Éphéméride, événements Les événements du 8 mai. Pour un jour donné, découvrez un événement ayant marqué notre Histoire. Calendrier historique 8 mai 1429 : Jeanne d’Arcdélivre Orléans assiégée par les Anglais Publié / Mis à jour le vendredi 8 mai 2026, par Redaction Temps de lecture estimé : 4 mn Orléans semblait vouée à tomber sous la pression anglaise. Mais l’entrée de Jeanne d’Arc renverse le cours du siège : par son ascendant, son étendard et l’élan qu’elle insuffle aux troupes, la Pucelle transforme une ville assiégée en symbole éclatant de délivrance nationale, avant d’ouvrir la route de Reims à Charles VII. C’était au temps des grandes détresses, alors que le lys de France, flétri par de longs revers, semblait devoir s’incliner à jamais sous le léopard britannique. Depuis sept mois, la cité d’Orléans, dernier rempart de la couronne, étouffait sous l’étreinte des bastilles anglaises. Mais, par une grâce que les historiens nomment prodige, Jeanne d’Arc allait en quatre jours briser ce cercle de fer. En 1428, un roi d’Angleterre se trouvait assis sur le trône de France ; le royaume était presque tout entier au pouvoir des Anglais ; il ne restait à Charles VII, héritier légitime de la couronne, que la ville d’Orléans, vivement pressée par ses ennemis, et dont la prise allait consommer la révolution, qui faisait de la France une province d’Angleterre. Une jeune fille âgée de dix-huit ans, née de parents pauvres à Domremy, proche Vaucouleurs, va trouver Charles VII à Chinon, et lui dit qu’elle est envoyée de Dieu pour faire lever le siège d’Orléans, et ensuite le faire sacrer à Reims : c’étaient là les deux uniques points de sa mission ; le second était encore plus difficile que le premier, car il s’agissait de traverser quarante lieues de pays occupés par les ennemis. Jeanne d’Arc au siège d’Orléans. Peinture de Jules Lenepveu (1886) Afin de s’assurer de la mission de Jeanne, la belle-mère du roi la fit examiner, en sa présence, par des sages-femmes, qui la trouvèrent vierge ; elle passa ensuite à l’examen des docteurs, qui la trouvèrent inspirée. Le parlement, séant alors à Pontoise, lui demanda un miracle, pour preuve de sa mission : « J’en ferai à Orléans, répondit Jeanne. » Elle se rendit à Blois où l’on préparait un convoi pour Orléans ; la jeune héroïne rassembla quelques prêtres, dont elle forma un bataillon sacré qui marcha à la tête des troupes, en chantant des hymnes que les soldats répétaient avec transport. Tous la croyaient inspirée ; tous semblaient inspirés à leur tour. Le convoi était constitué de six mille hommes. Avant que ne retentît le premier cri de guerre de la délivrance, la cité d’Orléans offrait le spectacle d’une place aux abois, enserrée dans un réseau de fer et de bois. Pour bien saisir la portée de l’œuvre de Jeanne, il convient de se représenter la disposition des forces en cette fin avril 1429. L’ennemi anglais n’encerclait pas la ville d’une muraille continue, ce qui eût exigé une armée immense, mais il la tenait sous son joug par une ceinture de bastilles, une sorte de forts de terre et de gros madriers de chêne, disposées aux points névralgiques. À l’ouest, la plus redoutable était la bastille de Saint-Laurent ; au sud, sur la rive gauche, les Anglais occupaient le complexe fortifié des Tourelles et des Augustins, barrant ainsi le passage du pont. À l’est, la bastille de Saint-Loup veillait, telle une sentinelle jalouse, sur les eaux de la Loire. Entre ces forteresses, les patrouilles anglaises coupaient les routes, espérant réduire les Orléanais par la famine plutôt que par l’assaut. C’est par un coup d’audace, mêlé à ce que les chroniqueurs de l’époque virent comme un signe du Ciel, que Jeanne fit son entrée. Arrivant par la Sologne (rive gauche) avec un convoi de vivres et de bétail, elle fit face à un obstacle de taille : le vent soufflait violemment contre les barques qui devaient transporter le ravitaillement. C’est alors que se produisit le premier prodige : sous les yeux du Bâtard d’Orléans (le futur Dunois), le vent tourna soudainement, devenant favorable aux voiles françaises. Les barques purent ainsi remonter le fleuve sans être inquiétées par les canons de la bastille de Saint-Loup. Jeanne d’Arc au siège d’Orléans. Lithographie de Frédéric Lix (1830-1897) Le soir du 29 avril, à la faveur de l’obscurité et pour éviter une escarmouche inutile, Jeanne, vêtue de son armure blanche et montée sur un destrier gris, pénétra dans Orléans par la Porte de Bourgogne, située à l’est et restée libre de tout investissement direct. Le peuple, muni de torches, l’accueillit comme si Dieu lui-même fût descendu dans leurs murs. Elle ne venait pas seulement avec des sacs de grain, elle apportait ce qui manquait le plus aux défenseurs : l’espérance. C’est depuis ce bastion intérieur, entourée de l’amour des citoyens et de la méfiance des vieux capitaines, qu’elle prépara les offensives foudroyantes de la première semaine de mai. Jusqu’alors, les chefs de guerre français temporisaient. Jeanne, que le peuple nommait déjà la Pucelle, sentit l’urgence de l’action. Alors qu’elle reposait, elle s’élança soudain, le 4 mai, vers la Bastille de Saint-Loup, située à l’est. Les Anglais y furent bousculés par une impétuosité nouvelle. Ce fut le premier coup porté à l’orgueil de l’ennemi : la route de Bourgogne était rouverte, et l’espoir changeait de camp. Traversant la Loire avec une poignée de braves, Jeanne fit porter l’effort sur la rive gauche. Là, les Anglais s’étaient retranchés dans le vieux couvent des Augustins. Malgré le feu nourri et les hésitations des capitaines, la Pucelle, l’étendard au poing, entraîna les troupes. Les Augustins tombèrent le 6 mai, isolant la forteresse maîtresse des Anglais : les Tourelles. Le point d’orgue de cette épopée se joua le 7 mai au pied du pont des Tourelles, formidable porte fortifiée semblant imprenable. Dès l’aube, le fer et le feu s’y mêlèrent. C’est ici que Jeanne fut frappée d’un trait d’arbalète entre le cou et l’épaule. On la crut perdue. Mais, retirant elle-même le fer de sa chair, elle revint au crépuscule. À sa vue, les Anglais, saisis d’une terreur superstitieuse, crurent voir un ange ou un démon. La bastille fut prise par un double assaut, et les capitaines Glasdale et Moleyns périrent dans les eaux du fleuve. Le dimanche 8 mai, au lever du soleil, les habitants d’Orléans virent les troupes anglaises restantes, sous les ordres de Talbot et Suffolk, sortir de leurs bastilles de la rive nord. Ils se rangèrent en ordre de bataille dans la plaine du Renard, offrant une ultime fois le combat. Jeanne fit alors sortir l’armée française, mais, par respect pour le jour du Seigneur, elle interdit d’engager les hostilités. Sous ses ordres, on dressa un autel en plein champ. Les Français, à genoux, entendirent la messe face aux rangs serrés des Anglais qui observaient, immobiles, ce spectacle saisissant. Jeanne d’Arc, victorieuse des anglais, rentre à Orléans et est acclamée par la population le 8 mai 1429.Peinture de Jean-Jacques Scherrer (1887) À l’issue de l’office, Jeanne demanda : « Regardez si les Anglais ont le visage tourné vers nous, ou s’ils nous tournent le dos. » On lui répondit qu’ils s’éloignaient vers Meung-sur-Loire. « Laissez-les partir, dit-elle, il ne plaît pas au Seigneur qu’on les combatte aujourd’hui. Vous les aurez une autre fois. » Le siège était levé. Orléans, en liesse, célébrait sa délivrance, tandis que l’armée de Dieu, sans verser une goutte de sang en ce saint jour, voyait l’ennemi s’enfuir vers l’horizon. Ainsi s’acheva l’un des plus grands drames de notre histoire, où la foi d’une enfant l’emporta sur la force des armes. Jeanne marcha ensuite vers la ville de Reims, emportant toutes les places qui se trouvaient sur son passage, et chassant devant elle tous les escadrons ennemis. Reims ouvrit ses portes au roi, et l’héroïne assista au sacre, tenant l’étendard avec lequel elle avait combattu. Après avoir accompli les deux points de sa mission, la Pucelle d’Orléans voulut se retirer, mais on la pressa de rester ; elle eut le malheur de céder à ces instances ; et s’étant jetée dans Compiègne, dont les Anglais faisaient le siège, elle fut faite prisonnière dans une sortie et conduite à Rouen, où on lui fit son procès. On sait avec quelle barbarie les Anglais vengèrent leurs défaites, en la faisant brûler comme sorcière. 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