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17 janvier 395 : mort de Théodose Ier (Flavius)

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17 janvier 395 : mort de Théodose Ier (Flavius)
Publié / Mis à jour le vendredi 20 novembre 2009, par LA RÉDACTION
 

Théodose fut le dernier des empereurs, comme Brutus avait été le dernier des Romains, et il mérita le surnom de Grand pour avoir ajourné l’inévitable ruine de l’héritage des Césars. Né en Espagne en 346, fils d’un général qui avait, sauvé l’Afrique sous Valentinien, et que Gratien avait fait condamner à mort, il craignit, pour quelques exploits de sa jeunesse, une récompense pareille à celle qu’avait reçue son père. Il chercha à se faire oublier, et s’ensevelit au fond de la Galice, sa patrie.

Ce fut dans cette retraite que Gratien, succombant sous l’empire du monde, alla mendier un collègue, pour le partager avec lui. Trois ans après avoir assassiné le père, il osa forcer le fils à être empereur. Il le proclama à Sirmium (19 janvier 879), après un discours, où il peignait à son armée le déplorable état de l’Empire. En lui donnant l’Orient envahi par les barbares, il ne lui donnait que le droit de le reconquérir ; et le nouvel Auguste usa dignement d’un tel droit. Il écrasa les hordes redoutables qui lui fermaient les passages de son empire, et ramassa en courant le manteau de pourpre gagné sur les champs de bataille.

A peine vainqueur, il se fit baptiser, pendant une maladie qu’il crut mortelle ; jusqu’alors, suivant un usage commun, il avait été chrétien sans baptême. Attribuant peut-être son rétablissement à cette cérémonie, il persécuta l’arianisme, et tint à Constantinople un concile pour fixer la pureté des dogmes. Cependant un nouvel essaim de barbares s’était jeté sur la Thrace ; Théodose cesse de dogmatiser, et revole à la gloire : on lui a reproché d’avoir incorporé dans les armées ces hordes à demi sauvages qu’il avait vaincues. A travers le chaos des annales païennes ou monastiques du temps, il est difficile d’apprécier les motifs de cette politique. Egorger des populations armées, c’était ne laisser à celles qui les suivraient d’autre asile que la victoire ; d’ailleurs la lâcheté de ces armées, qu’on appelait encore romaines, put forcer Théodose d’y jeter un renfort d’hommes farouches, mais braves, comme un tonique violent dans un corps énervé. Combien de sages mesures que la fortune change plus tard en autant de fautes !

Tandis que l’Orient était relevé par la puissante main de son prince, Gratien ( 25 août 383) succombait en Occident sous les coups de Maxime. Théodose, qui venait d’élire dans son fils Arcadius un Auguste de huit ans (c’était oublier bien vite pourquoi lui-même il était devenu Auguste), Théodose crut devoir ménager d’abord l’usurpateur : étrange symptôme de l’état des mœurs ! il avait reçu l’empire des mains de l’assassin de son père ; il s’alliait à l’assassin du prince qui lui avait donné l’empire ! Pendant quelques années, nous le voyons, agent dévoué de l’orthodoxie, enfouir son génie dans des controverses théologiques, frapper d’une main l’arianisme, le paganisme de l’autre, et, pour établir des croyances, abattre les temples, monuments des arts antiques. Son épouse Flaccille l’excitait aux persécutions, avec cette intolérance des femmes qui mettent des opinions étrangères à la place îles sentiments naturels à leur sexe. Veuf de cette princesse, qui, un peu avant de mourir, lui avait fait le triste présent d’Honorius, leur second fils, Théodose épousa Galla, sœur de Valentinien II, alors empereur d’Italie. Il aida de ses conseils cet enfant couronné, et, dans un temps de famine, il envoya du blé aux fils des conquérants du monde.

Nous passons sur quelques exploits obscurs. Qu’importé, par exemple, à nos lecteurs la défaite des Gruthonges ? Ce qui a pour eux un intérêt plus philosophique, c’est de voir ce monarque si chrétien surcharger ses peuples d’impôts onéreux, au point d’exciter un soulèvement à Antioche (an 388) ; de le voir, pour venger l’honneur de ses statues, renversées par quelques furieux au désespoir, ordonner la destruction de la ville et le massacre de tous les habitants. Le saint évêque d’Antioche, Flavien, en s’exposant à la colère de Théodçse, parvint à le désarmer : c’est un de ces beaux exemples que l’Église a donnés quelquefois, pour montrer aux hommes l’utilité de cette religion qu’elle leur enseigne.

De grands intérêts politiques rappelèrent pour trop peu de temps l’empereur aux exploits militaires qui faisaient sa gloire. Maxime, qui régnait dans les Gaules depuis l’assassinat de Gratien, avait passé les Alpes pour envahir les états de Valentinien II, réfugié à Thessalonique. Théodose prévit sans peine que cette grande usurpation, s’il la laissait s’affermir comme la première, serait bientôt menaçante pour lui-même : généreux par politique, il secourut Valentinien ; les troupes de Maxime furent défaites ; lui-même il fut pris et décapité (27 août 388). Après avoir relevé le trône d’un enfant, il resta trois années en Occident pour lui servir de tuteur.

C’est pendant ce temps qu’il renouvela l’exemple de cette colère terrible, dont un évêque l’avait détourné, et qui fut puni par un autre évêque. Des désordres s’étaient élevés à Thessalonique, pour ces factions du cirque, si fameuses dans l’histoire du Bas-Empire. L’empereur fit massacrer indistinctement sept mille personnes, et, couvert de tant de sang, il se rendait à l’église de Milan, lorsque saint Ambroise (voy. 3 Avril 397) eut le courage de lui en interdire l’entrée, et de lui imposer une expiation.

Les annalistes chrétiens ont loué Théodose d’avoir refusé à Symmaque le rétablissement de l’autel de la Victoire, que réclamait le sénat romain ; il achevait ainsi d’écraser le paganisme dans Rome, qui en était le dernier asile. Dès que Valentinien fut parvenu à sa vingtième année, Théodose lui remit les rênes de l’Empire qu’il lui avait conservé ; émancipation fatale, qui, pour un jeune prince sans énergie, n’était que la liberté de se perdre. Deux ans plus tard Valentinien fut assassiné par un de ses généraux, Arbogaste, qui jeta la couronne sur la tête du rhéteur Eugène, fantôme d’empereur. Théodose, s’apprêtant à une lutte nouvelle, proclame Auguste son second fils Honorius ; il s’avance ensuite vers l’Italie, rencontre l’armée d’Arbogaste sur le Frigidum, près d’Aquilée ; une bataille décisive s’engage (5 septembre 394), et Théodose, victorieux, se voit chargé seul de ce fardeau du monde, dont il avait été appelé jadis à partager le poids : il avait cru pourvoir au salut de l’Empire en se donnant ses deux fils pour associés ; mais c’étaient des successeurs et non des héritiers qu’il lui fallait. Honorius fut établi en Occident sous la protection de Stilicon, tandis que son frère Arcadius devait gouverner l’Orient sous celle de Rufin.

Pour Théodose, dont la santé avait été altérée par les fatigues de tant de guerres continuelles, quoiqu’il n’eût pas encore cinquante ans, attaqué d’une hydropisie, il sentit que sa fin était prochaine. En effet, il mourut bientôt à Milan, entouré de ses deux fils, qu’il recommanda au dévouement équivoque de l’ambitieux Stilicon. Etrange destinée des volontés dernières des princes ! Cette recommandation même devint plus tard un prétexte de division entre les deux moitiés de l’Empire.

Théodosc, illustré par de rares talents, et même par quelques vertus, rappellerait entièrement Trajan, auquel la flatterie faisait remonter sou origine, si le fanatisme et la cruauté n’eussent déshonoré sa mémoire ; dans cette âme tout espagnole il n’entrait pas moins de superstition et de férocité que de grandeur. Il faut attribuer une partie de l’éclat de son règne à celui dont alors brilla passagèrement la littérature : à son dernier période, elle semblait se ranimer, et jeter une clarté plus vive, comme un flambeau près de s’éteindre. Les noms de saint Ambroise, de saint Jean Chry-sostôme, de saint Grégoire de Naziance, etc. terminent avec gloire la chaîne des orateurs antiques, en commençant celle des Pères de l’Eglise : la poésie et l’éloquence nous font pour longtemps leurs adieux par les écrits d’Ausone, de Claudien, d’Aurélius-Victor, de Macrobe, de Symmaque, etc.... Ainsi ce grand faisceau, formé avec tant de peine, gloire des armes, puissance, génie, tout allait être brisé et dispersé à la fois. Théodose fut le dernier à le tenir dans sa main.— Paul Duport.

 
 
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