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29 mai 1814 : mort de l'impératrice Joséphine

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29 mai 1814 : mort de l’impératrice Joséphine
Publié / Mis à jour le samedi 28 mai 2016, par LA RÉDACTION
 

Joséphine (Marie-Rose Tascher de la Pagerie), impératrice des Français, reine d’Italie, née à Saint-Pierre de la Martinique le 23 juin 1763, vint en France, toute jeune encore, pour épouser le vicomte Alexandre de Beauharnais, suivant un arrangement conclu entre les deux familles, lorsque le marquis de Beauharnais commandait aux Antilles en qualité de gouverneur général. Madame de Beauharnais, dès qu’elle parut à Versailles, captiva tous les suffrages par cette bienveillance et cette politesse exquise qui plus tard devaient rallier tant de vœux à sa haute fortune.

Deux enfants sortirent de son mariage, Eugène et Hortense ; mais quoique retenue par les liens les plus forts, et les délices de la cour, dont la future impératrice aimait à s’enivrer, elle retourna, en 1787, dans l’île natale, où la rappelait sa tendresse pour une mère accablée sous le double poids de la vieillesse et des souffrances. Après un séjour de trois années à la Martinique, elle en repartit à la hâte, échangeant, sans le savoir, les troubles qui la chassaient de cette colonie contre les orages de la révolution française.

Joséphine de Beauharnais, par François Gérard
Joséphine de Beauharnais, par François Gérard

De grandes épreuves attendaient son courage à cette époque de terrible mémoire. Ses sollicitations intrépides parvinrent quelquefois à sauver de la mort des condamnés au Tribunal révolutionnaire ; mais elle eut la douleur de voir entraîner son propre mari à l’échafaud. Madame de Beauharnais, qui se trouvait elle-même en prison, ne recouvra la liberté qu’après le 9 thermidor, par les actives démarches de Tallien. Elle n’oublia jamais ce bienfait d’un homme que ses secours, ses privations préservèrent de la misère.

Cependant des jours moins sombres se levaient pour la France. Déjà, grâce aux efforts de Barras, madame de Beauharnais était rentrée dans une partie des biens de son mari. Tandis qu’elle se livrait de nouveau à tout son goût pour la société, le moment vint ou le hasard, commençant d’accomplir la prédiction d’une négresse qui, dans son enfance, lui avait promis la couronne, fit connaître à Joséphine l’immortel capitaine à la destinée duquel elle devait s’associer pour monter avec lui sur le trône de France.

La Convention avait décrété le désarmement général de toutes les sections de Paris. Quelques jours après le 13 vendémiaire (4 octobre 1795), un enfant se présenta à l’état-major de la place pour réclamer l’épée de son père qui avait été général de la république. Cet enfant était Eugène. Bonaparte ne fit point difficulté d’accorder une demande de cette nature, et le jeune Beauharnais s’étant mis à pleurer à la vue de l’épée qu’on lui rendait, Bonaparte, touché de ses larmes et de la candeur de son âge, lui témoigna tant de bienveillance, que madame Beauharnais se crut obligée de se rendre en personne auprès de lui pour lui adresser des remerciements. La grâce pénétrante de Joséphine, ses manières d’une séduction toute puissante, firent sur le cœur de Bonaparte, alors âgé de vingt-six ans, une impression si profonde, qu’il éprouva impérieusement le besoin de la voir sans cesse, et qu’enfin, de plus en plus épris de ses charmes et de sa douceur, il l’épousa le 9 mars 1796.

Si cette union, destinée à recevoir tant d’éclat, ne fut pas exempte de tout calcul, il est hors de doute qu’elle s’accomplit aussi sous les auspices d’une véritable passion, quelque difficile qu’il soit de se représenter le conquérant de l’Europe rentrant par ce point dans le cercle commun de l’humanité. Mais les lettres qu’il écrivait à sa femme existent ; elles sont empreintes d’un amour qui tient du délire, et quelquefois d’une exaltation toute chevaleresque. Ainsi le général en chef des armées de la république française en Italie, oubliant un instant les grands intérêts dont il était chargé, ne songe plus à vaincre que pour consoler une femme que les périls de la guerre l’obligent d’éloigner de sa personne.

Il s’écrie : « Wurmser paiera cher les larmes qu’il te fait répandre. » Probablement Wurmser aurait encore été battu sans les larmes de Joséphine. Elle était venue rejoindre son mari ; mais forcée de le quitter devant Mantoue, elle gagna Lucques à travers beaucoup de dangers, et y fut l’objet des plus grands honneurs. Le même accueil l’attendait à Gênes ; enfin les hommages qui l’entouraient, et qu’elle recevait avec une aisance parfaite, avec ces mots heureux auxquels une haute position sociale donne tant de relief, devinrent presque le tribut d’une cour quand elle habita le château de Montebello, où se poursuivirent les négociations qui amenèrent le traité de Campo-Formio.

Femme du général Bonaparte, du premier consul et de l’empereur Napoléon, Joséphine fut constamment la même, affable, généreuse, bienfaisante. Sur le trône, elle régna par le droit que les peuples hésitent le moins à sanctionner, celui des grâces et de la bonté. Sa vie fut en quelque sorte une série continue de bonnes actions, et d’elle il eût été vrai de dire que personne ne l’allait voir sans revenir heureux. Les infortunés, sans distinction de partis, la vénéraient, à l’égal d’une Providence toujours prête à user de la puissance suprême pour adoucir leurs maux.

Un grand nombre d’émigrés obtinrent leur radiation, leur réintégration dans leurs propriétés par son entremise, et c’est à ses larmes que MM. de Polignac et de Rivière, impliqués dans la conspiration de Georges Cadoudal, durent de ne pas porter leur tête sur l’échafaud. L’impératrice exerça un empire dont son mari lui-même pouvait être jaloux. « Si je gagne les batailles, lui disait-il, c’est vous qui gagnez les cœurs. » Ainsi Joséphine était doublement nécessaire à Napoléon, dont elle connaissait le caractère, et qu’elle savait captiver avec un art qu’il s’est plu souvent à reconnaître. Cependant, porté au faîte des prospérités humaines, il ne comprit pas que c’était assez pour lui de posséder dans son épouse le charme de sa vie domestique et l’ornement de sa cour. Napoléon voulait une dynastie, et, comme Joséphine ne lui donnait pas d’enfants, le divorce fut résolu.

Quoique d’officieux valets de l’empereur eussent pris le soin de faire entrevoir d’avance à l’impératrice qu’une rivale plus heureuse occuperait un jour sa place, Joséphine ne se prépara pas sans larmes, sans de pénibles combats, à descendre vivante les degrés du trône. Toutefois le moment de cette cruelle épreuve ne la trouva pas indigne de sa vie passée ; elle accepta sa répudiation comme un moyen de payer tous les bienfaits de son époux, comme un sacrifice qu’elle croyait nécessaire au bien de la nation. Joséphine, retirée à la Malmaison, se consacra tout entière à la culture des arts qu’elle n’avait cessé de protéger sur le trône, à l’étude de la botanique, et surtout à des œuvres de bienfaisance et de charité qui lui méritèrent le surnom de mère des pauvres.

Ce sont les pauvres en effet qui formèrent la plus grande partie de son cortège funèbre ; et cette pompe valait bien celle qui accompagne les souverains de la France aux sépultures royales de Saint-Denis. La chute de Napoléon avait fortement ébranlé l’âme de Joséphine. Si quelque chose peut ajouter à son éloge, c’est l’opinion générale qu’elle eût été d’un puissant secours à son époux, et peut-être une sauve-garde au milieu des désastres des deux dernières années de l’empire. Alexandre et le roi de Prusse vinrent la visiter à la Malmaison. Tandis qu’elle recevait Frédéric-Guillaume, elle sentit redoubler ses souffrances, et fut obligée de se mettre au lit ; trois jours après, elle avait cessé de vivre. Ses restes mortels ont été déposés dans l’église de Rueil.

Napoléon, à Sainte-Hélène, s’est entretenu plus d’une fois avec ses compagnons d’exil de l’impératrice Joséphine. Il paraît que le défaut qu’il avait le plus de peine à lui pardonner, était l’amour du luxe et le goût de la dépense. Il rendait d’ailleurs une entière justice à la tendresse inaltérable, aux excellentes qualités, à l’esprit supérieur de sa première femme ; et, sur le rocher qui devait le dévorer, il disait : « Un fils de Joséphine m’eût été nécessaire et m’eût rendu heureux, non seulement comme résultat politique, mais encore comme douceur domestique. Comme résultat politique, je serais encore sur le trône, car les Français s’y seraient attachés comme au roi de Rome, et je n’aurais pas mis le pied sur l’abîme couvert de fleurs qui m’a perdu. » L’expérience l’avait éclairé, mais il n’était plus temps.

 
 
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