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11 décembre 1945 : mort du physicien Charles Fabry - Histoire de France et Patrimoine


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11 décembre 1945 : mort du physicien
Charles Fabry
(D’après « Comptes-rendus hebdomadaires des séances de
l’Académie des sciences » paru en 1945)
Publié / Mis à jour le samedi 3 décembre 2016, par LA RÉDACTION

 
 
 
Codécouvreur de la chouche d’ozone en 1913, présidant la Société française de physique en 1924 et se consacrant presque exclusivement à l’optique, Marie-Paul-Auguste-Charles Fabry naît à Marseille le 11 juin 1867 et appartient à une famille orientée vers la science : son arrière-grand-père fut reçu polytechnicien à la fin du XVIIIe siècle, et son grand-père Auguste le fut en 1815 et se vit dispenser des cours par le célèbre Ampère.

Deux des frères aînés de Charles Fabry avaient fait partie des promotions de 1874 et 1880 et furent tous deux correspondants de l’Académie : l’un, Eugène, pour la section de Géométrie, l’autre, Louis, pour celle d’Astronomie. Charles, lors de son Jubilé, en 1937, rappelait spirituellement qu’il avait été lui-même, au lycée, un fort médiocre élève, mais que ses frères aînés lui avaient donné, précocement et de façon concrète, le goût des sciences, en particulier de l’astronomie ; tous trois avaient sacrifié parfois leurs nuits à l’observation d’éclipses des satellites de Jupiter. A onze ans il savait se servir d’une table de logarithmes.

Charles Fabry fut brillamment reçu à l’École Polytechnique en 1885, à l’âge de 18 ans. Dès sa sortie il s’orientait délibérément vers la carrière scientifique. Il était agrégé de Physique en 1889, docteur ès sciences physiques en 1892 (avec une thèse sur la Théorie de la visibilité et de l’orientation des franges d’interférence). De 1890 à 1894, il fut professeur de physique dans divers lycées et finalement à Paris, au lycée Saint-Louis. Il regagnait Marseille en 1894, comme maître de conférences de physique à la Faculté des sciences ; il y devenait professeur titulaire en 1904 et, en 1921, professeur de physique à la Sorbonne, où la retraite l’atteignait en 1937. Il fut, d’autre part, examinateur à l’École Polytechnique à partir de 1914, puis y occupa une chaire de Physique à partir de 1927.

Il fut par ailleurs membre du Comité International des Poids et Mesures et du Bureau des Longitudes, ainsi que l’organisateur et l’animateur, dès sa fondation en 1920, de l’Institut d’Optique, et l’on sait l’importance de cet établissement pour le développement et le progrès de l’industrie optique en France. Il faudrait encore ajouter à tout cela le rôle actif qu’il joua dans de très nombreuses sociétés savantes ressortissant à la physique sous ses aspects les plus variés et à l’astronomie.

Cette énumération rapide et incomplète montre déjà ce que fut l’activité bienfaisante de Charles Fabry sur le terrain de l’enseignement. Faut-il ajouter qu’il était un professeur particulièrement brillant et lucide, qu’il connut les succès les plus constants et les plus marqués, auprès de tous les auditoires et à tous les niveaux, depuis les plus élevés et les plus techniques, jusqu’à celui du grand public. On se pressait, à Marseille, au cours public qu’il faisait le soir, au grand amphithéâtre de la Faculté, sur l’électrotechnique, et l’amphithéâtre ne suffisait pas à contenir les auditeurs qui se présentaient.

Charles Fabry
Charles Fabry

Mais ce n’était là qu’un des aspects de la personnalité de Fabry. Il en est un autre, qui en est d’ailleurs inséparable et qui n’est pas moins éclatant, c’est celui du chercheur, et ici il convient de citer ses propres paroles, lors de son Jubilé en 1937 : « Toute mon existence, dit-il, a été consacrée à la science et à l’enseignement et ces deux grandes passions m’ont procuré les vives joies ; d’ailleurs, je ne conçois pas que l’on puisse séparer les deux choses. Je ne conçois pas le professeur réduit au rôle de phonographe, exposant une science qu’il n’aurait pas contribué plus ou moins à faire progresser, qu’il n’aurait pas tout au moins repensée avant de l’exposer aux autres, et je ne conçois pas le savant qui n’aurait pas le désir de transmettre à d’autres ce qu’il aurait péniblement acquis. »

Charles Fabry était avant tout un expérimentateur pénétrant, soucieux d’analyser à fond des phénomènes concrets, apportant à cette tâche de remarquables dons de précision, de rigueur et d’ingéniosité, aboutissant à des conclusions nettes et décisives, mais ne se souciant guère des théories abstraites.

Il fit ses premières armes dans la recherche à Marseille, à la Faculté des sciences, dans le laboratoire et sous la direction de Macé de Lepinay, lui-même travailleur acharné et minutieux dans le domaine de la métrologie. Il y eut pour collègues et collaborateurs Pérot, puis Buisson.

Le centre des recherches de Fabry était l’optique et plus particulièrement l’étude des interférences et la spectroscopie. C’est un domaine qu’il transforma littéralement, en y introduisant une précision supérieure, là même où il semblait que la limite de la précision avait été atteinte, notamment par Rowland. Il put, par l’emploi des lames argentées, séparer effectivement et voir séparément des radiations extrêmement voisines, qu’aucun des spectroscopes existants ne permettait jusque-là de séparer. Il put ainsi étudier la structure fine des raies spectrales, et surtout celle des raies satellites qui s’y rattachent. Il révisa et précisa la mesure des raies principales du spectre et établit un ensemble de repères qui constitua depuis le système fondamental des longueurs d’onde universellement adopté. Il construisit aussi des instruments nouveaux devenus classiques, notamment un interféromètre.

En possession de cette méthode d’analyse et de mesure des radiations lumineuses, il en fit une série d’applications à de nombreux et importants problèmes de physique et d’astrophysique. Il put, à leur aide, asseoir, sur de nouvelles et solides bases, la théorie cinétique des gaz, mesurer la vitesse d’agitation des molécules (notamment en plongeant un tube lumineux dans l’air liquide), vérifier et mesurer l’effet Doppler-Fizeau, évaluer, par la largeur des raies spectrales, la température des gaz lumineux et, à l’aide de ces données, réaliser des progrès importants dans l’étude des nébuleuses gazeuses en ce qui concerne leur constitution (élément nebulium) ou leur température (10000° pour Orion), ou leurs mouvements internes. Il obtint également des résultats remarquables dans l’étude du spectre solaire.

Il appliqua les données acquises par les interférences à la métrologie. Suivant la trace de Michelson, il put, avec une remarquable précision, fixer la valeur du mètre en longueurs d’onde définies. On appliqua les mêmes méthodes à la détermination de la masse du décimètre cube d’eau. Il renouvela toute la technique de la photométrie, développa les méthodes de photométrie photographique, et appliqua ces méthodes à l’étude de la lumière nocturne du ciel ; étudia photométriquement la région ultraviolette du spectre. L’étude de l’extrémité ultraviolette du spectre solaire absorbée par l’atmosphère le conduisit à reconnaître, dans les hautes régions de celui-ci l’existence de petites quantités d’ozone, et c’est là ce qui permet l’existence de la vie sur la Terre, car ainsi est absorbée la plus grande partie de l’ultraviolet de la lumière solaire qui serait mortelle pour les organismes si elle atteignait le sol.

Nous avons évoqué la lucidité de ses exposés. Cette qualité se retrouve dans ses ouvrages de vulgarisation, qui connurent un grand succès. Citons son Histoire de la Physique dans l’Histoire de la Nation française de Gabriel Hanotaux, son livre Physique et Astrophysique, ses nombreux articles dans la Revue des deux Mondes, etc.

Les travaux de Fabry obtinrent à l’étranger des consécrations nombreuses et brillantes. Il reçut, en 1918, la médaille Rumford de la Royal Society, la médaille Draper de la National Academy en 1919, la médaille Franklin du Franklin Institute en 1921. Il fut élu membre de la Royal Institution en 1920, du Franklin Institute en 1921, membre étranger de la Royal Society en 1931, de la Royal Astronomical Society, etc.

Soulignons aussi le charme de l’homme, qui se révélait particulièrement chaque fois qu’il prenait la parole, dans les séances publiques de l’Académie des sciences ou les comités secrets de cette dernière. On avait toujours plaisir à l’écouter, à goûter sa lucidité et parfois son ironie. Jusqu’à peu de temps avant sa disparition, il avait gardé toute sa verdeur. Un peu plus tôt, ses compagnons de l’Académie avaient vu ses traits s’altérer, son allure changer et ces symptômes allaient en s’aggravant. Devenu veuf et isolé, il avait eu la consolation d’être entouré de soins familiaux dévoués jusqu’à sa fin.




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