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Appauvrissement du vocabulaire et emploi des mots truc et machin

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Brèves d’Histoire
Brèves d’Histoire de France : bribes et miettes historiques utiles à une meilleure connaissance de notre passé
Appauvrissement du vocabulaire :
signe d’une apathie cérébrale ou
conséquence d’un manque d’éducation ?
(D’après « Les Annales politiques et littéraires », paru en 1925)
Publié / Mis à jour le dimanche 3 mai 2015, par LA RÉDACTION
 
 
 
En 1925, un chroniqueur des Annales politiques et littéraires s’indigne, non sans humour, de l’appauvrissement du vocabulaire de ses contemporaines, observant avec consternation leur propension à employer avec une déconcertante facilité les mots truc ou machin au lieu de s’ingénier, pour ne pas dire s’épuiser — puisque cela semble relever de l’effort surhumain — à puiser dans la richesse de la langue française... Paresse ? Manque d’éducation ? Tour d’horizon des hypothèses les plus plausibles...

On entend assez souvent, déplore le professeur strasbourgeois agrégé d’histoire et essayiste André Lichtenberger, une charmante jeune femme dire à une autre : « J’adore votre petit truc. » A quoi l’autre répond : « Vous savez, ces machins-là, rien n’est plus facile que de les choser soi-même. » Et notre chroniqueur d’avouer combien ces manières de parler l’horripilent, lui apparaissant comme autant de signes de neurasthénie, d’ignorance, de défaut d’éducation, n’hésitant pas à voir en cette incapacité de trouver les mots la traduction la plus manifeste et la plus inquiétante de la fatigue cérébrale menant à l’anémie et conduisant au cabanon.

À moins, toutefois, que ces défaillances de mémoire n’aient leur véritable origine dans une certaine insuffisance de leur instruction primaire, poursuit-il. Apprendre des mots est l’un des premiers signes de l’éveil de l’intelligence. L’homme qui dispose de beaucoup de mots s’avère un esprit cultivé. Une indigence excessive de vocabulaire traduit presque toujours une indigence spirituelle. Il y a des chances pour que la jeune personne dont l’effort cérébral ne va plus jusqu’à pouvoir articuler : « Je vais essayer mon chapeau », mais se borne à marmotter en bâillant de façon vaseuse : « Je vais choser mon machin », n’ait pas d’excès de bagage intellectuel.

Émile Littré (1801-1881), connu pour son Dictionnaire de la langue française
Émile Littré (1801-1881), connu pour son Dictionnaire de la langue française (1863-1872)

A moins que ce qui lui manque ne soit plutôt un sentiment élémentaire des égards dus à notre prochain. Certaines affectations de nonchaloir verbal ont tout juste la grâce du malotru qui trouve trop fatigant de céder sa place dans l’autobus, d’ôter son chapeau dans la rue, ou de tirer sa cigarette du coin de la lèvre pour dire bonjour. Il y a, dans ces négligences, de la goujaterie. C’est une manière de signifier à l’interlocuteur :

— La dignité de ma personne et de mes occupations m’élève trop au-dessus de vous pour que je m’impose le minuscule effort de vous parler d’une manière intelligible. A vous de vous hausser jusqu’à moi, si vous voulez que je daigne poursuivre l’entretien.

En somme, c’est, parmi tant d’autres, un des symptômes du laisser aller général, de la mauvaise tenue, qu’il convient d’affecter quand elle ne nous est pas naturelle, du débraillé démocratique.

La parole est le propre de l’homme. Bien parler est un des signes de la culture et un des agréments de la vie de société. Jargonner est un acte de sabotage ou un signe de déchéance. Mesdames, daignez, pour votre faible part, contribuer, selon vos forces, au maintien du joli parler de France. Il traverse de bien tristes jours ! s’exclame le chroniqueur en guise de conclusion.

 
 
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