmènerait captif. Rigoureusement gardé, comme un prisonnier d’Etat, mais traité d’ailleurs avec tous les honneurs dus à un souverain, Pie VII, après un rapide et pénible voyage à travers l’Italie, fut transféré à Savone, petite ville du territoire de Gènes. Pendant sa captivité, la douceur et la noblesse de son caractère ne se démentirent pas, et il persévéra invariablement dans son système de protestation, déclarant toutes les affaires ecclésiastiques suspendues, et refusant tout le cérémonial et les traitements, dont l’acceptation aurait pu paraître une soumission tacite.

Napoléon,qui ne pouvait rien contre une pareille résistance, crut qu’une assemblée des évêques de France et d’Italie l’aiderait à sortir de ses embarras religieux. Quatre-vingt-quinze évoques se réunirent en synode dans la basilique de Notre-Dame, sous la présidence du cardinal Fesch ; mais le saint troupeau s’étant montré fidèle à son chef spirituel, l’empereur se bâta de le disperser.

Transféré à Fontainebleau (1812), où quelques années auparavant il avait été fêté et adulé, le saint Père s’y montra non moins inflexible qu’à Savone, et il résista même à la présence toute puissante de Napoléon. Il serait probablement mort dans son exil, sans les malheurs de la France. En 1814, l’empereur lui accorda une liberté que les événements lui avalent rendue, et Pie VII reprit la route d’Italie. Toutes les précautions prises pour le dérober aux triomphes qui l’attendaient ne servirent qu’à les rendre plus éclatants : toutes les populations accouraient le saluer et s’incliner sous sa bénédiction.

Le 24 mai 1814, le pape rentra dans la capitale de ses Etats, dont le traité de Vienne garantit l’intégrité. Tous les actes et institutions du gouvernement français furent abolis ; mais la réaction n’atteignit pas les personnes. Véritable apôtre de l’Evangile, Pie VII pardonna toutes les injures. Point d’échafauds, point de bannissements ; bien plus, il accueillit, il protégea les victimes des révolutions : Rome devint l’asile des proscrits, et la famille errante de Napoléon se reposa dans les Etats du prisonnier de Fontainebleau.

La crise de 1815 agita un moment encore le trône pontifical ; mais bientôt la paix et la tranquillité permirent au saint Père d’accomplir les-promesses des premières années de son règne. Son administration temporelle fut toujours habile, sage, paternelle et tolérante. Tous les étrangers, quelles que fussent leurs opinions politiques, trouvaient à Rome asile et protection, et tous les cultes étaient respectés à l’ombre du Vatican. Non seulement le pontife latin éleva la voix en faveur des Hellènes régénérés, mais il les secourut, les accueillit avec une si touchante charité, que tous les Grecs l’ont pleuré comme un père.

Pie VII rétablit les Jésuites, anathématisa les Carbonari, les Francs-Maçons, les sociétés bibliques. Une fracture du col du fémur, occasionnée par une chute, le fit languir pendant six semaines, et lui laissa ainsi le temps de pratiquer encore dans les souffrances ces douces et modestes vertus que le malheur et la prospérité n’avaient point altérées. Il mourut à l’âge de quatre-vingt-trois ans, et eut pour successeur Annibal della Genga, qui a régné sous le nom de Léon XII.

 
 
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