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Ramponneau, comédien éphémère mais cabaretier hors pair

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Anecdotes insolites
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Ramponneau, comédien éphémère
mais cabaretier hors pair
(D’après « Curiosités théâtrales anciennes et modernes,
françaises et étrangères » paru en 1859)
Publié / Mis à jour le vendredi 7 janvier 2011, par LA RÉDACTION
 
 
 
En 1760, le cabaretier Ramponneau, grisé par l’accueil que lui réserve sa clientèle d’habitués lorsqu’il use de ses « saillies au gros sel », entame une carrière de comédien ne durant que le temps d’une représentation, son retrait prématuré des planches lui valant un procès

Ramponneau était un cabaretier bon vivant de la Courtille, et son nom est encore populaire aujourd’hui. La guinguette de ce joyeux compère, portant pour enseigne la trogne rubiconde du maître, à califourchon sur un tonneau, avait la vogue entre toutes les guinguettes des Porcherons. A côté des bons drilles, qui allaient danser et faire la ripaille au « Tambour-Royal » ; à côté des élégants qui s’y faufilaient pour jouir du spectacle, acteurs et auteurs du boulevard y venaient trinquer de concert. C’était là que Dorvigny composait ses Jocrisses ; que Taconnet et Constantin, acteurs de Nicolet (et deux originaux aussi, le premier surtout), buvaient leurs vingt bouteilles de compagnie, en faisant des études de types populaires pour leurs rôles.

Il est probable que le fameux Volange, dit Janot, s’y rendit plus d’une fois lui-même. Cette compagnie quotidienne, les faciles succès qu’obtenait Ramponneau au milieu de ses habitués, avec sa bonne physionomie niaise et radieuse, sa belle humeur, ses saillies au gros sel, tout cela finit par lui donner l’ambition et l’espoir de rivaliser avec la gloire de Volange. Il alla donc un jour trouver Gaudon, qui dirigeait, au boulevard du Temple, un petit théâtre en concurrence avec les Variétés amusantes, où trônait celui-ci, et s’engagea, par un traité en règle (27 mars 1760), à jouer dans son spectacle. C’était la fortune pour Gaudon, qui accueillit la proposition avec transport.


Intérieur du Tambour-Royal, cabaret tenu par Ramponneau
(Source : Bibliothèque nationale de France)

La chose arrangée et quelque argent touché d’avance, Ramponneau, en attendant son début, va donner une représentation d’essai à Versailles. Mais il ne réussit qu’à se faire huer. Il revient l’oreille basse, et, la veille du grand jour, Gaudon reçoit une lettre par laquelle Ramponneau, pris de scrupules religieux, annonce que sa conscience ne lui permet pas de tenir sa promesse. On peut juger des hauts cris jetés par Gaudon, qui avait déjà fait tous ses préparatifs et qui s’attendait à un succès fabuleux. De là sommations, assignations, enfin procès, avec maître Élie de Beaumont pour avocat du directeur, et le facétieux Coqueley de Chaussepierre pour avocat du cabaretier. Tous les journaux, toute la ville, ne parlent plus d’autre chose : on s’en occupe à Versailles ; on parie pour et contre. Élie de Beaumont fit de son plaidoyer une apologie de la comédie et des comédiens contre leurs détracteurs ; mais, malgré son éloquence, on donna gain de cause aux scrupules de Ramponneau, qui, moyennant la restitution des deux cents livres reçues, put retourner à son cabaret.

Hélas ! En approfondissant les pieux remords de Ramponneau, voici ce qu’on y a trouvé, outre sa crainte bien fondée d’un échec, il avait vendu sa guinguette dans l’intervalle au prix de quinze cents livres, mais à la condition expresse, posée par l’acquéreur, d’y rester pour conserver le chaland. Voilà pourquoi il se sentait pris de scrupules. Du reste, cette affaire ne fit qu’accroître sa vogue et sa célébrité. Voltaire y ajouta encore par son malin plaidoyer en sa faveur. Dès lors, on voit les équipages stationner à sa porte ; on retient ses salons huit jours à l’avance ; les grandes dames vont aux Porcherons tout exprès pour le contempler et l’entendre, et le Tambour-Royal devient trop petit pour la foule.

 
 
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