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15 juillet 1614 : mort de Brantôme (Pierre de Bourdeille)

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15 juillet 1614 : mort de Brantôme
(Pierre de Bourdeille)
Publié / Mis à jour le samedi 14 juillet 2012, par LA RÉDACTION
 

Ce guerrier-courtisan, qui profita des loisirs de sa retraite pour esquisser tant de biographies d’hommes ou de femmes célèbres, n’eut garde d’oublier la sienne. Né en Périgord en 1535, il ordonna dans son testament de mettre sur son tombeau l’épitaphe suivante :

Pierre de Bourdeille, dit Brantôme
Pierre de Bourdeille, dit Brantôme

« Passant, si, par cas, ta curiosité s’étend de savoir qui gît sous cette tombe, c’est le corps de Pierre de Bourdeilles, en son vivant chevalier, seigneur et baron de Richemond, etc., etc., conseigneur de Brantôme ; extrait, du coté du père, de la très noble antique race de Bourdeilles, renommée de l’empereur Charlemagne, comme les histoires anciennes et vieux romans français, italiens, espagnols, titres vieux et antiques de la maison, le témoignent de pères en fils jusques aujourd’hui ; et du côté de la mère, il fut sorti de cette grande et illustre race issue de Vivonne et de Bretagne. Il n’a dégénéré, grâce à Dieu, de ses prédécesseurs : il fut homme de bien, d’honneur et de valeur comme eux, aventurier en plusieurs guerres et voyages étrangers et hasardeux. Il fit son premier apprentissage d’armes sous ce grand capitaine, monsieur François de Guise ; et, pour tel apprentissage, il ne désire autre gloire et los ; donc, cela seul suffit.

« Il apprit très bien sous lui de bonnes leçons, qu’il pratiqua avec beaucoup de réputation, pour le service des rois ses maîtres. Il eut sous eux charge de deux compagnies de gens de pied. Il fut, en son vivant, chevalier de l’ordre du roi de France, et, de plus, chevalier de l’ordre de Portugal, qu’il alla quérir et recevoir là, lui-même, du roi don Sébastien, qui l’en honora au retour de la conquête de la ville de Belis en Barbarie, où ce grand roi d’Espagne, don Philippe, avait envoyé une armée de cent galères et douze mille hommes de pied. Il fut après gentilhomme ordinaire de la chambre des deux rois Charles IX et Henri III, et chambellan de M. d’Alençon ; et outre, fut pensionnaire de deux mille livres dudit roi Charles, dont en fut très bien payé tant qu’il vécut ; car il l’aimait fort, et l’eût fort avancé, s’il eût plus vécu que ledit Henri. Bien qu’il les eût tous les deux très bien servis, l’humeur du premier s’adonna plus à lui faire du bien et des grâces plus que l’autre : aussi la fortune ainsi le voulait. Plusieurs de ses compagnons, non égaux à lui, le surpassèrent en bienfaits, états et grades, mais non jamais en valeur et en mérite. Le contentement et le plaisir ne lui en sont pas moindres. Adieu, passant, retire-toi ; je ne t’en puis dire plus, sinon que tu laisses jouir de repos celui qui, en son vivant, n’en eut ni d’aise, ni de plaisir, ni de contentement ; Dieu soit loue pourtant du tout et de sa sainte grâce. »

Brantôme n’avait publié de son vivant aucun des volumes nombreux que nous devons à sa plume. Son testament contient une clause formelle relativement à la manière de les mettre au jour : « Je veux aussi, dit-il, et en charge expressément mes héritiers, de faire imprimer mes livres que j’ai faits et composés de mon esprit et invention (...), lesquels on trouvera couverts de velours tant noir que vert et bleu, et un grand volume, qui est celui des Dames, couvert de velours vert, et un autre doré par-dessus, qui est celui des Rodomontades (...) curieusement gardés, qui sont tous très bien corrigés (...). L’on y verra de belles choses, comme contes, histoires, discours et beaux mots, qu’on ne dédaignera pas, s’il me semble, lire, si on y a mis une fois la vue. » Qu’on prenne sur mon hérédité l’argent qu’en pourra valoir l’impression, qui certes ne se pourra monter à beaucoup (...) ; car j’ai vu force imprimeurs qui donneront plutôt pour les imprimer qu’ils ne voudront recevoir ; ils en impriment plusieurs gratis, qui ne valent pas les miens (...). Je veux que ladite impression en soit en belle et grande lettre pour mieux paraître, et avec privilège du roi, qui l’octroiera facilement. Aussi prendre garde que l’imprimeur ne suppose pas un autre nom que le mien, autrement je serais frustré de la gloire qui m’est due. »

Il avait raison de tenir à sa gloire, le chroniqueur naïf et spirituel de l’époque la plus agitée de nos annales. Témoin d’autant plus impartial qu’il semble ignorer si ce qu’il raconte est au fond bien ou mal, Brantôme ne se constitue jamais juge. Gomme le poète, il a vu et fait voir. Il ne se pique ni de profondeur ni d’exactitude : le hasard l’a jeté dans une multitude d’intrigues ; il en suit le fil à sa manière, et ses écrits amusent parce qu’il s’est amusé lui-même en les composant. Presque toujours insouciant, frivole, si parfois il rencontre une vertu comme celle de l’Hôpital, une valeur comme celle de Bayard, une infortune comme celle de la reine d’Ecosse, il trouve pour les peindre des couleurs vives et touchantes ; il atteint presque au sublime parce qu’il écrit non de tête, mais de cœur.

Les œuvres de Brantôme comprennent la Vie des hommes illustres et grands capitaines français ; la Vie des grands capitaines étrangers ; la Vie des dames illustres ; la Vie des dames galantes ; les Anecdotes touchant les duels ; les Rodomontades et jurements des Espagnols, et divers fragments. Le frère aîné du Plutarque gascon, André de Bourdeille, était un homme d’un caractère plus grave. Chargé dé plusieurs missions importantes par Charles IX, Henri III et Catherine de Médicis, il a laissé des lettres et un Traité sur l’art de s’apprêter à la guerre.

 
 
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