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Mettre en fourrière. Origine, signification proverbe, expression populaire. Dictionnaire locutions - Histoire de France et Patrimoine

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Expressions, Proverbes
Proverbes et expressions populaires d’usage courant : origine, signification d’expressions proverbiales de la langue française
Mettre en fourrière
Publié / Mis à jour le vendredi 8 juin 2018, par LA RÉDACTION
 
 
 
Saisir et déposer des voitures ou des animaux enlevés de la voie publique jusqu’au paiement d’une amende

Dans la langue familière, il y a une foule de cas où l’on applique à un industriel des expressions qui, logiquement, ne peuvent se dire que de l’endroit où il exerce sa profession, que de l’instrument qu’il emploie à cet effet.

Ainsi, par exemple, on dit : notre épicier est fermé le dimanche, ce restaurateur reste ouvert les nuits de bal, un cocher est mis en fourrière pour signifier : la boutique de notre épicier est fermée le dimanche, l’établissement de ce restaurateur reste ouvert les nuits de bal, un cocher dont la voiture a été mise en fourrière.

Un départ en fourrière
Un départ en fourrière

Que veut dire l’expression mettre une voiture en fourrière ? Le mot fourrière est un terme de jurisprudence qui désigne milieu où l’on retient les chevaux, les vaches, les voitures, etc., qui ont été saisis, jusqu’au paiement des dommages, amendes, etc. Ce mot a le sens de écurie, comme le prouvent les citations suivantes :

« Suivant la Coutume de Cambray, on doit faire mettre entre les mains des Mayeurs ou chefs des Arts, les choses contentieuses afin que sur leur rapportées Juges en soient clairement informez, et puissent donner leur Sentence. Si ce sont des bestes chevalines, l’action redhibitoire ou forfacture se doit intenter en la Cité, pour les mettre es mains des Mayeurs en fourrie, c’est-à-dire dans le lieu ou l’Ecurie destinée à cet effet ; et hors la Cité, on les met ès mains de loy. » (Glossaire du droit français, contenant l’explication des mots difficiles qui se trouvent dans les ordonnances de nos rois, etc. par Eusèbe de Laurière. 1704)

Et encore dans cet extrait du Blason des fausses amours, par Guillaume Alexis (XVe siècle) :

Telle est honteuse
Et marmiteuse,
Qui, de nuit, par l’huis de derrière,
Ne sera pas trop vergogneuse
De suivre compagnie honteuse
A quelque valet de fourrière.

Mais la locution de Mettre en fourrière a pris de l’extension, et elle s’est dite en parlant de tous les objets dont la conservation exige des soins. Ce qui est dans le cas d’être mis en fourrière ne peut rester en cet état pendant plus de huit jours ; après ce délai, la main-levée provisoire peut être ordonnée, moyennant caution d’acquitter les frais de fourrière ; au paiement desquels est affecté, par préférence, le produit de la vente qui en est faite lorsqu’il n’est pas offert de sûreté pour le paiement de ces frais.

Mesures contre la rage. L'entrée de la fourrière. Gravure du début du XXe siècle
Mesures contre la rage. L’entrée de la fourrière. Gravure du début du XXe siècle

Maintenant, d’où vient fourrière ? Du Cange cite les deux extraits suivants, où il lui donne le sens de pâturage (première citation, extraite du Romant du Renart ; seconde citation, extraite du Coustumier général) :

Sire, soiez en la foriere ;
Chascuns de nous se traie ariere
Et avant vous viendrons corant, etc.

« Que nul ne voise [aille] soier [couper] ne prendre herbe ès bois ne ès forières d’autrui. »

Or, que trouvent les bestiaux au pâturage ? De l’herbe, de la paille. Mais paille se disait feurre, en terme d’agriculture : ce dernier doit être l’étymologie de fourrière, qui, après avoir eu, comme aujourd’hui encore dans le patois berrichon, le sens de râtelier d’étable où l’on met le fourrage, a fini par être appliqué à l’étable elle-même.

 
 
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