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15 juillet 1828 : mort du sculpteur Jean Houdon

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15 juillet 1828 : mort du sculpteur Jean Houdon
Publié / Mis à jour le dimanche 15 juillet 2012, par LA RÉDACTION
 

La vie de Houdon est tout entière dans ses ouvrages. Durant sa longue carrière, l’homme politique, l’homme privé, disparaissent entièrement devant l’artiste. Il naquit à Versailles le 20 mars 1741 : à cette époque où la corruption des mœurs amena la corruption du goût dans les beaux-arts, la sculpture, qui prend ses modèles dans la nature, semblait rester seule fidèle aux traditions du grand siècle qui venait de s’écouler : les ouvrages des Coysevox, des Legros, des Lepautre, des Coustou, des Bouchardon, purent éveiller dans l’âme du jeune Houdon cet amour des arts, qui était né en lui et qui l’éleva bientôt à la hauteur de ses modèles.

Ce célèbre artiste eut des modèles, mais point de maîtres : il ne reçut de leçons que de son génie et de la nature. Pigale, qui lui donna quelques conseils, voulant éviter la recherche et l’affectation ridicule qui caractérisaient cette époque, s’appliqua à reproduire la nature dans sa plus grande vérité, sans choix et sans délicatesse. Cet excès était aussi blâmable que le premier ; Houdon ne succomba pas aux dangers de cet exemple : il se créa une manière qu’il conserva toujours.

Suivant les écoles, mais sans patron, sans guide, Houdon fit de tels progrès qu’à l’âge de dix-neuf ans il remporta le grand prix de sculpture, et alla se fixer à Rome. Pendant les dix années qu’il passa dans la cité des arts, il eut l’avantage si rare et si précieux d’exécuter plusieurs morceaux pour la ville, et l’on cite encore comme un des plus beaux monuments de cette Rome, si riche en chefs-d’œuvre, une statue colossale de saint Bruno, placée dans le pronaos de l’église des Chartreux. C’est de cette belle figure que le pape Clément XIV disait : Elle parlerait, si la règle de son ordre ne lui prescrivait le silence.

L’amour de la patrie ramena Houdon en France. A son retour, il fut agréé, puis reçu à l’Académie, sur la présentation d’une belle figure de Morphée. Peu de temps après, il entreprit un travail (l’Ecorché), qui passa presque inaperçu des gens du monde, et qui mérite d’être remarqué, non-seulement pour la perfection avec laquelle il fut exécuté, mais encore parce qu’il est resté le seul modèle en ce genre, qu’il est consulté tous les jours dans les écoles, et surtout parce que la fidélité de l’observation et la scrupuleuse imitation de la nature révélèrent le genre, dans lequel son auteur devait exceller, le portrait.

La réputation de Houdon fit de tels progrès, que les Etats-Unis de l’Amérique l’invitèrent à exécuter la statue de Washington. Conduit à Philadelphie par Franklin, il fut reçu et logé chez Washington, dont il rapporta en France le buste, qui servit à l’exécution de la statue en marbre placée dans la salle d’assemblée de l’Etat de Virginie. De retour à Paris, il produisit cette statue de Diane, dont le costume trop léger scandalisa des critiques, désespérés de ne pouvoir lui trouver d’autres défauts. Quelque temps après, Houdon mit au jour ses charmantes figures connues sous les noms de la Frileuse, la Pudeur, la Chercheuse d’Esprit, etc., etc.

Malgré les brillants succès que ce célèbre sculpteur obtenait dans ses diverses compositions, il revenait toujours vers le genre qui allait rendre son nom impérissable dans le souvenir des hommes : il conçut et exécuta la superbe statue de Voltaire, qui orna le vestibule du Théâtre-Français. Pigale, pour se soustraire aux difficultés qu’offrait l’ingratitude du costume historique, avait reproduit l’auteur de Zaïre dans une nudité complète Houdon, mieux inspiré, adopta le costume des philosophes de l’antiquité, en combinant cette innovation avec l’observation la plus scrupuleuse dans la ressemblance de la tête.

La brillante période que traversa Houdon. fournit à son ciseau une foule de personnages célèbres : à Voltaire il faut joindre J.-J. Rousseau, le prince Henri de Prusse, Buffon, d’Alembert, Gerbier, Mirabeau, Gluck, Sacchini, l’abbé Barthélemy, Franklin, Washington, Napoléon, l’impératrice Joséphine, l’empereur Alexandre, Mentelle, Larive, Ney, Soult, etc. Les moments qu’il passa dans l’intimité de ces modèles divers, voilà tous les événements de sa vie. Néanmoins un épisode assez curieux se retrouve au milieu de cette longue suite d’années, passées dans le calme le plus parfait, malgré les grands changements que subissait l’Europe.

Pendant les jours de la Terreur, Houdon, étranger au bouleversement général qui s’opérait autour de lui, s’occupait dans son atelier à réparer une vieille statue de sainte Scholastique ou de sainte Eustoquie. Dénoncé à la tribune de la Convention, un arrêt barbare pouvait faire tomber sa tête. Sa femme va trouver le conventionnel Barrère, tombe à ses genoux, implore sa pitié. Barrère, attendri, se fait donner les plus petits détails ; puis, réfléchissant, il dit : « Faites tracer quelques lignes des droits de l’homme sur le livre que tient votre sainte maudite ; qu’on change sa coiffure en un bonnet républicain, et je réponds de tout. » Le lendemain, il monte à la tribune, et, tonnant contre le dénonciateur, il sauve un de nos plus illustres artistes.

Houdon connaissait son accusateur, il ne le nomma jamais : ce trait seul peindrait la bonté de son cœur : un autre donnera une idée de son désintéressement. Napoléon avait accordé de nombreuses séances à notre sculpteur. Sa franchise, son esprit, la simplicité de ses manières, lui plurent tant, qu’un jour il lui dit : « J’ai pour vous beaucoup d’estime, et je fais un grand cas de votre talent, monsieur Houdon ; je veux faire quelque chose qui vous soit aussi agréable que ce que vous faites pour moi ; demandez-moi donc, pour vous et votre famille, ce que vous voudrez. — Eh bien ! Sire, l’épée de mon Tourville est brisée, faites-moi la grâce d’ordonner qu’on la raccommode. — Voilà bien l’artiste ! repartit Napoléon en lui serrant la main. »

Décoré de la Croix d’Honneur, membre de l’Académie des beaux-arts, professeur, Houdon était parvenu à sa quatre-vingt-deuxième année, sans avoir été atteint de la moindre infirmité ; mais à cet âge il fit une maladie grave, à la suite de laquelle il tomba dans un état moral voisin de l’enfance, et bientôt il s’éteignit tout à fait.

 
 
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