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28 août 1764 : naissance du poète, dramaturge et député Marie-Joseph Chénier

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28 août 1764 : naissance du poète,
dramaturge et député
Marie-Joseph Chénier
Publié / Mis à jour le samedi 22 août 2015, par LA RÉDACTION
 

Fils de Louis de Chénier — diplomate sous Louis XVI et historien — et frère cadet du poète André Chénier, Marie-Joseph naquit le 28 août 1764 à Constantinople, où son père était consul-général. Conduit en France dès l’âge le plus tendre, il fit ses études à Paris. En sortant du collège, il entra dans la carrière militaire ; officier dans un régiment de dragons en garnison à Niort, il passa deux années dans cette ville ; ayant quitté son régiment pour revenir dans la capitale, il se consacra tout entier à la littérature.

La tragédie d’Azémire fut son début dans la carrière dramatique. Cette pièce, représentée à Fontainebleau le 4 novembre 1786, n’eut aucun succès ; il devait craindre qu’elle n’eût le même sort à Paris. La première représentation d’Azémire ne fut point annoncée dans les affiches ; au lever de la toile, Mlle Sainval vint annoncer aux spectateurs assemblés pour voir Zaïre, que l’indisposition d’un acteur avait fait changer le spectacle, et qu’on allait donner une tragédie nouvelle. Malgré cette précaution, Azémire ne fut point accueillie du public.

Marie-Joseph Chénier
Marie-Joseph Chénier

Trois années de silence et d’études suivirent un début si fâcheux, et le public ne se ressouvenait plus d’Azémire quand Charles IX fut représentée, le 4 novembre 1789. La tragédie de Charles IX devint un ouvrage de parti, et fut par conséquent jugée diversement : les uns la comparèrent aux chefs-d’œuvre de la scène française, les autres la rabaissèrent au-dessous des plus faibles productions. On reprocha à l’auteur, avec quelque raison, d’avoir altéré la vérité de l’histoire, et présenté, sous des couleurs exagérées, des tableaux peu honorables pour la nation. Quoi qu’il en soit, la tragédie de Charles IX, qui eut un succès prodigieux, restera comme un monument de l’esprit qui régnait alors en France.

Chénier, en flattant les passions du peuple, acquit bientôt une grande popularité. Il donna successivement au théâtre plusieurs tragédies, qui, sans avoir la même vogue que Charles IX, durent une partie de leur succès au soin que prenait l’auteur de faire parler à ses personnages le langage du parti dominant. Il fit représenter, en 1791, Henri VIII et la Mort de Calas. Dépouillée des tirades qui appartiennent moins au sujet qu’aux circonstances, la première de ces tragédies présente un pathétique vrai, et d’autant plus remarquable, que cette partie intéressante de l’art dramatique a manqué à l’auteur dans d’autres pièces. Chénier avait une sorte de prédilection pour cette tragédie ; il l’a retouchée à plusieurs reprises, et l’édition qu’il en a donna en 1805 est la seule qui contienne toutes ses corrections.

Il a reconnu lui-même qu’il avait dépassé le but, en présentant, dans la tragédie de Calas, un spectacle trop déchirant. La popularité de Chénier s’accrut encore par la tragédie de Caïus Gracchus, donnée au Théâtre français en 1792. Cette tragédie, toute républicaine, dut une grande partie de son succès aux circonstances ; car le style, qui renferme des beautés remarquables, ne pouvait être apprécié par des spectateurs furieux, qui criaient à la tyrannie, lorsqu’ils entendaient ces mots : des lois et non du sang.

Peu de temps après la représentation de Caïus Gracchus, la république, ou plutôt le démon de l’anarchie, vint s’asseoir sur les débris sanglants du trône. Chénier fut nommé membre de la Convention et, dans cette assemblée, il partagea longtemps les opinions du parti qui voulait changer en lois les systèmes exagérés d’une folle démocratie. Dans les années 1793 et 1794, il donna Fénelon et Timoléon ; ces deux tragédies obtinrent un grand succès ; mais la dernière fut arrêtée par ordre du Comité de Salut public, qui oublia tout à coup les trop nombreux sacrifices que Chénier avait faits au génie de la Révolution. Tous les manuscrits de Timoléon furent saisis et brûlés ; une seule copie servit à reproduire et à imprimer la pièce en 1795.

Jusqu’ici, dans la carrière dramatique de cet écrivain, nous ne voyons que des succès, mais il devait un jour perdre la faveur du parterre. Métastase avait traité, dans le genre lyrique, l’avènement de Cyrus au trône des Mèdes. Chénier fit une tragédie du même fait historique ; les beautés de style dont la pièce était remplie ne purent la mettre à l’abri d’une chute, d’autant plus humiliante pour l’auteur, qu’elle venait après un silence de plusieurs années.

Depuis ce temps, Chénier composa plusieurs autres ouvrages dramatiques, mais qui ne furent ni représentés, ni imprimés. Il avait puisé dans le théâtre allemand le sujet d’une comédie qui était achevée depuis quelques années, et qui avait pour titre : Nathan le Sage ; ce sujet, traité fort au long par Lessing, avait été réduit en trois actes par Chénier. Deux autres de ses pièces manuscrites ne sont que de simples traductions en vers de l’Œdipe roi et de l’Œdipe à Colone de Sophocle.

L’un de ses plus ardents désirs était de voir un jour les poèmes de Sophocle représentés par les acteurs du Théâtre Français sur le théâtre de l’Opéra, dont les artistes auraient exécuté les chœurs. Ces spectacles pouvaient, selon lui, contribuer à nous faire mieux connaître ceux de la Grèce. Un divertissement en un acte, intitulé le Camp de Grandpré, mis en musique par Gossec, et représenté, en 1793, à l’Opéra, est son seul ouvrage dans ce génie.

Chénier a des beautés et même des défauts qui ne sont qu’à lui ; les bons juges les remarqueront assez ; mais on ne lui disputera pas une variété de talent très rare. Il eut le double mérite de bien écrire en vers et en prose ; il se distingua surtout dans le genre de la satire, auquel il s’est trop livré. Dans la chaleur des querelles politiques et littéraires, il sut rarement éviter les écueils d’un pareil genre. Entraîné par la nature de son caractère susceptible, ombrageux et hautain, il eut le malheur d’apprécier sans équité plusieurs hommes de lettres respectables.

Il fut sans interruption membre de toutes les assemblées législatives qui se succédèrent depuis le mois de septembre 1792 jusqu’au mois de mars 1802, et ce fut de littérature et d’instruction publique qu’il s’y occupa le plus ordinairement ; il eût eu moins d’ennemis, et son talent eût trouvé plus de justice, s’il se fût borné, à certaines époques, à ce seul genre d’activité et d’influence.

Dans le cours de sa carrière littéraire et politique, Chénier s’attira beaucoup d’ennemis par sa conduite, par ses opinions et la hauteur de son caractère ; mais on doit ajouter, pour justifier sa mémoire, qu’il eut aussi des amis d’un ordre distingué, qui n’ont cessé de rendre justice à ses talents et à plusieurs de ses qualités personnelles. Chénier mourut le 10 janvier 1811.

 
 
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