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Lieux d'histoire : Le Louvre, un musée qui a du chien, mais peut-être aussi du loup !

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Lieux d’Histoire
Origine, histoire de nos villes, villages, bourgs, régions, châteaux, chapelles, moulins, abbayes, églises. Richesses historiques de France
Louvre : un musée qui a du chien,
mais peut-être aussi du loup !
(D’après « Nouvelle histoire de Paris et de ses environs » (Tome 1), paru en 1839)
Publié / Mis à jour le vendredi 12 février 2016, par LA RÉDACTION
 
 
 
« Quelque auguste que soit le nom de Louvre, il ne laisse pas d’être fort varié aussi bien dans notre Histoire que dans nos chartes », écrit Sauval dans ses Recherches et Antiquités de la ville de Paris. En 1839, Julien-Philippe de Gaulle, grand-père du célèbre Général, consigne quelques opinions répandues au sujet de l’étymologie du mot Louvre.

Les historiens sont obligés de faire honneur à Philippe-Auguste de la fondation du Louvre, faute de trouver des documents pour appuyer les indices qu’on a recueillis sur l’antique origine de ce monument célèbre. Le château du Louvre aurait existé dès le temps de Dagobert Ier, s’il fallait en croire une charte de ce roi (du 26 mai 633), rapportée dans L’Histoire de Université, par Duboullay. Mais l’authenticité de cette pièce est fort contestée par les savants. D’autres ont, avec encore moins de raison, attribué la construction du Louvre à Childebert Ier ; enfin Duchesne, dans sa géographie manuscrite de Paris citée par Sauval, avance, mais sans citer aucune autorité, que le roi Louis le Gros fit entourer ce château de murailles, et qu’il y recevait l’hommage et le serment de fidélité des grands vassaux de la couronne.

Le Louvre au temps de Philippe-Auguste, selon une gravure extraite de Paris et ses monuments, par Louis-Pierre Baltard (1803)
Le Louvre au temps de Philippe-Auguste, selon une gravure extraite
de Paris et ses monuments, par Louis-Pierre Baltard (1803)

On peut croire que le Louvre existait avant les agrandissements que Philippe-Auguste lui fit subir, poursuit Julien de Gaulle. Les expressions mêmes de Rigord, qui dit seulement que ce prince fit élever la Tour-Neuve du Louvre, le donnent à penser ; mais nous croyons que M. Géraud est allé trop loin en disant que cette expression de Rigord implique évidemment l’existence de constructions antérieures. Au surplus, on sait quelle importance eut alors ce château qui servait de prison d’État, et où étaient déposés le trésor, et, à ce qu’on croit, les archives royales. Si Philippe-Auguste en eût été le fondateur, ses panégyristes, Rigord, Jean de Saint-Victor et Guillaume le Breton, n’eussent pas manqué de le dire. Cependant, comme les historiens antérieurs ne parlent point de ce château, je ne pense pas qu’il soit beaucoup plus ancien que Philippe-Auguste, si la fondation n’est pas due à ce prince.

Quant à l’étymologie du nom du Louvre, elle a, bien plus encore que la date de sa fondation, fatigué l’imagination de nos annalistes. De Gaulle confesse son ignorance à ce sujet, qu’il considère comme le parti le plus sage, et fournit prudemment au lecteur les « divagations » auxquelles se sont laissés aller ceux qui ont essayé de deviner la signification étymologique du mot Louvre. D’abord Louvre s’écrit quelquefois en français Louvres, Loures et Loure, et se dit en latin Lupera, Luppera, Luppara et plus ordinairement Lupara. L’analogie de ces mots, des mots latins surtout, avec le mot loup, lupus, a fait penser à quelques-uns que le Louvre (originairement entouré de bois) était une maison royale servant de rendez-vous de chasse. C’est sans doute cette idée, jointe à l’autorité de la charte suspecte dont nous parlions tout à l’heure, qui fait dire à Saint-Foix, avec une confiance singulière : « Dagobert mettait au Louvre ses chiens , ses chevaux de chasse et ses piqueurs. Les rois fainéants y allaient souvent ; mais ce n’était qu’après leur dîner, pour digérer en se promenant en coche dans la forêt qui couvrait tout ce côté de la rivière : ils revenaient le soir en bateau et en pêchant souper à Paris et coucher avec leurs femmes. »

Le Louvre sous Henri IV et Louis XIII. Gravure de Félix Thorigny, vers 1850
Le Louvre sous Henri IV et Louis XIII. Gravure de Félix Thorigny, vers 1850

Il propose ensuite l’explication de Du Haillan, qui hasarde timidement que Louvre pourrait bien avoir, dans le principe, signifié l’ouvre, l’œuvre ; c’est-à-dire, en vieux français, l’ouvrage. Le château de Philippe-Auguste aurait été l’ouvrage par excellence, le dernier effort de l’art, le chef-d’œuvre de l’époque. Sauval, dans ses Recherches et Antiquités de la ville de Paris, plaisante un peu Du Haillan sur cette bizarre hypothèse, et propose la sienne qui n’est ni moins bizarre, ni plus vraisemblable. Il affirme avoir trouvé, dans un vieux Glossaire latin-saxon, que le mot latin castellum se traduisait dans la langue saxonne, « assez familière autrefois en France, par le mot lovear (loüer). » Lovear, dit-il, se prononçait en saxon à peu près comme Louvre se prononce en français, et il conclut en regardant comme très probable que le Louvre signifie le château par excellence.

D’autres enfin ont pensé que Louvre dérive de robur, chêne, rouvre, à cause de sa situation au milieu d’une forêt. J’aime presque autant que tout cela l’opinion des érudits qui ont fait venir le mot Louvre, Lupara, du nom de l’île de Lipari, parce que « elle renferme un volcan, comme le château de Philippe-Auguste renfermait les vassaux rebelles, et que c’est par le feu et les flammes que les poètes et les peintres expriment la colère des dieux et des rois. »

 
 
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