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Reliure en peau humaine pour Les Terres du ciel de Camille Flammarion

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Anecdotes insolites
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Reliure en peau humaine
pour Les Terres du ciel
de Camille Flammarion
(D’après « Gazette anecdotique, littéraire, artistique
et bibliographique », paru en 1893)
Publié / Mis à jour le vendredi 23 mars 2018, par LA RÉDACTION
 
 
 
Le célèbre astronome Camille Flammarion, vulgarisateur scientifique de premier plan et frère aîné du fondateur des éditions Flammarion, rapporte à la fin du XIXe qu’il reçut un jour de la part d’une admiratrice passionnée un souvenir étrange...

Une jeune comtesse, d’origine étrangère, s’occupait de sciences et lisait plus particulièrement les ouvrages de Camille Flammarion. Elle persuada son mari d’inviter le savant à venir passer quelques jours de la belle saison dans un château qu’ils possédaient dans le Jura. Le comte y consentit et Flammarion devint ainsi leur hôte.

La comtesse n’avait pas vingt-huit ans ; le mari, le comte de Saint-Ange — le nom fut révélé en 1902 dans l’Intermédiaire des chercheurs et curieux — était de beaucoup plus âgé. La comtesse, confie l’astronome, était une nerveuse, très romanesque ; la phtisie la guettait et devait l’emporter bientôt. Croyant à la pluralité des mondes, elle parlait d’ailleurs de sa fin prochaine avec une douce philosophie, et, le soir, par les nuits sereines, elle aimait à rêver aux étoiles. Un jour, elle me dit : « Je vous donnerai plus tard une chose que vous ne pourrez pas ne pas accepter sans me faire offense. »

Camille Flammarion en 1884
Camille Flammarion en 1884

La villégiature prit fin, comme toutes les belles choses ici-bas. Camille Flammarion avait fini par oublier la promesse mystérieuse qu’il avait reçue dans les montagnes du Jura, lorsqu’un soir de 1880 — Camille Flammarion avait alors 38 ans — arrive chez lui, à son adresse, un paquet apporté par un commissionnaire. Le paquet était accompagné d’une lettre encadrée de deuil.

Mme Flammarion le reçut en l’absence de son mari, et, plongeant les mains sous l’enveloppe, elle les retira brusquement, saisie d’un inexplicable sentiment de dégoût. Quand l’astronome rentra, le paquet fut déplié. Il contenait une peau blanche, épaisse, roide au toucher et dégageant, affirme Camille Flammarion, comme une sorte de fluide électrique. La lettre décachetée donna l’explication de l’envoi. Elle émanait du médecin de la comtesse de Saint-Ange et était ainsi conçue :

« Cher maître,

« J’accomplis ici le vœu d’une morte qui vous a étrangement aimé. Elle m’a fait jurer de vous faire parvenir, le lendemain de sa mort, la peau des belles épaules que vous avez si fort admirées « le soir des adieux », a-t-elle dit, et son désir est que vous fassiez relier, dans cette peau, le premier exemplaire du premier ouvrage de vous qui sera publié après sa mort.

« Je vous transmets, cher maître, cette relique, comme j’ai juré de le faire, et je vous prie d’agréer, etc.

« Docteur V...

Les Terres du ciel, par Camille Flammarion
Les Terres du ciel, par Camille Flammarion

J’avais admiré, en effet, explique en 1893 Camille Flammarion à la Gazette anecdotique, ses superbes épaules « le soir des adieux », et je les avais là, maintenant, sur la table de ma salle à manger, m’inspirant d’autres sentiments. Que faire du cadeau ? Le renvoyer ? J’en avais bien la tentation. D’autre part, après réflexion, pourquoi ne pas remplir le vœu d’une femme dont le souvenir m’était agréable ?

J’envoyai la peau à un tanneur, qui, pendant trois mois l’a travaillée avec le plus grand soin, confie encore l’astronome. Elle m’est revenue, blanche, d’un grain superbe, inaltérable. J’en ai relié le livre qui était en cours de publication, Les terres du ciel — le livre avait été publié une première fois en 1877 et devait faire l’objet d’une réédition. Cela fait une reliure magnifique.

Je regrette de ne pas avoir le livre là, dans les rayons de cette bibliothèque, pour vous le montrer, confie Flammarion à la Gazette. Mais il est à mon observatoire de Juvisy. Les tranches du livre sont de couleur rouge, parsemées d’étoiles d’or pour rappeler les nuits scintillantes de mon séjour dans le Jura. Sur la peau des épaules de la comtesse, j’ai fait graver, en outre, en lettres d’or : « Souvenir d’une morte ».

 
 
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