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27 juin 1717 : naissance du physicien et botaniste Louis-Guillaume Lemonnier à Paris. Notice biographique

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27 juin 1717 : naissance du physicien
et botaniste Louis-Guillaume Lemonnier à Paris
Publié / Mis à jour le mercredi 27 juin 2012, par LA RÉDACTION
 

Il naquit à Paris le 27 juin 1717. Dès sa première jeunesse, il fut reçu docteur ; presque aussitôt, en 1739, il fut placé à Saint-Germain-en-Laye comme médecin de l’hôpital. Fils d’un physicien, le jeune Lemonnier se livra d’abord à la physique, et ses premiers travaux furent couronnés de succès. Il trouva nue manière ingénieuse d’apprécier le degré de fluidité des liquides, en comparant la vitesse avec laquelle ils s’écoulent par des orifices semblables. Il montra que la commotion électrique peut se communiquer instantanément à plus d’une lieue, sans s’affaiblir, que l’eau est un des meilleure conducteur de l’électricité, et que l’air contient souvent une assez forte quantité de cette matière, même lorsqu’il n’existe aucune apparence d’orage. Il est aussi le premier qui ait fait voir que les conducteurs se chargent d’électricité, non pas en raison de leur masse, comme on l’eût pensé, mais en raison de leur surface, et surtout de leur longueur.

Louis-Guillaume Lemonnier
Louis-Guillaume Lemonnier

Ces expériences représentaient alors de véritables découvertes. Mais d’autres goûts, développés par les circonstances, prévalurent chez Lemonnier ; il abandonna l’étude de la physique pour celle de l’histoire naturelle. Lorsque César-François Cassigny de Thury et Nicolas-Louis de Lacaille furent envoyés dans le midi de la France pour y prolonger la méridienne de l’Observatoire, Lemonnier, alors âgé de vingt-deux ans, fut chargé de recueillir, en les accompagnant, diverses observations. Il décrivit les mines d’ocre, de houille, de fer, d’antimoine et d’améthyste, situées dans l’Auvergne, les eaux minérales du Mont-d’Or, et les mines de fer et de jayet du Ruussillon. Il analysa quelques eaux minérales, particulièrement celles de Barrèges, et il fit connaître les qualités vénéneuses de certains champignons.

Ces premières recherches auraient été suivies de travaux plus considérables ; mais, détourné des études de ce genre par les devoirs de sa place et par le besoin d’acquérir quelque fortune, Lemonnier se borna enfin à cultiver une science qu’il affectionnait particulièrement, la botanique, dans laquelle il rendit des services assidus. Rencontré par le duc d’Ayen chez un jardinier fleuriste, il inspira le goût de la botanique à ce seigneur ; il fit dans son parc des études, et ensuite des embellissements qui plurent à Louis XV. Il fut présenté inopinément à ce monarque, et se troubla au point de perdre connaissance. Le roi, flatté de cette sorte d’hommage rendu à son extérieur imposant, prit goût à la botanique, et mit bientôt à la tête du jardin de Trianon Lemonnier, qui ne tarda pas à y introduire le célèbre Bernard de Jussieu.

Lemonnier dirigea aussi les plantations faites à Montreuil, près de Versailles, pour la sœur de Louis XVI. Studieux, bon, sincèrement pieux, et d’ailleurs timide, il ne profita de sa faveur qu’en faisant envoyer à la recherche des plantes quelques voyageurs éclairés, à Cayenne, dans les vallées de l’Atlas ou du Liban, sur les bords de l’Euphrate, et jusque dans les Indes ou dans la Chine. Il fit lui-même, avec Linnée et les deux Jussieu, en 1745, l’herborisation de la forêt de Fontainebleau ; il visita aussi l’Auvergne en 1755, et herborisa quelquefois, en 1775, avec Jean-Jacques.

Lemonnier, que la critique effrayait, écrivait peu, mais il s’est occupé durant un demi-siècle de naturaliser en France des végétaux utiles. Il a introduit des cèdres dans les environs de Perpignan, des pins de Weymouth dans les sables de Fontainebleau, et des sapins du nord dans divers lieux, jusqu’alors incultes, près des côtes occidentales. Nommé, en 1753, professeur au jardin des Plantes, il choisit pour suppléant son neveu, l’illustre Antoine de Jussieu, qui annonçait dès lors ce qu’il serait un jour, et ensuite il céda sa place au célèbre Desfontaines.

La comtesse de Marsan avait fait placer Lemonnier auprès des enfants de France, dont elle était gouvernante, et il avait rempli avec distinction, en 1756, les fonctions de médecin en chef de l’armée d’Hanovre : cependant il se contentait de la charge, qu’il avait achetée, de premier médecin ordinaire du roi. Louis XV voulut lui donner enfin celle de premier médecin, après la mort de Senac, en 1770 ; mais la favorite ne le permit pas. Cependant le roi réussit en quelque chose : le titre de premier médecin fut pour Bordeu, les fonctions pour Lemonnier. Monté sur le trône, Louis XVI conserva le médecin qu’il avait eu étant dauphin ; la reine lui en donna ensuite un autre, et Lemonnier n’obtint, ou plutôt ne reçut qu’en 1788 le titre qui lui avait été destiné vingt ans auparavant.

Sa manière de pratiquer la médecine n’était pas hardie et tranchante, mais judicieuse, raisonnée, circonspecte. A la cour, persuadé que la plupart des souffrances y proviennent de l’agitation de l’esprit et du trouble du cœur, il cherchait surtout à consoler ses malades. Dans la ville il cessa d’accepter des honoraires pour ses soins, que cependant il ne refusait à personne. Il suivait souvent jusqu’au fond de l’asile le plus humble, pour y porter divers secours, les indigents qui s’étaient pressés autour de sa voiture, et il ne cherchait que dans son jardin quelque délassement de ses travaux.

On rapporte que, dans la journée du 10 août 1792, il dut la vie à son air vénérable et bon, à sa physionomie pleine de candeur et d’une dignité modeste. Sa porte avait été forcée au pavillon de Flore, il allait périr : un individu qui n’était point armé le saisit par le bras et l’entraîna. « Mais le combat dure encore ! s’écrie Lemonnier. — Ce n’est pas le moment de craindre les balles », lui répond l’inconnu. C’était un des chefs de l’insurrection : la figure de Lemonnier lui avait inspiré tout à coup un vif intérêt. Il lui dit en chemin : « Le succès est assuré au Carrousel, je n’y suis plus nécessaire ; je vais vous mettre hors de péril » ; et il le conduisit jusqu’au Luxembourg, où Lemonnier demeurait. L’histoire d’un savant remarquable par sa constance dans des vertus simples et pures n’appartient pas moins à la morale qu’à la science même.

Avoir parlé de Lemonnier seulement comme botaniste, ce ne serait pas l’avoir assez fait connaître. Son attachement pour ses anciens protecteurs fut égal à sa bienfaisance envers tous les malheureux qu’il pouvait soulager. Quand Louis XVI tomba lui-même dans l’infortune, aucun homme ne lui donna plus que son médecin des preuves d’un dévouement et d’un respect augmentés en quelque sorte par cette infortune même. Lemonnier ayant été réduit à un état voisin de l’indigence, et ne pouvant se décider au sacrifice de son jardin particulier, ou de sa bibliothèque, établit une petite boutique d’herboriste ; la considération et l’intérêt public le soutinrent au milieu de ses chagrins, que renouvelait chaque jour la perte de presque tous ceux dont il avait cultivé l’amitié ou reçu l’appui.

C’est le 2 septembre 1799 qu’il succomba, après dix nuits d’une maladie douloureuse. Il avait été nommé par l’Académie des sciences adjoint-botaniste, le 5 juillet 174З, associé le 14 mars 1744 et pensionnaire le 5 août 1758. A l’époque de la formation de l’institut, il ne put en être membre à cause de son séjour hors de Paris ; on le nomma seulement associé.

 
 
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