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Caniche et arrestation voleurs des Champs-Elysées. Anecdotes historiques

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Anecdotes insolites
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Voleurs des Champs-Elysées (Les)
arrêtés par un caniche
(D’après « Histoire des chiens célèbres » paru en 1796)
Publié / Mis à jour le jeudi 19 juillet 2018, par LA RÉDACTION
 
 
 
On lit dans les Mémoires de l’ancienne police de Paris, une anecdote assez singulière sur un chien caniche. Du temps que l’on donnait des divertissements de toute espèce, dans le Waux-hall des Champs-Elysées, il y avait une fourmilière de filous qui se faufilaient dans ce lieu de licence la plus dévergondée. Ces messieurs tendaient leurs filets au milieu de la tourbe insouciante des riches désœuvrés, et pêchaient, comme on dit, en eau trouble.

Les filous de la capitale étaient d’une habileté peu commune ; leur art était poussé à un tel point de perfection que les élèves, avant de professer publiquement, étaient obligés de faire des tours de force en particulier. Il fallait par exemple, qu’ils tirassent une bourse pleine de gros sous, de la poche d’un mannequin suspendu par une ficelle au plancher. Si le mannequin venait à remuer un tantinet, le professeur en filouterie grondait fortement le disciple tout honteux ; il lui prédisait qu’il ne réussirait jamais dans le monde ; et une rude volée de coups de canne suivait cette mercuriale efficace.

Mais le principal triomphe des chevaliers d’industrie brillait près des étrangers et des provinciaux ; ils couraient à leur piste, et les sentaient d’une lieue à la ronde. Dès qu’il en paraissait quelque part, nos coquins ne s’y méprenaient point ; ils les distinguaient du premier coup d’œil ; ils entraient d’abord en conversation ; et presque toujours, ils se trouvaient de vos connaissances, de votre pays, de vos parents ou de vos amis.

Un nouveau débarqué vint un jour à Paris, pour y terminer un procès ; c’était un riche gentilhomme du Poitou ; la promenade du Waux-haal était en vogue, et il s’y rendit avec son épouse. Entrer dans ce laboratoire d’escroquerie, faire cinq à six pas, et perdre une bourse de trente-huit louis, une montre à répétition et une tabatière d’or, ce fut l’ouvrage de trois coups de coude, et de trois coups de mains.

C’était en été ; il faisait une chaleur étouffante ; la dame demande à se rafraîchir ; on entre dans un café ; on prend de l’eau de groseilles, de l’orangeade, des glaces. Pour sortir, il faut payer... plus de bourse ! Quel soufflet pour un honnête homme que cette détresse inattendue fait regarder comme un des escogriffes qui abondaient alors dans notre bonne ville ! « Monsieur, dit le gentilhomme au limonadier, je vais vous laisser ma montre pour nantissement de ce que je vous dois, et dans l’instant je suis à vous. Tenez ».


Les honnêtes gens se liguant contre un voleur au début du XXe siècle

Il porte, à ces mots, le pouce et l’index au petit gousset, et il ne tient rien lui-même. Il veut tirer ensuite sa tabatière... rien encore. Tout cela était envolé. Et le rouge de monter au visage du bon gentilhomme et de son épouse, dont il serait difficile de peindre l’étonnement et la contenance. Comment sortir d’un tel embarras ? Comment retrouver cette perte ? Elle le fut néanmoins, et voici comment.

Ce particulier ne perdit point tout à fait la tête ; il demanda un inspecteur de police, toujours au guet en ces sortes d’endroits. Il lui déclare son nom, sa qualité, sa demeure, et lui conte sa fâcheuse aventure. Il ajoute que s’il veut l’aider de son ministère, il va retrouver peut-être ses effets volés ; et cela sans bruit et sans esclandre. L’officier y consent de bonne grâce.

Aussitôt le gentilhomme va chercher à la porte un superbe caniche resté avec ses gens et sa voiture. Le chien accourt plein d’ardeur et de joie. « Cherche », lui commande son maître ; « allons, caniche, cherche, j’ai perdu ! »

Qui l’eût imaginé ? Quel bonheur ! Le chien s’avance dix à douze pas dans un groupe de monde ; il donne un coup de nez, et pose d’aplomb ses deux pattes sur un beau monsieur tout galonné et tout brodé. « Monsieur », lui ordonne l’inspecteur, en lui parlant à l’oreille, « de la part du roi, suivez-moi ». Ils entrent dans une salle écartée ; on vide ses poches... trois montres paraissent, dont celle du seigneur poitevin, telle qu’il l’avait désignée. Le bijou est repris, et le fripon consigné au corps de garde.

On recommence une seconde recherche ; on va dans les jardins, rien ; dans les couloirs, rien ; dans la rotonde, rien. Cependant en passant devant des lieux d’aisance, on voit le caniche gratter en désespéré tout auprès, et tourner la queue : on frappe, on demande s’il y a quelqu’un ; personne ne bronche. Enfin on pousse fortement la porte, et l’on voit un jeune abbé bien affairé en apparence, et se récriant sur l’impolitesse qu’il y a de relancer ainsi les honnêtes gens jusque dans leurs plus pressants besoins.

Tout en tenant ce langage, monsieur l’abbé qui juge à peu près tout ce dont il s’agit, fouille furtivement sa poche, et jette quelque chose derrière lui ; il manque son coup ; au lieu de tomber dans la lunette, cela tombe à terre, et sonne en tombant. On ramasse une belle et bonne bourse bien rebondie.

L’abbé est prié de se transporter à son tour dans la salle en question ; on y compte en sa présence les trente-huit louis encore intacts ; puis on lui demande s’il n’aurait pas encore trouvé par hasard, une tabatière d’or enrichie de diamants. L’effronté coquin répond par des sottises. On fait signe au caniche, qui va flairer sa manche en aboyant. Au moment où le filou allonge le bras pour repousser le chien incommode, la tabatière roule à terre. « Maudit animal, s’écrie le petit abbé en jurant, depuis dix ans que je fais le métier ! »

Ce fut ainsi qu’un chien sut attraper et convaincre de vol, deux voleurs fameux, que tous les limiers de la police parisienne cherchaient en vain depuis longtemps. Le procès-verbal qui constate ce fait, ajoute que l’on trouva chez nos deux escamoteurs quantité de montres, de pistolets, de cannes, d’épées, des sacs de louis et d’écus ; ils avaient même un magasin d’étuis, de couteaux, d’éventails, et plusieurs centaines de mouchoirs.

 
 
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