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9 décembre 1824 : mort du peintre Anne-Louis Girodet-Trioson - Histoire de France et Patrimoine


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Éphéméride, événements

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9 décembre 1824 : mort du peintre
Anne-Louis Girodet-Trioson
(D’après « Éphémérides universelles, ou Tableau religieux, politique,
littéraire, scientifique et anecdotique, présentant, pour chaque jour de l’année,
un extrait des annales de toutes les nations et de tous les siècles,
depuis les temps historiques jusqu’à nos jours » (Tome 12) édition de 1835)
Publié / Mis à jour le dimanche 9 décembre 2018, par LA RÉDACTION

 

Ce grand peintre, auquel l’école française doit plusieurs de ses chefs-d’œuvre les plus originaux, les plus gracieux, les plus sublimes, naquit à Montargis le 5 janvier 1767. Orphelin de bonne heure, mais avec un patrimoine qui suffisait à ses besoins, circonstance rare et précieuse à noter dans une biographie d’artiste, il resta sous la tutelle d’un médecin des armées, Trioson, qui plus tard, ayant perdu son fils unique, l’adopta et lui laissa son nom.

Le dessin n’était entré que comme art d’agrément dans les études de Girodet, que l’on destinait à la carrière des armes : sa vocation prévalut sur des plans de famille. Devenu élève de David, il remporta le prix au concours de 1789, et partit pour Rome. Les règlements obligent les pensionnaires à certains envois, dont ils spécifient la nature : comme étude de figure peinte, Girodet envoya le tableau d’Endymion.

Anne-Louis Girodet. Autportrait du début du XIXe siècle
Anne-Louis Girodet

David se plaisait à raconter l’étrange sensation de surprise, que produisit sur les anciens professeurs de l’Académie le premier aspect de cette œuvre, si peu en rapport avec leurs leçons et leurs exemples. C’est aussi de Rome qu’est daté le tableau d’Hippocrate repoussant les présents des envoyés du roi de Perse, hommage de reconnaissance de l’artiste envers son tuteur, légué par ce dernier à l’Ecole de Médecine. Ainsi Girodet simple élève, Girodet pensionnaire à Rome, avait déjà pris rang parmi les maîtres.

De retour en France, après avoir vu Naples, parcouru toute l’Italie, Girodet, pendant plusieurs années, n’exposa publiquement que des portraits. Quoiqu’il excellât dans ce genre, une actrice, alors célèbre, Mlle Lange, refusa le portrait qu’il avait fait d’elle, sous prétexte qu’il n’était pas ressemblant. L’artiste outragé se vengea en artiste : il peignit la comédienne en Danaé, recevant au lieu d’une pluie d’or une pluie de pièces de cinq francs, et même de monnaie de cuivre : près d’elle un dindon faisait la roue. Ce bizarre tableau ne passa guère que vingt-quatre heures au salon (1799). C’en fut assez pour éveiller la malignité : les journaux répétèrent l’anecdote, et d’une voix unanime le portrait fut déclaré ressemblant.

Vers le même temps, Girodet s’essayait, en concurrence avec le célèbre Gérard, dans la reproduction de la nature ossianique. Aux figures de bardes et de jeunes filles Scandinaves Girodet avait mêlé des figures de guerriers français. Cette admirable composition se distinguait par une verve et une fécondité extraordinaires : on y reconnaissait un génie hardi, méditatif, rêveur, appelé à s’élever dans la sphère de l’idéal. Le tableau connu sous le titre d’une Scène du Déluge parut en 1806 : c’était un épisode de Milton ou du Dante, confié à la toile. Quelle pensée et quelle exécution ! Considéré comme drame, le tableau manque de vraisemblance : mais ce reproche s’efface devant la puissance de l’intérêt. Au concours des prix décennaux, une Scène du Déluge obtint le grand prix de peinture historique, au préjudice des Sabines : ce jugement de l’Institut étonna le public qui n’était pas en état de le comprendre.

Les Funérailles d’Atala vinrent mettre le sceau à la renommée du peintre ; le peintre avait égalé le poète : il s’était confondu, identifié avec lui : désormais les figures d’Atala, de Chactas, du père Aubry avaient reçu la vie matérielle, qui complétait leur vie poétique, et en devenait inséparable. A compter de ce moment, Girodet pouvait soutenir sa gloire, mais non l’accroître. Deux fois il travailla sur des sujets commandés : la Reddition de Vienne, la Révolte du Caire offrent des beautés supérieures, de la science, de la chaleur, de l’éclat : cependant on sent que l’artiste n’était pas là dans sa région favorite.

Il y revint pour tracer cette belle Tête de Vierge, que l’on jugea digne de Raphaël, et son tableau de Pygmalion et Galatée, où, malgré de graves défauts, on retrouva tout le grand artiste. Pygmalion et Galatée furent son dernier chef-d’œuvre. Epuisé par les fatigues inouïes que lui avait causées ce tableau, il ne s’arracha à un repos nécessaire que pour exécuter d’une main affaiblie, les portraits de Cathelineau et de Bonchamp.

Depuis seize années environ, la constitution de Girodet, naturellement bonne et forte, luttait contre un principe de destruction redoutable. Peu de jours avant le dernier, une opération ayant été résolue, Girodet, prêt à s’y soumettre, eut occasion d’entrer dans son atelier ; et là ses adieux à son art, à ses pinceaux, à son ouvrage inachevé s’exhalèrent en expressions déchirantes. Il mourut, âgé d’un peu moins de cinquante-huit ans, laissant des portefeuilles remplis d’études, d’esquisses de tout genre, et dont le burin, la lithographie ont rapidement multiplié les richesses.

Dans le nombre de ces travaux, nous ne citerons que les cinquante sujets, empruntés à Anacréon, et les deux cents compositions puisées dans Virgile. Girodet n’avait pas seulement manié le pinceau : passionné pour la littérature et la poésie, il avait composé divers écrits, et entre autres un Discours sur l’originalité dans les arts du dessin, lu le 3 mai 1818 dans la séance solennelle des quatre Académies, un poème sur les Délices de la Peinture, et une traduction d’Anacréon.

« L’originalité, la grandeur, l’énergie et la grâce, mariées avec un goût exquis, et rendues encore plus séduisantes par une parfaite pureté de dessin, une admirable suavité de pinceau et un coloris plein d’harmonie et de chaleur, telles sont, dit un critique éclairé, les qualités qui doivent placer Girodet au premier rang des peintres ses contemporains. (...) Ce maître avait pris de l’école de David la pureté et la science du dessin, la beauté des formes, le goût et l’entente de la composition ; mais il a détaché tout cela de l’imitation servile, froide et monotone des marbres antiques : il y a joint le feu de l’imagination et la vérité de la nature, tantôt naïf jusqu’à la simplicité, tantôt sublime jusqu’à l’audace.

« Or c’est précisément ce caractère singulier de son génie, qui ne fut pas toujours senti du public, comme il devait l’être. Le grand artiste s’en inquiéta vivement, et il est arrivé qu’on a pris ses inquiétudes pour de l’envie ; pourtant personne ne sentit et n’apprécia mieux que Girodet les belles productions de ses plus célèbres émules ; mais plus original qu’aucun d’eux, il ne savait pas se soumettre à certaines formes symétriques et conventionnelles, qui, à chaque époque, dominent tyranniquement les arts ; voilà ce qui explique l’étonnement et même quelquefois la froideur du vulgaire. »

Achevons de caractériser Girodet, en empruntant quelques lignes à un autre critique, qui a fidèlement reproduit l’homme et l’artiste : « Chez Girodet, les puissances de l’âme avaient un grand empire sur la nature physique. Quand il était occupé de quelque ouvrage important, il semblait qu’il fût ravi en esprit, et que le corps n’entrât alors pour rien dans la condition de son existence. Il s’était habitué à peindre la nuit aussi bien, mieux même, disait-il, que le jour, et il passait des semaines, des mois devant sa toile, sans presque manger, ni dormir. Son œuvre achevée, lorsqu’il sortait de son atelier, on le revoyait amaigri et le visage exténué, comme après une longue maladie. »

Un esprit vif et mobile, une agitation de corps habituelle, des regards pénétrants, rapides, une conversation piquante et fertile en aperçus profonds, inattendus, voilà quels étaient chez l’auteur du Déluge et d’Atala les symptômes ou du moins les accessoires du génie. Le soin extrême avec lequel il travaillait, le déclin de sa santé, la fortune, dont il jouit toujours, expliquent le petit nombre de ses productions.




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