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29 mars 1794 : fin tragique de Condorcet, membre de l'Académie française, secrétaire de l'Académie des sciences et membre de la Convention

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29 mars 1794 : fin tragique
de Condorcet, secrétaire de
l’Académie des sciences et
membre de la Convention
Publié / Mis à jour le mercredi 27 mars 2013, par Redaction
 
 
Temps de lecture estimé : 2 mn
 

Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet, était né à Ribemont en Picardie, le 17 septembre 1743. Il cultiva avec succès les sciences exactes, et se lia d’une étroite amitié avec d’Alembert, dont le crédit lui ouvrit les portes de l’Académie française. Secrétaire de l’Académie des sciences, il se fit remarquer dans une place que les Fontenelle et les Mairan avaient rendue si difficile à remplir. Mais ses Eloges ne paraissent pas de nature à soutenir le parallèle avec ceux de Fontenelle, au dessus duquel l’esprit de parti seul a pu le placer.

Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet

Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet

En effet, celui-ci a su dominer, par la supériorité de son esprit, les matières les plus ingrates, et répandre sur les plus abstraites la clarté et les agréments du style, tandis qu’on a reproché au nouveau secrétaire, de l’aridité, un ton sentencieux et dogmatique, et quelquefois la morgue et l’humeur inséparables du genre polémique et des discussions politiques, auxquelles il s’était peut-être un peu trop livré sous les ministères de M. Turgot, dont il fut l’ardent défenseur, et de M. Necker, qu’il a constamment attaqué.

Après la mort de d’Alembert, il accueillit et encouragea, comme lui, les jeunes gens qui montraient quelque talent, surtout quand ils manifestaient des idées philosophiques. Mais l’espèce de patronat littéraire qu’avait exercé son ami, lui échappa, pour se partager entre Marmontel et l’infortuné Bailly, que le parti de d’Alembert avait réussi quelque temps à éloigner de l’Académie française.

Toujours occupé d’idées politiques, il prit, avant la Révolution, une grande part à la formation de cette Société des Amis des Noirs, piège que l’astuce britannique avait tendu à l’engouement français, et dont résulta la ruine de nos colonies. Membre de l’Assemblée législative et de la Convention, ses variations, ses écrits et sa conduite éloignèrent de lui ses anciens amis. Lié avec la Gironde, il partagea ses succès et ses revers.

Lorsque les Girondins eurent succombé dans une lutte trop inégale contre un parti qui ne reculait devant aucun crime, Condorcet se cacha quelque temps chez une femme généreuse, qui exposa sa vie pour garantir la sienne. C’est là qu’il composa son dernier ouvrage sur les Progrès de l’esprit humain.

Ayant appris par les journaux, qu’une loi barbare punissait de mort ceux qui donnaient asile aux proscrits, il dit à celle qui l’avait reçu : « Il faut que je vous quitte, je suis hors de la loi. — Si vous êtes hors de la loi, répondit-elle, vous n’êtes pas hors de l’humanité. » Malgré ses instances pour le retenir, il sortit de chez elle, et passa les barrières de Paris, sans passeport, vêtu d’une simple veste, et ayant un bonnet sur la tête. Son intention était de se cacher pendant quelques jours chez un ancien ami, résidant aux environs de Sceaux ; mais lorsqu’il parvint chez lui, cet ami était à Paris, et le fugitif fut forcé de passer plusieurs nuits dans les carrières, de peur d’être reconnu.

Pressé par la faim, il se détermina à entrer dans un petit cabaret de Clamart. Son avidité à manger, sa longue barbe, son air inquiet furent remarqués par un membre du comité révolutionnaire, qui le fit arrêter. Conduit au comité du lieu, il déclara être domestique, et s’appeler Simon ; mais ayant été fouillé, un Horace avec des notes marginales en latin, qu’on trouva dans une de ses poches, devint la cause de sa perte. Le paysan qui l’interrogeait le trouvant trop savant pour n’être pas suspect, le fit conduire au Bourg-la-Reine.

Là il fut enfermé le soir dans un cachot. Celui qui vint le lendemain matin lui apporter un peu de pain et d’eau, le trouva sans aucun mouvement et glacé. Il paraît que, perdant tout espoir, Condorcet prit un poison actif, qu’il portait, dit-on, toujours sur lui. Pour juger Condorcet comme littérateur et comme géomètre, comme politique et comme ami de la Révolution, la postérité se défiera également des éloges et des satires des partis ; mais elle reconnaîtra sans doute, que l’homme qui avait passé une grande partie de sa vie dans l’intimité de la respectable maison de la Rochefoucauld a dû avoir des droits à l’attachement et à l’estime de ceux qui l’ont connu.

 
 
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