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L’Histoire éclaire l’Actu
L’actualité au prisme de l’Histoire, ou quand l’Histoire éclaire l’actualité. Regard historique sur les événements faisant l’actu
Légion dite « d’honneur »
est attribuée à (Et la)...
(Extrait du « Figaro » du 26 octobre 1882)
Publié / Mis à jour le dimanche 2 janvier 2011, par LA RÉDACTION
 
 
 
Tandis que chaque 1er janvier, fête de Pâques et 14 juillet connaissent leur lot de récipiendaires d’une Légion d’honneur jadis attribuée pour « grands services rendus à l’Etat dans les fonctions législatives, la diplomatie, l’administration, la justice ou les sciences », le subversif Octave Mirbeau dénonce dans un article du Figaro paru en 1882 la distinction par la célèbre croix d’un « pitre dont le métier est de recevoir, tous les soirs, sur la scène, des coups de pied et des gifles. »

« Aujourd’hui où l’on ne s’intéresse plus à rien, on s’intéresse au comédien. Il a le don de passionner les curiosités en un temps où l’on ne se passionne plus pourtant ni pour un homme, ni pour une idée.

Cent cinquantenaire de la Légion d'honneur en 1954
Cent cinquantenaire
de la Légion d’honneur en 1954

« Depuis le prince de maison royale qui le visite dans sa loge, jusqu’au voyou qui, les yeux béants, s’écrase le nez aux vitrines des marchands de photographies, tout le monde, en chœur, chante la gloire du comédien. Alors qu’un artiste ou qu’un écrivain met vingt ans de travail, de misère et de génie à sortir de la foule, lui, en un seul soir de grimaces, a conquis la terre. Il s’y promène, en roi absolu, au bruit des acclamations, sa face grimée et flétrie par le fard ; il y étale ses costumes de carnaval et ses impudentes fatuités. Et de fait il est roi, le comédien.

« Avec le bois pourri de ses tréteaux il s’est bâti un trône, ou plutôt le public - ce public de décadents que nous sommes - lui a bâti un trône. Et il s’y pavane, insolent ; il s’y vautre, stupide, se faisant un sceptre du bec usé de sa seringue, et couronnant sa figure d’eunuque vicieux d’une ridicule couronne de carton peint. Cet être, autrefois rejeté hors de la vie sociale, pourrissant, sordide et galeux, dans son ghetto, s’est emparé de toute la vie sociale.

« Ce n’est point assez de la popularité dont on l’honore, des richesses dont on le gorge. En échange des mépris anciens, on lui rend les honneurs nationaux, et nous en sommes venus à un tel point d’irrémédiable abaissement que, marchandant la récompense à de vrais courages et à de sublimes dévouements, nous attachons la croix sur la poitrine de ce pitre dont le métier est de recevoir, tous les soirs, sur la scène, des coups de pied et des gifles.

« On accuse les journaux de ce grandissement démesuré du comédien. C’est vous qui les faites, nous dit-on. C’est une erreur. C’est le public qui les fait ; c’est le public qui veut être renseigné non seulement sur la manière dont ils jouent leurs rôles, mais sur leurs intimités ; non seulement sur leurs souliers à bouffettes de satin, mais aussi sur leurs pantoufles. Il veut les voir sur la scène, et les voir aussi chez eux. Il est attiré vers le comédien, comme vers une chose qui laisse du mystère après elle.

Dessin exécuté par Jean d'Aurian pseudonyme de Pierre Emmanuel Marie Pérusat) et publié dans "La Caricature" du 4 janvier 1902 « L'impériale déception « NAPOLÉON. – Ah ! ça... On dirait ma Légion d'honneur ? « MARIANNE. – Oh ! non, sire ! Il y a longtemps que ce n'est plus la même ! »
Dessin exécuté par Jean d’Aurian (pseudonyme de Pierre Emmanuel Marie Pérusat)
et publié dans "La Caricature" du 4 janvier 1902

« Il flaire en lui un parfum de vice inconnu, à la fois délicieux et redoutable à humer. Les irrégularités, les camaraderies, les promiscuités de la vie de théâtre, tout cela le trouble étrangement. Et il demande qu’on lui soulève un coin du rideau qui lui cache les priapées qu’il a rêvées. »

Le dessin ci-dessus a été exécuté par Jean d’Aurian (pseudonyme de Pierre Emmanuel Marie Pérusat) et publié dans La Caricature du 4 janvier 1902. Il s’intitule L’impériale déception :
« NAPOLÉON. – Ah ! ça... On dirait ma Légion d’honneur ?
« MARIANNE. – Oh ! non, sire ! Il y a longtemps que ce n’est plus la même ! »

 
 
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