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4 mars 1793 : mort du duc de Penthièvre, petit-fils de Louis XIV et dont le destin fut tragique - Histoire de France et Patrimoine


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4 mars 1793 : mort du duc de Penthièvre,
petit-fils de Louis XIV et dont
le destin fut tragique
Publié / Mis à jour le jeudi 28 février 2013, par LA RÉDACTION

 

Louis-Jean Marie de Bourbon, duc de Penthièvre, né à Rambouillet, le 16 novembre 1725, du comte de Toulouse et de madame de Noailles, était petit-fils de Louis XIV. Après la mort du comte de Toulouse, Louis XV, qui avait pour la comtesse de Toulouse beaucoup de respect et d’attachement, voulut que son fils héritât de toutes les charges de son père : il fut fait grand amiral, grand veneur, et gouverneur de Bretagne.

Louis-Jean-Marie de Bourbon, duc de Penthièvre
Louis-Jean-Marie de Bourbon, duc de Penthièvre

Depuis longtemps le grand amiral ne nommait plus aux emplois, et n’avait aucune autorité dans les armées navales. Il n’est pas douteux que cette charge n’eût été abolie comme celle de connétable et de grand maître de l’artillerie, si l’attachement de Louis XV et de Louis XVI pour le duc de Penthièvre, ne les eût engagés à lui conserver une place à laquelle on avait attaché des revenus considérables.

Le duc de Penthièvre avait épousé, en 1744, mademoiselle de Modène, fille aînée du duc de ce nom, et de Charlotte-Aglaé d’Orléans. La duchesse de Penthièvre étant morte en 1755, dans le printemps de son âge, la comtesse de Toulouse, voyant son fils inconsolable de cette perte, lui conseilla de voyager en Italie. Le prince suivit d’autant plus volontiers ce conseil, que sa piété lui avait inspiré, depuis longtemps, le désir de visiter la capitale du monde chrétien. Avant d’aller à Rome, il se rendit à la cour du duc de Modène, son beau-père.

C’est là qu’il vit, pour la première fois, les deux sœurs de madame de Penthièvre, dont l’une épousa, quelques temps après, le prince de Conti, qui, par son extrême indifférence, la rendit très malheureuse ; l’autre, qui se nommait Mathilde’, était d’une beauté ravissante et ressemblait beaucoup à madame de Penthièvre. Ce fut à cette ressemblance que le duc attribua d’abord le trouble que lui causa la vue de cette aimable princesse, et qu’il eut beaucoup de peine à dissimuler pendant le souper, qu’on servit peu de temps après l’arrivée de ce prince.

Il se trouva très près de la princesse Mathilde, qui, se rappelant une sœur qu’elle avait tendrement aimée , crut devoir attribuer la vive impression que lui avait fait éprouver le duc de Penthièvre au souvenir douloureux de sa sœur : aussi ne parlèrent-ils que d’elle tout le temps du repas, et les pleurs que le récit de ses derniers moments arrachèrent à la princesse Mathilde, prêtaient un nouveau charme à ses attraits ; et cependant le duc de Penthièvre était loin de se rendre compte de ses sentiments pour cette charmante personne.

Plusieurs mois s’écoulèrent sans que le duc et la princesse osassent s’avouer un sentiment qu’ils se reprochaient. Cependant la comtesse de Toulouse écrivait souvent à son fils, et ne concevait pas ce qui pouvait l’arrêter si longtemps à la cour de Modène : le prince était loin de lui en faire la confidence. Enfin, après avoir longtemps balancé, il se détermina à écrire .au duc de Modène une lettre dans laquelle « il lui faisait part du secret de son cœur, qu’il n’avait pas eu le courage de lui déclarer de vive voix. »

Le duc de Modène, étonné de recevoir une lettre de son gendre, l’ouvre avec inquiétude, et n’est pas moins surpris de ce qu’elle contient. Il passe aussitôt chez la duchesse, et lui communique cette lettre. « Ah ! dit la duchesse après l’avoir lue, que Mathilde soit aussi heureuse que sa pauvre sœur. Que pourrions-nous désirer de plus pour elle ? » Aussitôt elle fait dire à sa fille de se rendre dans son appartement. Dès que Mathilde fut entrée, sa mère lui donna la lettre de M. de Penthièvre. A peine en eut-elle lu les premières lignes, qu’elle se jeta aux pieds de son père, qui, la relevant avec tendresse : « Ne craignez pas, lui dit-il, que je m’oppose à ce qui peut faire votre bonheur. La demande du duc nous honore ; mais ma seule inquiétude est que le pape ne s’oppose à ses vues, et alors je serai très affligé de vous voir attachée à un prince qui ne pourrait devenir votre époux. »

Le duc et la duchesse firent ensuite la réponse la plus favorable au duc de Penthièvre. Il ne s’agissait plus que d’obtenir les dispenses nécessaires. Le duc de Penlhièvre, se flattant que le pape ne serait pas plus sévère pour lui que ses prédécesseurs ne l’avaient été pour d’autres princes, part aussitôt pour Rome. Il se rendit à Livourne, où il s’embarqua pour Civita-Vecchia. La traversée fut heureuse. Arrivé à Civita-Vecchia, il se rendit tout de suite à Rome, et descendit au palais de l’ambassadeur de France. Quelques jours après il fut admis à l’honneur de baiser les pieds de Sa Sainteté ; il eut ensuite des conférences particulières avec le pape, qui ne lui donna que des espérances éloignées, en lui disant qu’il consulterait la chambre apostolique.

Au bout de quelques semaines, le cardinal Pozzobonelli lui apporta la décision du consistoire, conçue en ces termes : « Les mariages entre beaux-frères et belles-sœurs étant absolument contraires à l’esprit de l’Eglise, on ne peut en accorder la dispense que dans le cas où il faut absolument réparer un scandale public ; sinon, on ne peut permettre ces sortes de mariages. » Le duc de Penthièvre fut atterré par cette décision ; mais le cardinal tâcha d’en adoucir l’amertume, avec cette adresse qui caractérise sa nation.

« Rien de si facile, monseigneur, lui disait-il, que de concilier votre attachement pour la princesse avec les opinions du pape. Dieu me garde de vous conseiller d’offenser sa justice, pour obtenir ensuite le droit de réparer votre faute ; mais n’est-il donc pas possible, en prévenant la princesse, qu’elle consente à se trouver enfermée seule avec vous dans son cabinet ? Le duc de Modène viendrait vous y surprendre, et il écrirait au Saint-Siège, qu’il n’y a d’autre moyen de réparer cet outrage, qu’en permettant que vous épousiez mademoiselle Mathilde. — C’est un mensonge d’action, répondit le duc, et votre éminence pourrait-elle me le conseiller ? —Tout le monde saura bien, monseigneur, que ce n’est que pour obtenir des dispenses que vous avez pris ce moyen. — Mais, si un seul être soupçonne que nous ayons été coupables, je flétris pour jamais la réputation de la princesse. — Je vous le répète, monseigneur ; cette marche est si connue, qu’il n’y a personne, même le pape, qui ne sache que c’est un jeu. — Et voilà ce qui m’effraie en matière religieuse ; je réfléchirai, et ferai part à votre éminence de ce que je déciderai. »

Le cardinal dit encore beaucoup de choses au prince pour le déterminer, et le quitta, bien persuadé que son attachement pour sa belle-sœur prévaudrait sur sa délicatesse. Le duc de Penthièvre, livré aux plus cruelles anxiétés, instruisit aussitôt la princesse Mathilde du refus qu’il venait d’essuyer, et de l’expédient que lui avait suggéré le cardinal Pozzobonelli. Il terminait ainsi sa lettre :

« Je vous rends l’arbitre de ma destinée ; vivre sans vous est un malheur que je ne puis supporter ; mais devoir ce bien suprême à l’idée que j’ai pu ternir l’éclat de votre vertu, me paraît bien cruel. » D’ailleurs, ne sommes-nous pas destinés à donner l’exemple aux autres hommes ? Et que dira la mère de famille qui surprendra sa fille, ainsi que l’on veut nous faire surprendre, lorsqu’elle voudra lui faire des reproches ?

« Je vous aime, n’en doutez pas ; mais votre honneur m’est plus cher que la vie. S’il ne s’agissait que de sacrifier ce qui me reste de jours pour en passer un seul avec le titre glorieux de votre époux, je n’aurais pas besoin de demander conseil à ma chère Mathilde : mon choix serait bientôt fait, mais ici la religion, l’honneur, le devoir que notre rang nous impose, tout se trouve compromis, si nous acceptons d’être heureux par une feinte indigne de nos caractères. Ah ! je n’ai pas besoin de savoir quelle sera la réponse de Mathilde ; une voix secrète crie au fond de mon cœur, que je n’ai plus de bonheur à espérer.

« Cependant, madame, j’attendrai votre réponse pour partir d’ici. Je n’ai pas la force de me condamner moi-même à l’affreux malheur de ne vous revoir jamais ; mais rien ne détruira l’amour et le respect avec lesquels je suis, etc. »

Réponse de la princesse Mathilde au duc de Penthièvre :

« Mieux vaudrait mourir que de vivre déshonorée. Le soupçon est plus qu’il ne faut pour n’oser lever les yeux ; et je n’achèterais pas un grand bien sans doute, aux dépens de celui qui m’est plus cher que la vie. Ainsi, je passerai mes jours à pleurer celui où je vous ai vu, et resterai pour toujours votre sœur et amie. »

Quand le prince eut lu cette lettre : « Je m’y attendais, dit-il ; je n’en suis pas moins malheureux, mais je l’ai mérité. » Il donna aussitôt des ordres pour son départ, et il s’embarqua pour Gênes, afin d’éviter, dans son retour, le pays où il avait connu la belle et vertueuse Mathilde.

Les soins qu’il prit lui-même de l’éducation de son fils, le prince de Lamballe, ne furent pas heureux. On sait comment ce jeune prince périt, à la fleur de son âge, d’une mort affreuse, suite de ses débauches nocturnes avec le duc de Chartres, depuis duc d’Orléans, dont l’atroce cupidité travaillait, dans ces orgies perfides, à éteindre en lui le principe de la vie, afin que mademoiselle de Penthièvre, sa sœur, qu’il voulait épouser, demeurât seule héritière de l’immense fortune du duc de Penthièvre.

Avant, et surtout pendant la Révolution, ce prince se tint constamment éloigné des affaires politiques. Cet éloignement, et cinquante ans de vertus, le préservèrent personnellement des outrages révolutionnaires. Après avoir perdu son épouse et son fils, par une mort prématurée, il était réservé à des épreuves encore plus terribles. Qu’on se figure la douleur et la consternation de ce malheureux père, lorsqu’il apprit la mort épouvantable de la princesse de Lamballe. L’auguste vieillard ne put résister à ce dernier coup ; il mourut cinq mois après, au château de Vernon, entre les bras de sa fille.

 
 

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