Histoire de France, Patrimoine, Tourisme, Gastronomie, Librairie
LE 18 janvier DANS L'HISTOIRE [VOIR]  /  NOTRE LIBRAIRIE [VOIR]  /  NOUS SOUTENIR [VOIR]
Histoire France, Patrimoine, Gastronomie, Tourisme


« Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du
peuple avant qu'il ne les ait oubliées » (C. Nodier, 1840)


REJOIGNEZ-NOUS sur VK, le
réseau social alternatif à Facebook !

Coutumes et traditions. Jeux de balle, pelote, paume - Histoire de France et Patrimoine


Vous êtes ici : Accueil > Coutumes, Traditions > Jeux de balle, de pelote et de (...)

Coutumes, Traditions

Origine, histoire des coutumes, traditions populaires et régionales, fêtes locales, jeux d’antan, moeurs, art de vivre de nos ancêtres


Jeux de balle, de pelote et de paume
au fil des siècles
(D’après « Le Petit Journal : supplément du dimanche », paru en 1907)
Publié / Mis à jour le vendredi 21 août 2015, par LA RÉDACTION

 
 
 
Les sports de souplesse, de force et d’adresse que sont les jeux de balle, de pelote et de paume sont, peut-on dire, de véritables jeux de France, car s’il est vrai que le tennis nous vient d’Angleterre, où il était déjà en faveur au XVIe siècle, il n’est pas moins certain que, chez nous, on jouait à la paume de temps immémorial

Ce n’est point à dire, cependant, que ces jeux soient nés sur notre sol. La balle, au contraire, est aussi vieille que le monde. Hérodote en attribue l’invention au peuple lydien. Au temps d’Homère (VIIIe siècle avant J.-C.), ce jeu était fort en usage puisque, au VIe et au VIIIe livre de l’Odyssée, le poète montre ses héros s’y divertissant.

Les Grecs et les Romains connurent non seulement la balle, mais encore le ballon. Martial décrit un jeu de ballon dans lequel les joueurs se livraient de véritables combats pour se saisir de la balle, se l’arrachant des mains, se poussant les uns les autres, se donnant des coups de pied et des coups de poing et se renversant par terre... Nous joueurs de football n’ont rien inventé.

Jeu de balle à la raquette (jeu de paume)
Jeu de balle à la raquette (jeu de paume)

Bref, la balle fut en grande faveur chez tous les peuples, en Europe comme en Asie. Les opulents patriciens de Rome avaient, dans leurs palais et leurs villas, de grands espaces découverts consacrés au jeu de paume. La plupart des rois de France, prenaient plaisir à ce jeu. Charles IX, Henri III y jouaient avec leurs courtisans et leurs mignons.

Les femmes elles-mêmes s’y montraient expertes, s’il faut en croire ce passage des Annales du Hainaut de Vinchant : « Durant le séjour de trois semaines que Philippe le Bon, duc de Bourgogne, fit à Paris, en 1429, il y vint une jeune fille de vingt-huit ans, appelée vulgairement Margot du Hainaut. Icelle provoqua au jeu de paulmes tous joueurs avec ses habits de femme ; elle jouait de l’avant-main, de l’arrière, très puissamment, très malicieusement et très habillement. A raison de quoi elle fut en grand bruit en France ; elle estoit choyée de seigneurs et petits compagnons. Elle retourna en son pays avec la bonne somme de deniers qu’elle gagna... »

Le mot balle n’existait pas alors dans le sens où il est employé aujourd’hui. Ce divertissement était désigné sous le nom de jeu de paume en France et de jeu d’éteuf dans nos provinces septentrionales. C’est ce dernier nom qui désigna primitivement la balle ; et, dans les vieilles cités de Picardie, de Flandre, d’Artois et de Hainaut, il y eut jadis plus d’un cabaret qui porta pour enseigne : A l’Eteuf d’argent.

En bon Barnais qu’il était, Henri IV aimait la paume ; il y était, paraît-il, d’une force peu commune ; et c’était le divertissement le plus répandu à la cour, de son temps. Faut-il ajouter que Napoléon Ier, lui aussi, tenait ce jeu en grande estime et qu’il employa parfois ses rares loisirs à y jouer, avec ses officiers, aux Tuileries et à la Malmaison ?...

Jusqu’au XVe siècle, on jouait à la balle avec la paume de la main. De là le nom de paume qu’avait pris ce jeu. La raquette fit son apparition à cette époque. Guillaume Coquillart, un poète du milieu de ce siècle, parle de cet instrument :

Se semblent raquettes cousues
Pour frapper au loin un esteuf.

Cent ans plus tard, le lawn-tennis passait le détroit, et, tout de suite, le jeu de balle à la raquette trouvait en France grande faveur. Le frivole XVIIIe siècle aimait ce divertissement que l’abbé Delille a décrit dans son poème de la Conversation :

La balle, dans ce jeu, volant de main en main,
Court, tombe, se relève et reprend son chemin
(...)
Sans cesse allant, venant, revenant tour à tour,
Exacte à son départ, exacte à son retour,
Avec la même ardeur et par la même voie,
Chaque parti l’attend, l’arrête et la renvoie.

Aujourd’hui, le jeu de balle, sous toutes ses formes, n’a rien perdu de son antique faveur. Au contraire. Le pays basque a élevé son sport favori à la hauteur d’une institution. Les grands joueurs, les maîtres en l’art de manier cette longue corbeille creuse et recourbée qui s’appelle, de ce beau nom sonore, le « chistera », et dans laquelle ils reçoivent et renvoient la pelote avec une incroyable adresse, sont traités à l’égal des matadors célèbres dans les plazas espagnoles.

Jadis, ils se contentaient de la renommée qui portait leurs noms à travers le pays et même tra los montes, mais, à présent, ils sont devenus de véritables professionnels, et, comme tels, ils visent à la fortune. Les prix des luttes qui, autrefois se donnaient en nature, sont aujourd’hui de bon argent. Tels les acteurs en renom, les pelotari contractent de superbes engagements. Il en est même qui, appelés par les Basques émigrés en Amérique du Sud, où ils se sont enrichis, ont acquis là-bas de quoi vivre en paix le reste de leurs jours.

Quoi d’étonnant à cela ? Tout basque vient au monde joueur de pelote. Les officiers qui commandaient le bataillon des chasseurs basques, pendant les guerres de la Révolution, dans les Pyrénées, rapportaient que, après des courses et des ascensions folles à travers les montagnes, après qu’ils s’étaient battus comme des lions, soit aux Aldudes, soit à Baïgorry, soit encore au camp d’Espéguy, le premier soin de leurs hommes, en arrivant au bivouac, avant même de penser à la soupe, c’était de faire une partie de pelote...

Joueurs de pelote à chistera
Joueurs de pelote à chistera

Il n’est point de sport qui mette en pareil relief l’harmonie du corps humain. Le joueur de pelote accomplit, naturellement et sans recherche, des merveilles de souplesse. Tantôt il se ramasse sur lui-même, tantôt il se détend et paraît s’allonger avec des mouvements de félin, mais toujours il prend des poses plastiques qui rappellent les plus belles, les plus nobles, les plus gracieuses attitudes des statues d’athlètes de l’antiquité.

La paume était aussi en honneur en plus d’une région française. Quant à la balle, elle est la spécialité des villes du Nord et de la Belgique. Les joueurs se servent de gants un peu plus grands que la main, formés de plusieurs peaux superposées, et d’une balle petite, mais extrêmement dure, remplie de sable et de cailloux minuscules. Là aussi, les populations se passionnent pour ce divertissement populaire.

Les joueurs fameux sont également les enfants gâtés de la foule. On rapporte que, sous l’Empire, un joueur valenciennois, nommé Prosper, étant tombé à la conscription, ses admirateurs se cotisèrent pour lui acheter un remplaçant. Bien mieux, ils chargèrent un des peintres les plus célèbres de la ville de peindre le portrait de leur favori, afin que le musée municipal conservât à jamais le souvenir de cette illustration locale.

Les mineurs avaient un penchant tout spécial pour le jeu de balle. En parcourant les houillères du Nord pendant la saison d’été, on trouvait des parties de bal organisées dans tous les villages. La partie d’Anzin était renommée entre toutes, et il n’était fête ni « ducasse », dans le grand centre minier, sans quelque grande lutte franco-belge.

En 1906, le roi d’Angleterre, se trouvant en villégiature à Biarritz, assista à plusieurs parties de pelote basque, notamment à Sarre, le célèbre village de « Ramuntcho », et prit à ce jeu le plus vif plaisir. Les joueurs de balle d’Anzin, eux, n’eurent jamais la chance de jouer devant une tête couronnée ; mais, à défaut de ceux d’un roi, ils eurent naguère, et à plusieurs reprises, les suffrages d’un président de la République.

Thiers, en effet, lorsqu’il venait à Anzin prendre part au conseil de régie de la Compagnie des mines, ne manquait jamais d’assister aux luttes qui se déroulaient sur le « ballodrome » anzinois. Un jour de l’été 1873, comme les Belges avaient remporté la victoire, il voulut remettre lui-même la traditionnelle balle de vermeil au joueur qui avait décidé du gain de la journée, un brave Bruxellois nommé Amédée Dchandschutter. Aux applaudissements frénétiques des mineurs, qui couvraient la place, le joueur fut amené au balcon de l’Hôtel de ville, où le président de la République lui dit quelques paroles bien senties en lui remettant le prix de son adresse. Et l’excellent Amédée, tout ému, répondit : « Merci, monsieur le maire. » Il avait pris Thiers pour le maire d’Anzin.




Histoire de France :
l'indispensable pour devenir incollable

2000 ans d'Histoire de France en 150 pages
Présentation / Commande : CLIQUEZ ICI
 
 

 

 

 

Prolongez votre voyage dans le temps avec notre
encyclopédie consacrée à l'Histoire de France

Choisissez un numéro et découvrez les extraits en ligne !

 

 

 

 Révolution dite française : fille des Illuminés de Bavière et de la franc-maçonnerie ?
 
 Règles de bienséance et de politesse d'après un traité de 1628
 
 Mutilation de l'Histoire de France : détruire le passé pour glorifier le monde nouveau
 
 Charlemagne se fait voleur par ordre de Dieu
 
 Des bibliothèques dans les trains ?
 
 Blason féodal : né au XIIe siècle de la nécessité d'authentifier les actes
 
 L'ENCYCLOPÉDIE du temps jadis
    > Cliquez ici
 
BON À SAVOIR
 Avoir perdu ses gants
 
 Aide-toi, le ciel t'aidera
 
MANIFESTATIONS
 Henri IV et la fabrication de son image de roi
 
 Au milieu des Nymphéas de Claude Monet : immersion virtuelle au musée de l'Orangerie
 
 
 
 
 
 

 


Les plus récents
 
 Corsaires : des pirates « de métier » ?
 
 Cartes de voeux : reflets des moeurs de leur époque
 
 Tradition du jour des Rois et galette de l'Épiphanie
 
 Etrennes (Le temps des) et tentative de suppression par l'Assemblée nationale constituante en 1789
 
 
Et puis aussi...
 
 Chandeleur (La) d'autrefois et l'indispensable rituel des crêpes
 
 Procession de la Lunade depuis 1340 pour conjurer peste et famine
 
 Fête de la Saint-Siffrein à Carpentras (Vaucluse) : un hommage vieux de cinq siècles
 
 Confrérie des Pénitents blancs
 
 
Plus d'articles...
 
 Voir les 298 ARTICLES

 

Suivre notre Pinterest

 

Vous pouvez opter pour un montant libre
Votre don nous est précieux : EN SAVOIR +

 

 

     

 
 

Retrouvez toute L'HISTOIRE DE FRANCE avec l'Encyclopédie du temps jadis

 
Copyright © 1999-2019 LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270. N° CNIL 824 842. N° Siret 481 246619 00011. Code APE 913E

La France pittoresque et Guide de la France d'hier et d'aujourd'hui sont des marques déposées.
Site déposé à l'INPI
 
Recommandé notamment parMAISON DU TOURISME FRANÇAIS dès 2003Maison de la FranceALLIANCE FRANÇAISEAlliance Française
 
Mentionné notamment parSIGNETS DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCESignets de la Bibliothèque Nationale de FranceMINISTÈRE DE LA CULTUREMinistère de la Culture
 
Services La France pittoresque
 
Noël au coin de l'Histoire : boutique d'ouvrages pour vos cadeaux de fêtes de fin d'année
 
LA FRANCE PITTORESQUE : 1 - Guide en ligne des richesses de la France d'hier et d'aujourd'hui depuis 1999 : Histoire de France, patrimoine historique et culturel,
gîtes et chambres d'hôtes, tourisme, gastronomie. 2 - Magazine d'histoire 36 pages couleur depuis 2001, une véritable encyclopédie de la vie d'autrefois


Magazine

Encyclopédie

Blog

Facebook

Google +

Twitter

VK

Heypster

Vero

Pinterest

Tumblr

Instagram

YouTube

Librairie

Paris pittoresque

Prénoms

Services