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Coutumes et traditions : carnaval de Nice (Alpes-Maritimes) - Histoire de France et Patrimoine


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Coutumes, Traditions

Origine, histoire des coutumes, traditions populaires et régionales, fêtes locales, jeux d’antan, moeurs, art de vivre de nos ancêtres


Carnaval de Nice (Alpes-Maritimes)
(D’après « Aux pays d’azur », paru en 1902)
Publié / Mis à jour le samedi 5 mars 2011, par LA RÉDACTION

 
 
 
Le Carnaval de Nice existe depuis un temps immémorial : au Moyen Age, même au sein des circonstances les plus tragiques, il n’a pu calmer sa joie cascadeuse et frivole...

En 1578, le duc Emmanuel Philibert vint passer à Nice les fêtes du Carnaval avec son fils, le prince de Piémont. A cette occasion Honoré Grimaldi, seigneur de Monaco, désirant présenter ses deux fils au jeune prince, les envoya auprès de lui pour ces fêtes, qui, dit Toselli, furent portées, cette année, par la population niçoise, à un degré tel qu’il serait difficile d’en donner une description.

En 1821, la cour de Sardaigne se rendit à Nice au commencement de la saison et ne put retourner à Turin, à cause du mauvais état des routes couvertes de neige et défoncées en maints endroits. Le roi dut rester avec toute sa suite de seigneurs et pour le distraire, les Niçois eurent l’idée d’organiser un Corso de gala, qui fut le prologue des fêtes actuelles. Une trentaine de voitures figurèrent à la fête qui fut limitée, dit Ch. Limouzin, entre la Poissonnerie et l’endroit où se trouve maintenant la Halle du Cours. Les projectiles se composaient uniquement de fleurs et de petits sacs de bonbons véritables, nommés coriandoli, auxquels on mêla plus tard des oranges et des cigares. Chaque année, les fêtes recommencèrent, à la même époque, avec le même brio endiablé et, peu à peu, prirent une plus grande extension.

En 1848, la Révolution française et la guerre engagée avec l’Autriche mirent une fatale sourdine à la retentissante allégresse de ces solennités bruyantes, pour lesquelles se passionnait tout un peuple.

Pendant quelques années, Messire Carnaval ne fut qu’un pâle reflet des splendeurs initiales et ne put s’esbaudir qu’entouré des précautions soupçonneuses de la police, qui forçait chaque habitant à exhiber son masque et à demander une autorisation, immédiatement refusée si l’on n’était pas bien noté. Le nombre des voitures diminua, ainsi que leur luxe d’ornementation ; les armes carnavalesques perdirent de leur galanterie première, et l’on abandonna les bonbons pour avoir recours à des imitations, dont les principales furent des pois chiches recouverts d’une couche de sucre et passés en couleur. Puis, les pois chiches furent pastichés, à leur tour, et l’on lança des confetti, des faguioli, des ciceri, des boulettes en pâte cassante, de diverses teintes, et l’on alla jusqu’à se bombarder avec des œufs vidés et remplis de poussière noire, rouge ou bleue.

En 1856, les fêtes furent particulièrement réussies, grâce à la présence de l’Impératrice douairière de Russie, mère du Czar Alexandre II. La guerre de 1870 influa considérablement sur le Carnaval, qui pendant deux ou trois ans, ne donna que de faibles signes de vie.

En 1873, Staéone, ancien conseiller de préfecture, se met à la tête d’un groupe d’amis et prend l’initiative, chaleureusement accueillie, d’une réorganisation générale des fêtes carnavalesques. Avec l’appui de la colonie étrangère, un comité fut vite formé, l’argent nécessaire aux prix, qui ne consistèrent, cette année, qu’en bouteilles de champagne, afflua de toutes parts et l’organisation des chars, groupes, et mascarades fut poussée avec frénésie.

Le Carnaval fut éblouissant et l’on parle encore des grands chars, le Soleil de Nice, la Marmite du Diable et des quatre cavalcades, les Carabiniers, les Brigands, les Mousquetaires et les Templiers, que formèrent les membres du Comité.

L’année suivante, les prix en argent furent institués ; les plus élevés étaient de 1000 à 1500 francs. Jusqu’en 1889, époque de la formation du Comité des fêtes tel qu’il apparaît au début du XIXe siècle, Staéone dirigea les fêtes du Carnaval avec le Comité, dans lequel figurèrent, successivement, le comte d’Aspremont, le duc de Castries, le vicomte Vigier et le comte de Cessoles. Il y eut, à cette époque, de forts beaux chars, et les annales carnavalesques conservent le souvenir de ceux de la Paix, des Chauves-Souris, du Chou, de la Cuisine renversée, du Rizotto, des Marionnettes, de la Grenade, de la Corbeille et des Grenouilles.

Le signal des fêtes, qui ont lieu pendant les huit jours qui précèdent le Carême, est donné par l’entrée triomphale à Nice du bonhomme Carnaval, décoré du titre de Majesté, accompagné de toute sa suite, et que l’on installe pompeusement dans son palais de la place Masséna. Voici quels sont les derniers avatars subis par cette Majesté qui jouit de règnes courts, mais sans opposition, parlementaire ou autre. En 1882, elle arriva en jockey ; en 1883, en Paysan en goguette ; en 1884, en Guignol monté sur un chimère ; en 1885, en Polichinelle sur une bouteille de champagne ; en 1889, en Matelot sur un navire, en 1890 ; en Jockey sur un tricycle ; en 1891, en Bacchus sur un tonneau ; en 1892, en Rajah sur un éléphant ; en 1893, en Paysan niçois accompagné de sa femme ; en 1894, en Triboulet sur une grosse caisse ; en 1895, en Chinois ; en 1896, en Toréador ; et en 1897, en Paysan sur un dindon.

Sitôt Sa Majesté installée, commencent les défilés de tous les chars et mascarades, le grand Corso de gala, les Vegliones, Redoutes, Kermesses, Batailles de Fleurs et de Confettis. L’Avenue de la Gare flamboie, étincelle, fulgure, d’un bout à l’autre, d’un incendie de feux, ballons, quinquets et lampions, à rendre aveugle l’innombrable foule qui s’entasse de tous côtés.

Des fanfares éclatent, de tous côtés dans la masse sautante des masques dansants ; le tumulte et la joie sont à leur comble ; les confettis et les serpentins s’éparpillent et s’enroulent de toutes parts, tandis qu’en les deux journées spéciales, les confettis de plâtre rebondissent comme la grêle, durs et crépitants, lancés par les petites pelles à manche flexible, et leur mitraille offensive force chacun d’être masqué aussi hermétiquement que possible, au risque de se faire aveugler. La bataille, annoncée par des coups de canon et circonscrite à certains quartiers s’engage, furieuse et endiablée. Chaque maison est une citadelle, et chaque balcon a ses combattants et son artillerie. Sur deux rangs, le long des estrades, les équipages défilent et de chacun d’eux partent les fusillades fleuries.

Toutes les formes de voiture revêtent toutes les formes du bouquet ; ce sont, passant dans une nuée aux senteurs capiteuses, des paniers Louis XV, tendus de satin blanc et ornés de rubans et de roses, des breacks revêtus de mimosas et de jonquilles, des victorias enguirlandés de muguets et de violettes, des calèches toutes couvertes de camélias et de pensées, des landaus et des mailcoatch disparaissant sous des dômes fleuris, des charrettes épinglées de tubéreuses et cent nids roulants, décorés de motifs où l’ingéniosité le dispute à la magnificence, pendant que, sur les flancs des chevaux, les caparaçons des fleurs mettent leur caresse de fraîcheur.

Et sur tout cela, les rires perlés, les gaies clameurs qui s’égrènent de tous côtés, comme un essaim d’oiseaux gris de soleil, au-dessus des mélodies dansantes des musiques de fête. Impossible de rêver apothéose plus passionnante, que le retour et le long défilé des voitures, avec les bannières roses et fanfreluchées, claquant et livrant au vent leurs plis de soie, dans les pourpres du couchant, qui ont l’air, elles aussi, de bannières de gloire éployées aux confins du ciel, cependant que la mer, délicieusement mauve, s’assombrit, peu à peu, sous la coupole de bronze de femmes, elles aussi, mollement balancées dans les voitures berceuses, sont de grandes fleurs vivantes, dont les toilettes exquises continuent les gammes multicolores des jardins.

Le soir, dans tous les établissements de plaisir, les vegliones, ou bals masqués, et les redoutes, dans lesquelles, généralement, tous les costumes doivent être aux couleurs officielles décrétées par le Comité.

Le jour du Mardi-Gras, après le dernier grand Corso et la bataille des confettis, la fête est transportée sur les estrades de la place de la Préfecture, où tout le monde est muni des moccoletti, cierges minuscules que l’on doit chercher à éteindre, derniers vestiges des torches orgiaques des fêtes païennes de Dyonysios. Puis Sa Majesté Carnaval subit, en effigie, le sort de Sardanapale, s’effondre dans un bûcher autour duquel les masques forment une ronde effrénée et sa flambante agonie s’agrémente d’un superbe feu d’artifice et d’un cortège aux flambeaux qu’accompagnent toutes les musiques.

Et ainsi finit cette éblouissante période voluptueuse pendant laquelle, comme dit Théophile Gautier :

De paillettes tout étoilé
Scintille, fourmille et babille
Le Carnaval bariolé.




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