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Moralité de façade présidant à l'inepte réécriture de l'Histoire. Lois mémorielles. Éditorial du 9 décembre 2005 paru dans le N° 17 de La France pittoresque (janvier/février/mars 2006)

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Éditorial
Éditorial du magazine La France pittoresque, revue de la petite Histoire de France née en 2001. Tous les éditoriaux consultables en ligne.
Moralité de façade présidant à
l’inepte réécriture de l’Histoire
(Éditorial du 9 décembre 2005 paru dans le N° 17 de
La France pittoresque - janvier/février/mars 2006)
Publié / Mis à jour le dimanche 4 décembre 2011, par LA RÉDACTION
 

En 1829, le célèbre Prosper Mérimée confiait dans sa Chronique du règne de Charles IX, n’aimer dans l’histoire que les anecdotes, et parmi elles, celles où il imaginait trouver une peinture vraie des mœurs et des caractères à une époque donnée.

N° 17 de La France pittoresque (janvier/février/mars 2006)
N° 17 de La France pittoresque
(janvier/février/mars 2006)

Mais comme le remarquait un chroniqueur des Mémoires de la Société des sciences morales, des lettres et des arts de Seine-et-Oise, si les historiens retenaient seulement du passé les anecdotes s’y rattachant, ils intéresseraient assurément un large public mais l’instruiraient peu. Inculquer plaisamment un véritable et indispensable savoir historique procéderait-il de l’art subtil d’entrelacer savamment narration encyclopédique et piquante historiette ? Sans doute ; et forts de cette conviction, nous avons accouché de La France pittoresque.

Libre penseur, critique et amateur éclairé, Mérimée ambitionnait l’objectivité et se défiait sans ambages d’un regard frelaté porté sur l’Histoire et le monde : « Vers 1500 un assassinat ou un empoisonnement n’inspiraient pas la même horreur qu’ils inspirent aujourd’hui. Un gentilhomme tuait son ennemi en trahison ; il demandait sa grâce, l’obtenait, et reparaissait dans le monde sans que personne pensât à lui faire mauvais visage. Quelquefois même, si le meurtre était l’effet d’une vengeance légitime, on parlait de l’assassin comme on parle aujourd’hui d’un galant homme, lorsque, grièvement offensé par un faquin, il le tue en duel.

« Il me paraît donc évident que les actions des hommes du XVIe siècle ne doivent pas être jugées avec nos idées du XIXe. Ce qui est crime dans un état de civilisation perfectionné n’est que trait d’audace dans un état de civilisation moins avancé, et peut-être est-ce une action louable dans un temps de barbarie. Le jugement qu’il convient de porter de la même action doit, on le sent, varier aussi suivant les pays, car entre un peuple et un peuple il y a autant de différence qu’entre un siècle et un siècle ».

L’Etat, qui reconnut lors du bicentenaire de sa naissance les qualités d’historien d’un homme tant savant qu’artiste, ne serait-il pas bien inspiré d’en opposer les sages préceptes tant aux adeptes de l’autoflagellation rampante qui voudraient ériger en doctrine du XXIe siècle la réécriture de l’Histoire, qu’aux prosélytes d’une démocratie de façade clonée sans discernement à travers le monde ?

Valéry VIGAN
Directeur de la publication
La France pittoresque
 

 
 
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