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Roi Henri II et les ours. Anecdotes historiques

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Anecdotes insolites
Petite Histoire de France et anecdotes, brèves et faits divers insolites, événements remarquables et curieux, événements anecdotiques
Henri II (Le roi) et les ours
à Saint-Jean-de-Maurienne
(D’après « Mémoires de la vie de François de Scepeaux,
sire de Vieilleville et comte de Duretal, maréchal de France »)
Publié / Mis à jour le mardi 8 mai 2018, par LA RÉDACTION
 
 
 
Un épisode curieux de l’occupation française de la Savoie au XVIe siècle est la réception faite en 1548 par les gens de Saint-Jean-de-Maurienne à Henri II : composée d’une centaine d’hommes vêtus de peaux d’ours imitant parfaitement le cri de ces animaux et y joignant quelques gambades, une mascarade organisée par les habitants eut tôt fait d’effrayer les chevaux des valets et écuyers de la suite royale, qui jetèrent bas leurs cavaliers et s’enfuirent en passant sur le ventre de ceux qu’ils croisaient

Le roi de France, se rendant en Piémont pour examiner l’armée, arriva dans la capitale de la Maurienne au mois d’août 1548. Il fut reçu solennellement et prit possession à la cathédrale du canonicat des ducs de Savoie que les souvenirs français avaient remplacés par la force des armes.

Le roi Henri II
Le roi Henri II

Il y eut à cette occasion une petite mascarade curieuse dont le récit a déjà frappé de notoires voyageurs, tels le grand Schiller et l’astronome Lalande. Voici ce texte, d’après les mémoires du maréchal de Vieilleville, qui accompagnait Henri II dans sa campagne.

« Les autres villes de Savoie, par le chemin de Chambéry tirant au Mont-Cenis, ne méritaient pas qu’un si grand roi se dût parer en sorte quelconque. Aussi il les passa en chasseur, sa trompe en écharpe. Il est vrai qu’à Saint-Jean-de-Maurienne, pour ce qu’elle porte titre d’évêché, il fut prié par l’évêque et les habitants de les honorer de quelque forme d’entrée, et l’assurèrent de lui donner le plaisir de quelque nouveauté qui le contenterait et qu’il n’avait encore jamais vue.

« Sa Majesté, pour ne perdre sa part de cette nouvelle invention, à lui toutefois inconnue, les en voulut bien gratifier et se présenta le lendemain à la porte de Maurienne en équipage assez royal pour une telle ville, accompagné des princes et seigneurs de sa suite, semblablement de toute sa maison, et entra sous le poêle à lui préparé.

« Mais comme il eut marché environ deux cents pas en belle ordonnance, voici une compagnie de cent hommes, vêtus de peaux d’ours, têtes, corps, bras et mains, cuisses, jambes et pieds, si proprement, qu’on les eût pris pour des ours naturels, qui sortent d’une rue, tambour battant, enseigne déployée, et chacun l’épieu sur l’épaule, et se vont jeter entre le roi et sa garde de Suisses, marchant quatre par rang, avec un ébahissement très grand de toute la cour et du peuple qui était par les rues, et amenèrent le roi, qui était merveilleusement ravi de voir des ours si bien contrefaits, jusque devant l’église ;

« Qui mit pied à terre, suivant la coutume de nos rois, pour adorer : auquel lieu l’attendaient l’évêque et le clergé, avec la croix et les reliques en forme de station, où fut chanté un motet en fort bonne musique, tous en chapes assez riches et autres ornements.

« L’adoration faite, les ours dessus dits ramenèrent le roi en son logis, devant lequel ils firent mille gambades, toutes propres ou approchantes du naturel des ours ; comme de lutter et grimper le long des maisons et des piliers des halles ; et (chose admirable) ils contrefaisaient si naturellement, par un merveilleux artifice en leurs cris, le hurlement des ours, que l’on eût pensé être parmi les montagnes : et voyant que le roi, qui déjà était en son logis, prenait un grandissime plaisir à les regarder, ils s’assemblèrent tous cent, et firent une chimade ou salve à mode de chiorme de galère, tous ensemble si épouvantable, qu’un grand nombre de chevaux sur lesquels étaient valets et laquais attendant leurs maîtres devant le logis du roi, rompirent rênes, brides, croupières et sangles, et jetèrent avec les selles tout ce qui était dessus eux et passèrent (tant fut grande leur frayeur) sur le ventre de tout ce qu’ils rencontrèrent, qui fut le comble de la risée, non pas pour tous, car il y en eut beaucoup de blessés ;

« Mais pour le désastre ils ne laissèrent de dresser une carolle ou danse ronde, leurs épieux bas ; parmi laquelle les Suisses se réunirent à la bande ; car ils sont comme patriotes des ours, d’autant qu’il s’en trouve en leurs montages, comme en celles de Savoie, étant toutes nommées Alpes ; où le roi confessa n’avoir reçu en sa vie autant de plaisir pour une drôlerie champêtre, qu’il fit lors, et leur fit donner deux mille écus. »

 
 
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