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7 février 1823 : mort d'Anne Radcliffe

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7 février 1823 : mort d’Anne Radcliffe
Publié / Mis à jour le vendredi 26 février 2010, par LA RÉDACTION
 

Créatrice d’un genre qui devait périr avant elle, parce qu’en littérature comme en politique le règne de la terreur ne saurait être long, madame Radcliffe a tenu pendant plusieurs années le sceptre du roman, avec autant de profit pour sa réputation que pour sa bourse. Née à Londres vers 1762, de la famille d’un médecin célèbre, elle reçut une éducation brillante, et se livra de bonne heure au génie des apparitions, des souterrains et des mystères : c’est-à-dire qu’elle prit la plume sous l’inspiration des scènes fantasmagoriques de Cagliostro.

C’est une étrange erreur que de voir, ainsi que plusieurs critiques l’ont fait, la naissance du romantisme dans des productions telles que les Mystères d’Udolphe ou le Confessionnal des pénitent noirs :. le romantisme, quel qu’il soit, a la prétention de peindre exactement la nature réelle, et c’est à quoi madame Radcliffe a le plus rarement songé.

Voici le jugement que Chénier porte, de son talent, dans le Tableau de la littérature française : « Les divers romans d’Anne Radcliffe offrent des caractères fortement prononcés, des situations terribles, que l’auteur amène et accumule, au hasard de s’en tirer péniblement ; de belles descriptions de l’Italie et du midi de la France, d’énergiques tableaux, de vrais coups de théâtre, et même quelques tons de Shakespeare, le génie éminemment anglais qui depuis deux siècles féconde encore dans sa patrie tous les champs de l’imagination. Ces romans, considérés dans tout leur ensemble, se rattachent à une seule idée d’un grand sens. Partout le merveilleux domine ; dans les bois, dans les châteaux, dans les cloîtres, on se croit environné de revenants, de spectres, d’esprits célestes ou infernaux ; la terreur croît, les prestiges s’entassent, l’apparition acquiert presque de la certitude, et quand le dénouement arrive, tout s’explique par des causes naturelles. Délivrer les esprits crédules du besoin de croire aux prodiges est un but très philosophique ; mais les plans n’ont pas l’étendue et la portée dont ils étaient susceptibles. L’exécution en serait à la fois plus originale et plus utile, si le lecteur était forcé de rire des choses mêmes qui lui font peur. Tout ce qui blesse la raison, tout ce qui tend à la. dégrader, est justiciable du ridicule ; ses traits sont les plus fortes armes contre les sottises importantes. Horace l’a dit, et Voltaire l’a prouvé. Le genre d’Anne Radcliffe exige des facultés moins rares ; aussi n’a-t-elle pas manqué d’imitateurs. »

Ce jugement est remarquable par la sagacité de l’observation, plus encore que par l’excellence des doctrines : on peut contester le mérite de l’idée principale que Chénier signale avec éloges dans les œuvres d’Anne Radcliffe : le merveilleux raisonnable, ou, en d’autres termes, le merveilleux qui s’explique par des causes naturelles, nous paraît l’une des plus pauvres conceptions des temps modernes ; c’est une transaction timide, une alliance bâtarde entre l’imagination et la raison : si la philosophie l’approuve, la poésie la condamne. Walter Scott, qui a laissé si loin derrière lui madame Radcliffe, a commis parfois la même faute qu’elle, mais seulement dans ses compositions les plus faibles : tous ses bons romans en sont exempts.

Anne Radclifle est morte dans les environs de la ville où elle avait pris naissance. « On devine, dit un biographe allemand, qu’un esprit aussi romanesque que le sien, dans un corps de femme, a dû produire une existence bien riche en aventures ; mais les égards que réclame son sexe nous demandent, ajoute-t-il, d’entrer dans aucuns détails. » Nous regrettons sincèrement que le biographe se soit cru obligé à tant de discrétion : s’il n’était allemand, nous ne pourrions l’expliquer que par son ignorance.

 
 
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