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Un air français pour petites filles à l'origine de l'hymne national anglais ?

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Anecdotes insolites
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Un air français pour petites filles
à l’origine de l’hymne national anglais ?
(D’après « La Joie de la maison », paru en 1903)
Publié / Mis à jour le dimanche 26 juillet 2015, par LA RÉDACTION
 
 
 
Certains prétendent, à la grande colère des Anglais, que le chant national de nos voisins d’outre-mer, le célèbre God save the King que l’on substitue par God save the Queen lorsque le souverain appartient à la gent féminine, est d’origine française...

En effet, on a soutenu que ce chant était de Lulli. La marquise de Créqui — dont les Mémoires sont remplis de faits controversés — a raconté que lorsque le roi Louis XIV allait visiter Saint-Cyr, les jeunes et jolies pensionnaires l’accueillaient par une sorte de cantique dont les paroles étaient de la supérieure, Madame de Brinon, et la musique de Lulli.

Grand Dieu, sauvez le roi !
Grand Dieu, vengez le roi !
Vive le roi !
Que toujours glorieux,
Louis victorieux
Voie ses ennemis
Toujours soumis.
Grand Dieu, sauvez le roi !
Grand Dieu, vengez le roi !
Vive le roi !

L’hymne anglais, qui aurait donc adapté les paroles françaises au rythme musical, s’exprime ainsi :

Dieu sauve notre roi,
Et fais-lui de longs jours !
Dieu sauve le roi !
Fais-le victorieux
Et glorieux !
Qu’il règne longtemps !
Dieu sauve le roi !

Cette analogie dans le rythme et dans l’idée a pu amener ce rapprochement et créer la légende. D’après ceux qui l’ont propagée — sans preuves —, Haendel aurait entendu les jeunes filles exécuter ce cantique ; il aurait demandé la permission de le copier et, de retour en Angleterre, en aurait fait hommage au roi Georges.

Jean-Baptiste Lulli, par Augstin de Saint-Aubin
Jean-Baptiste Lulli, par Augustin de Saint-Aubin

Naturellement, l’orgueil britannique se refuse à accepter de croire que son chant national est un air français écrit pour des petites filles ; mais il faut convenir qu’une certaine obscurité enveloppe la naissance de ce chant et crée ainsi une atmosphère favorable aux légendes.

Ce qui n’est pas douteux, c’est l’origine des paroles du chant anglais : elles sont de Carey, fils naturel du marquis d’Halifax, qui eut une existence tourmentée et, de dégoût, finit par le suicide. En 1741, l’Angleterre était en guerre contre l’Espagne : elle lui disputait les Antilles. L’amiral Vernon, qui jouissait d’une réputation considérable, s’était embarqué avec la mission de détruire tous les établissements espagnols. Il alla droit à Porto-Bello, dont il s’empara. La nouvelle de cette victoire, qui ne fut que précaire, fut à Londres source de liesse.

Le poète Carey, gagné par l’enthousiasme, improvisa dans une taverne, à Dornhyll, à l’occasion d’un banquet en l’honneur de l’amiral victorieux, ces couplets qui tenaient plus du cantique que du chant populaire. Dans la version initiale, Carey disait : God save our Lord the King (Dieu sauve notre seigneur le roi), qui devint : God save great George our King, après la révolte de 1745, quand on sentit le besoin d’affirmer un loyalisme qui n’allait pas sans une pointe de mysticisme biblique. C’est en octobre 1745 que ce chant paraît pour la première fois dans sa forme définitive.

Cet historique, jusqu’à présent, n’infirme en rien la légende répandue, et qui attribue l’air national anglais à Lulli. Carey, plus poète que musicien, a improvisé ses couplets sur des airs populaires : c’est donc l’origine de ces airs qu’il convient de rechercher.

Un Dr Brewex a cru pouvoir affirmer que le God save the King avait été composé en 1605 par Dr John Bull, à l’occasion de la découverte de la conspiration des poudres. Le manuscrit original serait encore à Anvers, où, sous le règne de Jacques II, Bull devint organiste de la cathédrale. Encore qu’il soit très flatteur pour des Anglais d’apprendre qu’ils doivent leur doivent leur air national à John Bull, cette thèse n’est pas encore la vérité officielle. C’est une vérité d’essai et en quelque sorte d’attente.

Mais en tout cela nous ne voyons pas Haendel mis en cause dans la légende française : il va venir. Comme il est indéniable que Carey ne savait point les principes de la composition, il faut donc admettre qu’il se fit aider par un collaborateur plus instruit. Il s’adressa, selon toutes vraisemblances, à Smith, qui était secrétaire ou copiste d’Haendel et rien ne serait moins surprenant que des retouches faites par l’illustre compositeur, mis au courant de cette collaboration.

 
 
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