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Roi Lothaire Ier (Francie médiane, empereur d'Occident), carolingien. Naissance, mort, couronnement, règne. Carolingiens - Histoire de France et Patrimoine


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Rois, PrésidentsBiographie des rois, empereurs, présidents français. Vie des souverains, faits essentiels, dates-clés. Histoire des règnes

Lothaire Ier
(né en 795, mort le 28 septembre 855)
(Roi de Francie médiane et empereur d’Occident : règne 840-855)
Publié / Mis à jour le lundi 11 octobre 2010, par LA RÉDACTION

 

Troisième empereur d’Occident depuis Charlemagne, Lothaire Ier était le fils aîné de Louis le Débonnaire et de la reine Ermengarde, sa première femme. Né vers l’an 795, il fut associé à l’empire de son père le 31 juillet 817, et nommé roi des Lombards ou d’Italie en 820.

On a beaucoup blâmé Louis le Débonnaire de s’être pressé de donner des royaumes à ses fils et d’en associer un à l’empire ; mais on oublie que dans les mœurs de ce temps, où les peuples n’étaient pas formés à l’obéissance, où les impôts et les troupes ne se levaient pas comme de nos jours, où les grands dans chaque État avaient le droit de participer au gouvernement, l’unique moyen de régir des pays lointains était de leur donner un roi.

Lothaire Ier (840-855)
Lothaire Ier (840-855)

Charlemagne lui-même avait pris ce parti pour l’Italie et l’Aquitaine ; Louis le Débonnaire l’imita en donnant l’Italie à Lothaire, l’Aquitaine à Pépin, et la Germanie à Louis. L’empire d’Occident était trop nouvellement dans la famille de Charlemagne, pour qu’on sût auquel des enfants de l’empereur vivant il appartiendrait de droit par héritage. Etait-ce un titre dévolu au premier-né ? Ce titre donnait-il à celui qui le possédait une prééminence politique sur ses frères rois ?

Dans ce cas, la couronne impériale aurait toujours dû rester unie à la couronne de France ; car on ne pouvait supposer que, de l’aveu des Français, toutes leurs conquêtes n’eussent eu pour résultat que de subordonner leur prince et leur patrie à un monarque qui régnait loin deux. On pouvait douter également, si la couronne impériale était héréditaire ou élective, si l’élection appartenait au pape ou à l’assemblée des seigneurs et des évêques ; car rien n’était fixé par les lois, et l’usage n’avait pu se former.

Doit-on s’étonner que Louis le Débonnaire se soit empressé de diminuer des causes de discorde qu’il ne lui était que trop facile de prévoir, en s’associant l’aîné de ses fils à l’empire afin que les esprits s’accoutumassent à reconnaître celui qui devait lui succéder ? Il fit plus : il essaya de subordonner les royaumes de ses autres fils au pouvoir impérial de Lothaire, et c’était effectivement l’unique moyen de conserver l’empire dans une famille où le trône se partageait entre plusieurs héritiers.

Mais les mœurs de ce temps ne se prêtaient pas à une semblable subordination : le titre d’empereur ne disait rien aux descendants des barbares qui avaient formé tant de royaumes aux dépens de l’empire ; et les efforts mal suivis de Louis le Débonnaire ne servirent qu’à exciter, on pourrait même dire qu’à justifier l’ambition du prince qu’il il s’était associé. En effet, lorsque Louis, par un second mariage, eut un quatrième fils, connu sous le nom de Charles le Chauve, il voulut revenir sur le partage qu’il avait fait, afin de former. un royaume pour cet enfant.

Lothaire sut engager ses frères à la révolte, et se montra toujours le plus violent à poursuivre la déposition de son père, qui deux fois ne remonta sur le trône que par l’impossibilité où ses fils furent de s’entendre ; le premier réclamant la suprématie comme empereur, les deux autres ne consentant point à reconnaître de pouvoir au-dessus de celui des rois.

Après la mort de ce prince, Lothaire crut qu’il parviendrait à réduire Louis le Germanique à la Bavière, et Charles le Chauve à l’Aquitaine (Pépin était mort à cette époque) : les deux frères s’unirent contre lui et donnèrent cette fameuse bataille de Fontenoy dans laquelle les historiens prétendent qu’il périt 100 000 gentilshommes, ce qui décida la chute de la monarchie carolingienne, en ôtant aux trois souverains les moyens de résister aux invasions étrangères ; et de là sortit l’établissement du gouvernement féodal.

Lothaire fut vaincu. Les trois frères conclurent une trêve par l’impuissance de lever de nouvelles troupes ; et dans l’année 843, ils signèrent à Verdun un traité de paix, par lequel l’empire fut partagé en trois royaumes égaux en forces, et surtout indépendants l’un de l’autre. Lothaire garda le titre d’empereur, l’Italie et quelques provinces de France ; Louis eut la Germanie (Louis II le Germanique), c’est-à-dire les immenses États situés au delà du Rhin, et quelques villes sur la rive gauche ; Charles le Chauve resta roi de France, c’est-à-dire de la Neustrie, conservant encore l’Aquitaine.

Lothaire saisit toutes les circonstances qui lui parurent favorables pour revenir à ses projets ambitieux ; mais il fut rarement servi par la victoire, et sa turbulente activité prouve qu’il n’avait pas assez de constance dans l’esprit pour suivre les desseins qu’il formait. Il fixa sa cour à Aix-la-Chapelle pour être à portée de repousser les incursions des Normands. Se sentant frappé d’une maladie mortelle, il abdiqua l’empire, et alla se faire moine dans le couvent de Prum en Ardennes, où il expira le 28 septembre 855, la 60e année de son âge, la quinzième depuis la mort de son père, et le sixième jour de son abdication.

Il laissa trois fils, Louis, Charles et Lothaire, entre lesquels il divisa ses États : Louis eut le royaume d’Italie avec le titre d’empereur (Louis II le Jeune) ; Charles, la Provence jusqu’à Lyon, et Lothaire, le reste des domaines de son père en deçà des Alpes, jusqu’aux bouches du Rhin et de la Meuse (Lothaire II).

 
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