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21 janvier 1783 : traité de paix entre l'Angleterre et les États-Unis - Histoire de France et Patrimoine


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21 janvier 1783 : traité de paix entre l’Angleterre et les États-Unis
Publié / Mis à jour le dimanche 22 novembre 2009, par LA RÉDACTION

 

Le Jour où les premiers navigateurs, partis des côtes de l’Europe, vinrent, au nom de leurs souverains, prendre possession du Nouveau-Monde, et se flattèrent de l’enchaîner à jamais dans l’intérêt de l’ancien, ces hommes firent à la fois un faux jugement et un mauvais calcul. La liberté générale n’est pas seulement la plus belle des théories, c’est la plus productive des réalités : ainsi, les conquérants de l’Amérique auraient gagné davantage à lui laisser l’indépendance, et ils auraient paru plus généreux. Au contraire, séduits par les idées mesquines et par les préjugés de leur siècle, ils inventèrent toutes les rigueurs, toutes les injustices du régime colonial ; mais ce régime ne devait durer que le temps nécessaire pour l’apprentissage politique et civil des nations auxquelles il était imposé. Voilà ce qui explique pourquoi la nation qui le rejeta la première fut précisément celle qui avait reçu de ses maîtres les meilleures lois et le plus de bonheur ; c’est qu’en même temps elle en avait reçu plus de lumières, et que chez elle l’âge de la force morale arrivant plus vite et avec moins d’efforts, devait la conduire aussi plus vite et avec moins de sacrifices à l’âge de la liberté.

Depuis l’acte de concession émané du roi Jacques Ier (2 novembre 1606), jusqu’au bill du timbre rendu le 10 mars 1766, et qui fit éclater les premiers troubles, ces colonies présentent pendant plus d’un siècle et demi l’exemple d’une soumission parfaite à la métropole.

A compter de cette dernière époque, et durant plusieurs années, elles s’agitèrent violemment : le sentiment national s’éveilla par des mesures injustes. Des mesures maladroites accrurent la force des résistances. On révoqua l’impôt du timbre, mais celui du thé fut maintenu. Les révoltes partielles se multiplièrent ; le sang coula plus d’une fois.

Alors le congrès général des treize provinces se réunit à Philadelphie, et du sein de cette auguste assemblée sortirent trois actes mémorables, la déclaration des droits, la déclaration d’indépendance et l’acte de confédération perpétuelle, qui constituèrent sur une base éternelle la république des Etats-Unis. (voy. 17 Septembre 1774 ; 4 Juillet, 4 Octobre 1776.) Dès ce moment, la révolution fut accomplie ; mais il restait encore à la justifier par les armes : la victoire s’en chargea bientôt à Lexington (19 avril 1775). Washington fut élu général, et l’on vit s’ouvrir cette longue alternative de succès et de revers ; cette lutte ardente, mais toujours noble et majestueuse, dans laquelle des monarques despotiques intervinrent et se prononcèrent pour la liberté.

La fin de l’année 1781 fut surtout marquée par les désastres des armées de l’Angleterre. La capitulation du général Gornwallis, la prise d’York-Town terminèrent la campagne de Virginie : pour la seconde fois une armée anglaise se rendait tout entière. Déjà les Hollandais avaient reconquis leurs colonies ; quelques mois après l’Espagne reprit Minorque ; aux Antilles, des revers non moins graves furent essuyés par les Anglais.

Toutes ces nouvelles portèrent la consternation à Londres, et y firent sentir le besoin de la paix. La longueur de cette guerre jetait la terreur dans tous les esprits. On calculait, non sans effroi, les pertes énormes d’hommes et d’argent qu’elle avait entraînées : le Parlement retentit de réclamations éloquentes. Dans la séance du 4 mars 1782, le général Conway fit décréter que ceux qui conseilleraient au roi de continuer la guerre sur le continent de l’Amérique seraient déclarés ennemis du souverain et de la patrie : c’était le signal d’un changement de ministère. Lord Nortli se retira, et l’avènement du marquis de Rockingham, du duc de Richement et de Fox sembla du plus heureux augure pour la conclusion de cette paix si nécessaire et si vivement désirée.

Cependant, pour pouvoir la proposer et l’accepter avec honneur, il fallait attendre que l’Angleterre reprît quelques avantages ; on n’attendit pas longtemps. La victoire de l’amiral Rodney sur le comte de Grasse (12 avril 1782), l’échec éprouvé devant Gibraltar par l’Espagne et la France (13 septembre 1782) purent être considérés par l’Angleterre comme des compensations suffisantes : du moins son amour propre était sauvé. La paix générale devint l’objet des négociations les plus actives : déjà le cabinet de Londres eu avait entamé de particulières avec le congrès américain. Le ministère anglais subit encore des changemens ; le comte de Rockingham était mort, et le comte de Shelburne lui avait succédé : en s’attachant à la fortune de Shelburne, le fils de l’illustre comte Chatham, William Pitt, avait remplacé Charles Fox. Tel fut entre Pitt et Fox le début d’une lutte politique qui dura toute leur vie. Dès le 30 novembre 1780, l’Angleterre et les Etats-Unis signèrent un traité provisoire, qui fut converti en traité définitif le 21 janvier 1783. Par ce traité le roi d’Angleterre reconnaissait la liberté, la souveraineté et l’indépendance des treize états unis d’Amérique, en renonçant, tant pour lui que pour ses héritiers, à toute prétention de gouvernement, propriété et droits territoriaux sur lesdits états. L’étendue des Etats-Unis était agrandie de pays immenses, de lacs et de fleuves, formant une partie de l’ancien Canada et de la Nouvelle-Ecosse : cet accroissement permettait aux Américains de participer au commerce des pelleteries. Des tribus indiennes, qui avaient toujours vécu sous la domination anglaise, s’en trouvaient détachées, et enclavées dans le nouveau territoire américain. Les Anglais s’engageaient à évacuer et à restituer toutes les villes et contrées qu’ils occupaient encore. Enfin ils garantissaient aux Américains le droit de pêche sur le banc de Terre- Neuve, dans le’ golfe de Saint-Laurent et autres parages. Quant a la restitution des biens et propriétés confisqués pendant la guerre sur des sujets britanniques, le traité stipulait que le congrès la recommanderait aux différents états : il stipulait en outre qu’à l’avenir aucune poursuite ni confiscation ne serait faite sur les personnes qui avaient pris les intérêts de l’Angleterre ; que celles qui pouvaient être détenues seraient élargies, et que les poursuites commencées seraient annulées.

Telle est la substance du traité qu’après huit ans d’une guerre opiniâtre, la plus fière des nations fut réduite à signer : il lui en coûta plus de dix-huit cents millions et la vie de plusieurs milliers de braves soldats, pour avoir tenté de conserver des colonies dont la perte devait être un gain pour elle. « C’est un fait, dit M. Say dans son Traité d’Economie politique, que je n’ai vu contesté nulle part. »

La reconnaissance solennelle de l’Amérique fut signée à Paris. Francklin, qui eut la gloire de l’obtenir, en ajourna l’exécution jusqu’à l’époque où la paix serait conclue entre l’Angleterre et la France.

Dès la veille (20 janvier 1728) les préliminaires de cette paix avaient été signés à Versailles par M. le comté de Vergennes, ministre des affaires étrangères, et M. Fitz-Herbert. plénipotentiaire de Sa Majesté britannique.

Un projet de traité fut également arrêté entre l’Angleterre et l’Espagne. Tous ces actes différons reçurent leur sanction définitive le 3 septembre 1783. En vertu de leurs clauses, il se fit entre la France et l’Angleterre un échange d’îles et de possessions en A mérique et dans les Indes.

La cour de Londres cédait à celle de Madrid l’île de Minorque et les deux Florides ; en échange, elle obtenait la restitution des îles Bahama.

Un traité particulier régla les intérêts respectifs de l’Angleterre et de la Hollande.

Ce dénouement tardif et difficile d’un si grand drame fut reçu par l’Amérique avec froideur, par l’Angleterre et par l’Espagne avec indignation, par la France seulement avec enthousiasme.

La paix réservait à Washington une nouvelle gloire. On le verra, lors du licenciement de l’armée (15 mars 1783), employer tout l’ascendant de son éloquence, de son caractère et de son nom, pour ramener au devoir des soldats révoltés ; on le verra, plus admirable et plus sublime encore dans ses adieux au congrès, déclarer qu’à l’avenir il pose les armes, et qu’il consacre ses mains victorieuses à la culture du sol qu’il a défendu et sauvé (23 décembre 1783).

Si Washington fut le modèle des libérateurs, la révolution des État-Unis est le modèle des révolutions. Par la sagesse calme et courageuse avec laquelle elle fut conduite, par la carrière grande, lumineuse, infinie qu’elle ouvrit aux Américains, c’est l’acte qui honore le plus le génie des temps modernes. Ou est fier de penser que la France prit à cet acte une part immense, et de trouver des noms français dans toutes les pages qui en racontent l’histoire : à côté du nom de Washington s’est placé celui de Lafayette.

Les excès ou les vertus des colonies qui se déclarent indépendantes rejaillissent sur leur métropole, et en font l’honneur ou la honte ; car les excès sont toujours en raison des souffrances que les peuples ont endurées, et les vertus en proportion du bonheur dont ils ont joui. Sous ce point de vue jamais la constitution, les lois et les mœurs de l’Angleterre ne reçurent un hommage plus éclatant que dans cette révolution où le peuple américain n’eut rien à changer que le nom de son chef, et garda tout ce qu’il tenait de ses anciens maîtres, excepté le joug dont il ne voulait plus. Le meilleur gouvernement de la vieille Europe semble, en traversant les mers, s’être épuré de ses défauts pour aller fonder dans la jeune Amérique la plus belle forme politique du monde entier.

Edouard Monnais.


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