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Triste sort des Acadiens français devenus sujets britanniques. Déportation des Acadiens

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Anecdotes insolites
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Triste sort des Acadiens français
devenus sujets britanniques
(D’après « La Grand’goule », paru en 1930)
Publié / Mis à jour le mercredi 22 janvier 2014, par LA RÉDACTION
 
 
 
Devenus sujets britanniques en 1713, les Acadiens français sont rapatriés en France à partir de 1763, près de dix ans après que l’Angleterre, leur ayant intimé de prêter un serment d’allégeance absolu à la couronne britannique, ait initié leur massive déportation en Amérique du Nord et en France. Mais le retour à la mère-patrie est loin de correspondre à leurs attentes...

Par le traité d’Utrecht, en 1713, Louis XIV céda à l’Angleterre le territoire le plus prospère de la Nouvelle-France, l’Acadie, plus tard Nouvelle-Ecosse. Or, les Acadiens n’admirent jamais qu’on put ainsi disposer d’eux sans leur consentement.

Lecture de l'ordre d'expulsion des Acadiens en 1755
Lecture de l’ordre d’expulsion des Acadiens en 1755
Peinture de Charles William Jefferys

Venus pour la plupart de l’Ouest de la France, et notamment des environs de Loches et de Chinon, ils étaient extrêmement attachés à la mère-patrie. Ils portaient d’ailleurs des noms bien familiers : Blanchard, Brault, Guillot, Leblanc, Morin, Poirier, Roy, Thibaudeau. L’Anglais ne pouvant les assimiler ne trouva rien de mieux que de s’en débarrasser : les Acadiens furent arrêtés en masse, traqués, déportés, leurs maisons brûlées, leurs biens pillés.

A la paix de 1763, Choiseul s’employa à rapatrier en France tous ces malheureux, qui depuis huit ans gémissaient dans les prisons anglaises. On leur accorda à tous individuellement une solde journalière de 6 sols, comme aux pensionnés de la marine, — effort considérable pour l’époque si l’on songe qu’une famille chargée de cinq enfants recevait 42 sols par jour, alors qu’un journalier agricole n’en gagnait que neuf. En outre, on leur promit des terres qui seraient une juste compensation aux pertes énormes qu’ils avaient subies en Acadie.

C’est ainsi qu’en 1773, 1472 d’entre eux furent envoyés dans le Châtelleraudais où, sous la direction du Marquis de Pérusse des Cars et de l’intendant Blossac, on devait fonder pour eux une importante colonie agricole.

Le Poitevin qui s’est rendu en automobile à la Roche-Posay n’a pas manqué de remarquer entre Archigny et la forêt de Pleumartin une route toute droite allant vers la Puye et Saint-Savin : c’est « la Grand’Ligne Acadienne ». A cette place, il y avait alors des brandes immenses s’étendant jusqu’en Berry, et c’est sur ces brandes que l’on se proposait d’installer l’établissement acadien, lequel devait comprendre cinq villages de trente fermes chacun. Mais on ne construisit en tout et pour tout que 57 habitations.

Comme il n’y en avait que quinze d’achevées à l’arrivée des réfugiés en novembre 1773, on logea ceux-ci un peu partout aux environs. La moitié au moins resta à Châtellerault, le reste fut dispersé dans les bourgs voisins : Monthoiron, Leigné-les-Bois, Archigny et même Chauvigny. Un instant on avait même songé à les mettre dans l’ancien collège du Puygarreau, à Poitiers.

On devine sans peine la déception de ces pauvres gens habitués à cultiver des terres d’alluvions extrêmement fertiles, et dont la plupart étaient d’ailleurs marins ou pêcheurs. On imagine aussi leur état d’esprit après vingt ans d’un martyre sans nom. Malgré le dévouement du marquis de Pérusse des Cars et de l’intendant Blossac, malgré la sollicitude de Turgot, on ne put les décider à travailler au défrichement des brandes.

Dès 1774, un certain nombre demandèrent à retourner dans les ports de mer. On essaya en vain de retenir les laboureurs ; « travaillés » par des agents de l’Espagne et de l’Angleterre, découragés par les naturels du pays qui voyaient d’un mauvais oeil la mise en culture des brandes, ils firent tant qu’on consentit à leur transfert à Nantes. En 1775 et 1776, 1349 d’entre eux reprirent à Châtellerault les bateaux de la Vienne, qui les avaient amenés. D’autres les imitèrent en 1782.

Finalement, le gouvernement espagnol négocia avec Necker, puis Calonne, leur établissement en Louisiane. Ce qui explique que les descendants des exilés Acadiens soient aujourd’hui très nombreux en Amérique, tant au Canada qu’aux Etats-Unis. En Poitou, ne restèrent que quelques familles seulement, qui, par des mariages ultérieurs, s’allièrent aux familles aisées des habitants de la Gâtine. Celles-là furent d’ailleurs très favorisées, puisque chaque Acadien ou fils d’Acadien, reçut en propre une des habitations déjà construites et 17 ha de terres attenantes.

 
 
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