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Coutumes et traditions : le ball (les baillas) danse du Roussillon

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Coutumes, Traditions
Origine, histoire des coutumes, traditions populaires et régionales, fêtes locales, jeux d’antan, moeurs, art de vivre de nos ancêtres
Las Baillas, danses du Roussillon
(D’après « Coutumes, mythes et traditions des provinces de France », paru en 1846)
Publié / Mis à jour le lundi 18 janvier 2010, par LA RÉDACTION
 

Danses en usage dans le Roussillon, et particulièrement à Perpignan, les baillas ont lieu à des époques fixes dans chaque quartier. Alors on établit une sorte de foire dans le voisinage de l’église, et l’on construit une vaste tente, décorée de guirlandes et garnie de bancs, dans l’intérieur de laquelle le ball se donne. Les ordonnateurs de la fête ont le soin de se rendre avec leur musique chez toutes les personnes aisées du quartier, dont l’offrande leur sert à payer les frais de cette fête. Le corps de musique, qu’on appelle lous joncglas (les jongleurs) est ordinairement composé de cinq à six hautbois, parmi lesquels il y a le prime et le ténor, puis d’un galoubet et d’un tambourin. Ces deux derniers instruments sont joués par le même homme, qui tient le premier de la main gauche et frappe le second de la droite.

Départ pour la fête
Départ pour la fête

Chaque danseur paie tant par chaque ball qu’il danse, et l’on en admet à la fois autant que l’intérieur de la tente peut en contenir et leur laisser assez d’espace pour exécuter leurs figures ; mais il y a tel ou tel amateur, qui, par galanterie pour une dame, ou par vanité personnelle, réclame de danser seul avec sa danseuse, et alors il s’établit une sorte d’enchère qui porte souvent au prix de 150 ou 200 francs, le plaisir de fixer sur soi, pendant un quart d’heure ou vingt minutes au plus, tous les regards de l’assemblée. Les jeunes gens des meilleures familles, et même quelquefois les dames de la société, figurent dans cette danse : les premiers, en veste et en bonnet catalans ; les secondes, en grisettes du pays.

Le ball est une danse extrêmement gracieuse, qu’il faut voir pour la bien juger, qu’il est difficile de décrire, et qui n’est exécutée, avec perfection, que par les gens du peuple, surtout les femmes, qui y déploient une légèreté et une désinvolture ravissantes. Les cavaliers font d’abord quelques pas en avant avec leurs danseuses, puis, se tournant subitement face à face, la dame se recule en décrivant une sorte de cercle, et le cavalier la suit en formant quelques pas, et en s’accompagnant des castagnettes, s’il est danseur par excellence.

Perpignan. Femmes catalanes
Perpignan. Femmes catalanes

Dans le nombre des pas qu’il exécute, il en est un fort singulier qu’on appelle la camada rodona, et qui réclame autant d’adresse que de légèreté, puisqu’il ne s’agit rien moins que de passer le pied droit par-dessus la tête de la danseuse. Celle-ci, au bout de quelques instants, poursuit son cavalier qui recule à son tour, et l’un et l’autre changent deux ou trois fois de danseur et de danseuse ; puis, deux ou plusieurs couples se réunissent, forment un cercle ; les danseuses placent à droite et à gauche la main sur l’épaule des cavaliers, s’élèvent en l’air, et ces cavaliers, les jarrets tendus, la poitrine en avant, et les bras soulevés, les soutiennent de leurs mains, placée sous leurs aisselles.

Tous restent dans cette position, pendant un point d’orgue des musiciens ; et comme les têtes des danseuses se trouvent rapprochées les unes des autres, presque toujours, quand ces danseuses se connaissent, elles s’embrassent avant d’être déposées à terre.

Lorsque ceci a eu lieu, elles répètent la même figure qui se reproduit tant que dure chaque ball. Il y a par ailleurs un autre saut, tout aussi original, qui demande de la part du cavalier la même adresse et quelque force. La danseuse s’avance vers lui, elle place sa main gauche dans la droite qu’il lui tend, un triple élan est alors donné à ces deux mains réunies, et la danseuse, raidissant son bras gauche et s’appuyant de la droite sur l’épaule de son danseur, s’élance pendant que celui-ci la soulève et l’assied sur sa main. Avant de la remettre à terre, il fait deux ou trois pirouettes en la tenant ainsi.

 
 
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