Histoire de France, Patrimoine, Tourisme, Gastronomie, Librairie
LE 19 septembre DANS L'HISTOIRE [VOIR]  /  NOTRE LIBRAIRIE [VOIR]  /  NOUS SOUTENIR [VOIR]
Histoire France, Patrimoine, Gastronomie, Tourisme


« Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du
peuple avant qu'il ne les ait oubliées » (C. Nodier, 1840)


REJOIGNEZ-NOUS sur VK, le
réseau social alternatif à Facebook !

Coquecigrues. L'étymologie des mots de la langue française. Origine, racines. - Histoire de France et Patrimoine


Vous êtes ici : Accueil > Savoir : Mots, Locutions > Coquecigrues

Savoir : Mots, Locutions

L’étymologie de mots et l’origine de locutions de la langue française. Racines, évolution de locutions et mots usuels ou méconnus


Coquecigrues
Publié / Mis à jour le vendredi 20 janvier 2012, par LA RÉDACTION

 

C’est au sujet de ce mot qu’on pourrait dire, autant d’hommes, autant de sentiments. Encore ne comptons-nous les femmes ni les enfants.

Les uns croient qu’il s’agit de quelques plantes légumineuses aux formes contournées ou gigantesques, telles que concombres, citrouilles, potirons ou calebasses ; les autres, de hochepots empoisonnés, produit de la cuisine de quelque sorcière ; les autres, de quelque espèce de volaille ou de volatile, comme le mot paraît l’indiquer ; de quelque animal monstrueux, tel que la bête du Gévaudan ou le serpent de mer ; de revenants, de loups-garous.

Or, comme un pape il y loge (au ciel) à cette heure ;
Il vit là-haut cependant qu’on le pleure ;
Il voit sans yeux ce qu’il a débité,
Sçait si la lune est un orbe habité
De farfadets ou de cocquesigrues.
(Saint-Amant, Épistre ait baron de Villarnoul)

Mais c’est le cas de répéter après Rabelais : « Voilà de plaisants coquesigrues ! » La vérité est qu’il faut chercher dans les dictionnaires pour savoir ce que ce mot signifie ; mais il n’y faut pas chercher d’où il vient ; tous ont oublié de nous en informer. On ne sache même pas qu’un seul étymologiste nous ait fourni la moindre lumière à cet égard. Essayons d’y suppléer.

Coquecigrues signifie balivernes, niaiseries, fariboles, contes à dormir debout, choses qui ne valent pas la peine qu’on en parle, des riens, des moins que rien. Nous avons cité un passage de Rabelais ; en voici d’autres de sources plus modernes. Madame de Sévigné écrit : « Je vais dans ce mail ; je trouve mille coquecigrues », ou encore, « J’ai vu élever fort bien les petites filles ; on ne leur apprend point à mentir, ni à dissimuler leurs sentiments ; point de coquecigrues, ni d’idolâtrie. »

On appliquait ce mot tantôt aux personnes, tantôt aux choses. Nous disons nous-mêmes encore, en parlant d’un niais ou d’un sot fieffé : C’est un grand coquecigrue. « Ardi, tenez, c’est tout fin dret comme ce grand cocsigruë de monsieur du Mény ; vous savez bian ? qui avet ces grands penaches, quand je demeurois chez mademoiselle de Carnay. » (Cyrano de Bergerac, le Pédant joué, acte II, scène III).

Il avait les deux genres ; nous les lui avons maintenus. Il n’y a donc plus de doute ni sur le sexe, si l’on peut dire, ni sur la signification de coquecigrues.

Reste à trouver son étymologie. Elle est plus savante qu’on ne croirait, car elle est grecque, tout ce qu’il y a de plus grec. Partageons-le d’abord en deux, coqueci et grues, et parce que la queue est ce qu’il y a de plus difficile à écorcher, commençons par la queue.

Les Grecs, pour exprimer une chose sans valeur, ou qui n’en avait pas plus que si elle n’existait pas, se servaient du monosyllabe γρυ. On le traduit par rognure ou ordure d’ongle ; un fétu, un rien. Il est probable que l’espèce de grognement par lequel on exprime qu’on ne veut pas, ou qu’on ne peut pas répondre à une question, est ce qui a donné lieu à l’emploi de ce monosyllabe. Il se compose, en effet, des trois premières lettres de γρυλλη qui signifie grognement de pourceau.

Pour avoir une idée exacte de l’emploi qu’on a fait de ce mot, il faut lire principalement les érudits du seizième siècle qui ont écrit en latin, et qui l’ont fourré partout, dans leurs thèses, dans leurs ouvrages de critique, dans leurs correspondances. Ils ne manquent pas de l’introduire chaque fois qu’ils témoignent du peu de cas qu’ils font d’un livre ou d’un auteur, et, dans leurs querelles, ils triomphent du silence forcé ou calculé de leurs adversaires, et se vantent de leur avoir fermé la bouche, en répétant à satiété : Ne γρυ quidem respondit.

γρυ signifiant à lui seul ce que signifient en français coqueci et grues réunis, il paraît bien que la dernière syllabe de coquecigrue est ce même mot γρυ et l’étymologie de coqueci ne saurait y contredire.

On trouve, en effet, dans le Dictionnaire de Henri Estienne, cicus, γρυχοχχος. Or cicus ou plus exactement ciccus, en latin, est la pellicule qui tient séparés les uns des autres les grains de la grenade. Au figuré, c’était quelque chose de nulle importance, ut hilum. Plaute écrit :

Eluas tu an exungare, ciccum non interduim.
Baigne-toi, oins-toi, je m’en soucie comme de rien.

A ciccus correspondait en grec χοχχος dont il est certainement le dérivé, et qui signifiait la même chose. Témoin ce vers de Timon le Syllographe, cité dans les Analectes de Brunck : « Je suis pauvre de génie, et mon esprit n’est rien. » De χοχχος est venu un mot que nous écririons en latin coccion. En retranchant la dernière syllabe de coccion, on a cocci, qui est le pendant de nauci et de flocci, génitifs adverbialisés, – pour employer un néologisme – de naucus et de floccus, et qui se prend au même sens. En ajoutant ce cocci à gru, on a coccigru, d’où coquecigrues.

 
 

Saisissez votre mail, appuyez
une seule fois
sur OK et patientez
30 secondes
pour la validation




Histoire de France :
l'indispensable pour devenir incollable

2000 ans d'Histoire de France en 150 pages
Présentation / Commande : CLIQUEZ ICI
 

 

 

Prolongez votre voyage dans le temps avec notre
encyclopédie consacrée à l'Histoire de France

Choisissez un numéro et découvrez les extraits en ligne !

 


 

 Napoléon : l'enfance du futur empereur des Français
 
 Charlemagne se fait voleur par ordre de Dieu
 
 Règles de bienséance et de politesse d'après un traité de 1628
 
 Des bibliothèques dans les trains ?
 
 Mutilation de l'Histoire de France : détruire le passé pour glorifier le monde nouveau
 
 Pain mangé par nos aïeux : sa nature, son prix
 
BON À SAVOIR
 Faire amende honorable
 
 On a tant chanté, tant crié Noël, qu'à la fin il est venu
 
MANIFESTATIONS
 Mauresse de Moret : une religieuse métisse, fille cachée de Louis XIV ?
 
 Animal : bestiaire de verre de la fin du XIXe siècle à nos jours au musée du verre de Conches
 
 
L'ENCYCLOPÉDIE DU TEMPS JADIS
 Recevez en 48h les 37 volumes édités par La France pittoresque : 900 articles, 1800 illustrations formant une truculente mosaïque de notre riche passé !
 
 
 
 
 

 


Les plus récents
 
 Cocktail
 
 Bohème
 
 Écarlate
 
 Abracadabra
 
 
Et puis aussi...
 
 Luron
 
 Printemps
 
 Godelureau
 
 Berner
 
 
Plus d'articles...
 
 Voir les 98 ARTICLES

 

 La France pittoresque ne bénéficie d'aucune subvention, qu'elle soit publique ou privée. Prenez activement part à la transmission de notre patrimoine !
 
 Soutenez une véritable réinformation historique et contribuez à la conservation de notre indépendance éditoriale
Vous pouvez également opter pour
un montant libre
 
VOS DONS NOUS SONT PRÉCIEUX
EN SAVOIR +

 

 Facebook
 Twitter
 VK
 Instagram
 LinkedIn
 Pinterest
 Tumblr
 

     

 

Retrouvez toute L'HISTOIRE DE FRANCE avec l'Encyclopédie du temps jadis

 
Copyright © 1999-2019 LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270. N° CNIL 824 842. N° Siret 481 246619 00011. Code APE 913E

La France pittoresque et Guide de la France d'hier et d'aujourd'hui sont des marques déposées.
Site déposé à l'INPI
 
Recommandé notamment parMAISON DU TOURISME FRANÇAIS dès 2003Maison de la FranceALLIANCE FRANÇAISEAlliance Française
 
Mentionné notamment parSIGNETS DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCESignets de la Bibliothèque Nationale de FranceMINISTÈRE DE LA CULTUREMinistère de la Culture
 
Services La France pittoresque
 
Noël au coin de l'Histoire : boutique d'ouvrages pour vos cadeaux de fêtes de fin d'année
 
LA FRANCE PITTORESQUE : 1 - Guide en ligne des richesses de la France d'hier et d'aujourd'hui depuis 1999 : Histoire de France, patrimoine historique et culturel,
gîtes et chambres d'hôtes, tourisme, gastronomie. 2 - Magazine d'histoire 36 pages couleur depuis 2001, une véritable encyclopédie de la vie d'autrefois


Magazine

Encyclopédie

Blog

Facebook

Twitter

VK

Heypster

Vero

Pinterest

Tumblr

Instagram

YouTube

Librairie

Paris pittoresque

Prénoms

Services