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Auvergne : origine et histoire du département Puy-de-Dôme

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Départements français
Histoire des départements français. Les événements, histoire de chaque département : origine, évolution, industries, personnages historiques
Histoire du département du Puy-de-Dôme
(Région Auvergne)
Publié / Mis à jour le vendredi 29 janvier 2010, par LA RÉDACTION
 

Le département du Puy-de-Dôme occupe environ les trois cinquièmes de l’ancienne province d’Auvergne, dont le Cantal, une partie de la Haute-Loire, de la Creuse et de la Corrèze complètent la circonscription.

Ce pays était occupé lors de l’invasion romaine, par une des plus puissantes tribus de l’ancienne Gaule, les Arvernes (ar, haut ; verann, habitation), dont la domination ou l’influence s’étendait depuis le Tarn et les Cévennes jusqu’au cours supérieur de l’Allier, du Cher et de la Creuse, et depuis la Vezère et la Corrèze jusqu’à la haute Loire. Ils avaient pour clients les Vellavi (Velay), les Gabali (Gévaudan), les Rutheni (Rouergue), et pour alliés les Cadurci (Quercy), le dernier peuple de la Gaule qui subit la domination romaine. Le roi des Arvernes pouvait lever deux cent mille combattants et tenir en échec les puissantes tribus des Éduens, des Séquanes et des Bituriges.

La capitale de l’Arvernie était Gergovia (près de Romagnat, à 6 kilomètres au sud de Clermont), dont le nom disparaît de l’histoire après l’héroïque défense de Vercingétorix. Après sa destruction, il n’est plus question que de Nemetum ou Nemossus (aujourd’hui Clermont), qui s’élevait dans le voisinage de Gergovie.

Nous ne savons rien des événements dont ce pays a été le théâtre pendant la domination gauloise. Des guerres de peuplade à peuplade, des incursions sur des territoires peu ou point limités, des alliances conclues ou rompues, le tout sans résultats politiques importants, sans noms historiques, sans chronologie ; voilà ce que nous connaissons des Arvernes, comme de leurs voisins, avant l’arrivée des légions romaines.

Leur nom figure parmi ceux des tribus gauloises qui, dès l’an 150 de Rome, vinrent, sous la conduite de Bellovèse et de Sigovèse, s’établir dans le nord de l’Italie, appelé, de cette invasion, Gaule cisalpine. Luer, Luern ou Luérius est le premier roi dont il est fait mention ; il régnait vers l’an 130 avant notre ère ; il s’est rendu célèbre par sa magnificence et ses libéralités. Son fils Bituit s’est fait un nom illustre parmi les chefs de la Gaule ; avec lui commence l’histoire de l’Arvernie, c’est-à-dire l’histoire de la décadence et de l’asservissement de sa nation.

Les Romains avaient pénétré jusque chez les Allobroges (Savoie et Dauphiné) ; la conquête de ce territoire devenait pour les Arvernes une menace imminente d’invasion. Bituit offrit sa médiation ; il envoya au consul Domitius Abenobarbus une ambassade qui lui permit d’étaler aux yeux des austères conquérants toute la pompe d’un roi barbare, mais qui n’eut aucun résultat. Il se hâta d’appeler aux armes sa nation et ses clients, et leva une armée qu’on n’évaluait pas à moins de deux cent mille hommes. Mais il n’arriva que pour assister à la défaite de ses alliés ; tout ce qu’il put faire, ce fut d’empêcher les vainqueurs de poursuivre momentanément leurs succès.

Il ne les arrêta pas longtemps. Le consul Fabius Maximus vint amener à son collègue un renfort de vingt mille hommes. Bituit se porta au-devant de l’ennemi, franchit le Rhône et offrit la bataille (121 avant J.-C.). Plein de confiance dans le nombre de ses soldats, il regardait avec mépris cette poignée d’envahisseurs qui se proposait de dicter des lois à une grande nation. « Il n’y a pas là de quoi nourrir mes chiens, » disait-il dans son orgueilleux dédain.

Cependant la tactique parut un instant céder au nombre. Fabius fit alors charger les éléphants. C’était la première fois que les Arvernes se trouvaient en présence de pareils ennemis. La panique se mit dans les rangs ; ce fut un sauve-qui-peut général ; on compte qu’il périt, tant sous le fer de l’ennemi que dans les eaux du Rhône, plus de cent vingt mille hommes. Ce chiffre, quelque énorme qu’il soit, ne paraîtra pas exagéré, du moins quant à la proportion des morts sur le nombre des combattants, si l’on songe qu’à cette époque les batailles se terminaient presque par l’extermination de l’armée vaincue, témoin la défaite des Cimbres et des Teutons par Marius.

Bituit, assez heureux pour échapper au massacre, s’enfuit dans les montagnes, laissant au vainqueur son char et ses trésors. A quelque temps de là, Domitius l’attira dans une entrevue, sous prétexte de propositions de paix, et le fit traîtreusement prisonnier. L’infortuné Bituit fut envoyé à Rome pour figurer dans la solennité des honneurs du triomphe décernés à ses vainqueurs. Il mourut à Albe. Son fils Congentiat, amené également à Rome, où le sénat avait promis de le faire instruire, disparut, sans que l’on sût jamais ce qu’il était devenu. Malgré la grandeur d’un tel échec, les Arvernes ne furent point traités en peuple conquis. Les Romains n’étaient pas encore en mesure de se maintenir dans le pays.

Bituit n’eut point de successeur. La nation resta constituée en une sorte de république, sans chef prépondérant, et Celtill, pour avoir aspiré à la royauté, fut mis à mort par ses concitoyens.

Ce fut vers l’an 58 avant J.-C. que César pénétra dans les Gaules. Il venait au secours des Éduens, menacés de dépossession par les Helvètes et les Germains d’Arioviste. En quelques mois, le général romain refoula les envahisseurs dans leurs montagnes et au delà du Rhin, avec des pertes considérables. Mais, au lieu d’un allié, les Éduens avaient amené un maître.

La prodigieuse activité par laquelle César soumit, en quelques années, toute la Gaule et la Grande-Bretagne fera l’éternel étonnement de l’histoire. Cependant, si l’on considère que, dans leurs guerres de tribus à tribus et de nation à nation, il s’agissait, entre barbares, non d’une question de prédominance, mais de la possession même du sol, on sera moins surpris de la facilité avec laquelle les Gaulois subirent la domination romaine, qui leur laissait leurs champs, leurs villes, une partie de leurs institutions, et ne leur imposait qu’un tribut et une garnison.

C’était la civilisation instruisant la barbarie. Aussi, le héros romain est-il populaire chez ceux mômes qu’il vient de soumettre. Toutefois, ce travail d’éducation est avant tout l’oeuvre du temps, et avant qu’il ait porté ses fruits, les puissances déchues n’ont pas renoncé à ressaisir leur influence. Si la masse, qui n’a fait que changer de maîtres, accepte une autorité qui s’annonce d’abord par des bienfaits, les chefs, les bardes, les prêtres, les grands feront appel à tous les sentiments de religion, de patrie, d’indépendance, afin d’entraîner les peuples à la révolte et de ressaisir leur suprématie.

Le retour de César en Italie et son séjour prolongé à Rome parurent aux Gaulois une occasion favorable de prendre l’offensive. Les Arvernes, qui avaient subi sans trop de résistance la conquête, se trouvent cette fois les meneurs de l’insurrection nationale. Vercingétorix, qu’ils viennent de placer à leur tête, devient le chef de tous les confédérés. Ce n’était plus une révolte que les Romains avaient à combattre, mais le soulèvement général d’un peuple, jusque-là divisé, mais uni cette fois contre l’ennemi commun, et résolu, pour l’affamer, à ne laisser derrière lui que la ruine et la mort.

A la nouvelle des événements, César quitte brusquement l’Italie, franchit les Alpes Maritimes et parait tout à coup sur le territoire des Arvernes, brûlant et saccageant tout, afin de faire un exemple et de contenir les populations par la terreur des représailles. Vercingétorix était alors chez les Bituriges avec son armée. Il revient à la hâte défendre son pays. Déjà le général romain, laissant un détachement sous les ordres de son lieutenant Brutus, est allé rejoindre ses légions cantonnées au pays des Lingons. Il reparaît à la tête de nouvelles forces en Arvernie et vient mettre le siège devant Gergovia. Mais la résistance des assiégés et le soulèvement des Eduens l’obligent à la retraite.

Encouragé par le succès, Vercingétorix poursuit l’armée romaine jusque hors de son territoire, sur les bords de la Saône ; malheureusement, il a l’imprudence d’offrir la bataille. Ce n’était pas la bravoure qui manquait aux Gaulois. Aussi la mêlée fut-elle des plus sanglantes. Cependant le nombre dut céder encore à la tactique, et le chef arverne fut trop heureux d’échapper au massacre avec quelques débris de son armée.

La défaite n’abattit pas ses espérances ; il réussit à rallier quatre-vingt mille hommes et s’enferma dans Alésia (Alise), une des forteresses les plus redoutables de la Gaule. La résistance ne fut pas moins opiniâtre qu’à Gergovie ; mais Alésia fut forcée de se rendre, et Vercingétorix, fait prisonnier, fut envoyé à Rome et lâchement assassiné dans sa prison six ans plus tard. Ce fut le dernier effort de l’indépendance. A dater de ce moment (l’an 705 de Rome), et jusqu’à l’invasion des barbares, la Gaule n’est plus qu’une province de l’empire.

Les Romains, cruels jusqu’à la lâcheté envers leurs ennemis, comme on l’a vu par l’exemple de Bituit et de Vercingétorix, ne s’occupaient plus, après la victoire, que des moyens de s’attacher les vaincus. Comprise dans la Gallia comata (Gaule chevelue), Nemetum, la nouvelle capitale de l’Arvernie, eut son capitole, son sénat, ses monuments, ses écoles.

En reconnaissance des bienfaits d’Auguste, elle voulut s’appeler Augusto-Nemetum. Elle eut bientôt des savants, des artistes, des orateurs dont la réputation ne le céda en rien à ceux de la métropole : Marcus Cornélius Fronton, professeur d’éloquence, atteignit une telle célébrité qu’il fut mandé à Rome, où il devint l’instituteur et l’ami de Marc-Aurèle ; plus tard, nous trouvons les Avitus, Sidoine Apollinaire, etc.

Le christianisme ne commença d’être prêché aux Arvernes que vers l’an 250. L’Église a consacré le souvenir des premiers apôtres de ce pays : saint Austremoine, saint Alyre, saint Népotien, saint Rustique, saint Éparque. Elle tient également en vénération la mémoire du sénateur Injuriosus, qui vécut avec sa femme dans une perpétuelle continence et dont l’histoire se trouve rapportée au long dans Grégoire de Tours.

Malgré ses montagnes et les fortifications naturelles dont elle se trouve protégée, l’Arvernie ne fut point à l’abri des incursions des barbares. Elle fut ravagée tour à tour par les Vandales, les Mains, les Suèves ; Crocus, chef d’une de ces bandes, pénétra jusqu’à Nemetum et détruisit le fameux temple de Wasso, l’une des merveilles de l’antiquité.

Les Huns y passèrent à leur tour (439). Trop faibles pour résister à l’invasion, les empereurs romains avaient cru prudent de lui faire sa part. Dès 419, Honorius avait cédé l’Aquitaine aux Wisigoths. En 475, Népos dut acheter quelques moments de trêve en leur cédant encore l’Auvergne, où ils avaient déjà fait une incursion l’année précédente. Ils la gardèrent trente-deux ans ; et, après la bataille de Vouillé, qui leur fit perdre toutes leurs possessions des Gaules, l’Auvergne passa sous la domination des rois francs, comme partie du royaume d’Austrasie (507). Thierry, fils de Clovis (511-534) fut obligé de reconquérir cette partie de ses États sur Childebert, roi de Paris, qui, pendant que son frère était occupé au delà du Rhin, s’était emparé de Clermont.

Le règne de Théodebert (534-547) et celui de Théodebald (547-553) permirent aux Auvergnats de réparer les désastres des invasions précédentes. Clotaire Ier, roi de Soissons et bientôt après de toute la monarchie franque, confia le gouvernement de l’Auvergne à son fils Chramne, dont la révolte ramena encore une fois les fléaux de la guerre sur cette province. Vaincu par ses frères Caribert et Gontran, le nouvel Absalon périt au milieu des flammes (560).

L’Auvergne, ravagée encore une fois en 573 par les Saxons, fut comprise dans le royaume d’Aquitaine, fondé en 630 par Dagobert en faveur de son frère Caribert. Pendant un siècle et demi, les annales se taisent sur les événements politiques de cette contrée. A défaut de chefs de hordes, promenant après eux le pillage et l’incendie, elles conservent les noms de quelques bienfaiteurs de la civilisation : saint Gal ; saint Avit, qui fit construire, en 580, l’église du Port ; saint Genès, d’une famille sénatoriale, qui fonda deux monastères et un hospice ; saint Bonnet, grammairien et jurisconsulte ; saint Avit II.

De 730 à 732, invasion des Sarrasins ; de 750 à 768, guerre entre Waïfre, duc d’Aquitaine, et Pépin, chef de la seconde dynastie franque. Nouveaux désastres pour le pays. Clermont est livré aux flammes (761). Au IXe et au Xe siècle, incursions des Normands.

C’est de la domination des rois d’Aquitaine que date la création du comté d’Auvergne, dont les titulaires, d’abord simples gouverneurs amovibles, finirent par se rendre héréditaires. Guillaume le Pieux, le premier comte par droit de succession, succéda à son père Bernard en 886. En 893, Eudes le nomma roi d’Aquitaine. Cependant la suzeraineté du comte de Poitiers fut presque constamment reconnue.

Les Auvergnats, qui avaient subi plutôt qu’accepté l’autorité des Carlovingiens, ne se montrèrent pas moins hostiles aux fondateurs de la troisième race. La déposition de Charles le Simple ne les empêcha point de dater leurs actes par les années de son règne ; et, après sa mort, ils adoptèrent la formule : « Christo regnante, Rege deficiente ; Christ régnant, le roi manquant. »

Au XIe siècle s’arrêtent les incursions des barbares.. Indigènes et conquérants ont fini par trouver place sur le sol. La nouvelle société est en travail d’organisation. Ce sont les beaux jours de la féodalité. En attendant que la puissance royale, confisquant à son profit toutes les suzerainetés secondaires, ne reconnaisse plus dans les provinces que des gouverneurs amovibles, chaque pays, chaque canton va avoir son seigneur.

A côté des comtes d’Auvergne surgissent ceux de Murat, de Carlat, de Thiers, de Mercoeur, de Brioude, etc. Aux seigneuries laïques viennent s’ajouter les fiefs ecclésiastiques : le chapitre de Clermont, l’abbaye de Saint-Austremoine, celles de Mauzac, de Mauriac, d’Aurillac, de La Chaise-Dieu. C’est la guerre civile en germe ; elle ne tardera pas à faire oublier les maux de l’invasion. Toutefois la première croisade, résolue au concile même de Clermont (1095), en réunissant toutes les activités vers un but commun, arrête un instant l’explosion des querelles intestines. Mais, dès 1121, Guillaume VI entre en campagne contre l’évêque, qui appelle à son secours le roi Louis le Gros. Le comte est forcé de céder. Son fils Robert III va à son tour chercher querelle aux chanoines de Brioude.

A sa mort, son fils Guillaume VII le Jeune était en Terre sainte ; son frère puîné, Guillaume VIII le Vieux, s’empara du comté. Les deux compétiteurs en appelèrent à leurs suzerains ; l’oncle s’adressa au roi de France, le neveu au duc d’Aquitaine, qui était alors Henri II, roi d’Angleterre. La querelle des vassaux venait de soulever une question de compétence, il en sortit la guerre entre les suzerains.

Les deux Guillaume s’arrangèrent par un partage, et Guillaume le Jeune devint la souche des comtes de Dauphiné. La guerre n’en continua pas moins entre les rois de France et les rois d’Angleterre. Les ceintes se déclarèrent contre le premier, et Philippe-Auguste fut obligé de reconquérir une à une toutes les places de l’Auvergne (1213). Saint Louis en rendit une partie à Guillaume X (1230).

Le XIIIe et le XIVe siècle nous montrent la bourgeoisie aux prises avec les seigneurs. C’est la lutte des communes pour leur affranchissement, lutte autrement féconde que les querelles des hobereaux et des abbés. Les cités d’Auvergne obtinrent sans trop de résistance leurs franchises, et dès le commencement du XIVe siècle, treize villes avaient leurs représentants aux états provinciaux.

A cette époque, les comtes d’Auvergne semblèrent accepter complètement la suzeraineté royale et ne se signalèrent plus que par leur zèle à servir la couronne. Nous les trouvons avec leurs vassaux et toute la noblesse aux guerres de Flandre et aux combats d’Azincourt, de Crécy, de Poitiers. Citons, en passant, la mort tragique d’un comte de la branche aînée, le templier Gui, brûlé avec Jacques Molay, en 1313.

Le traité de Brétigny vint distraire l’Auvergne de l’administration royale en la constituant en duché-pairie au bénéfice de Jean, troisième fils du roi, à qui ce même traité enlevait le comté de Poitou, cédé aux Anglais. La fin du XIVe siècle fut signalée par les ravages des Anglais, des grandes compagnies et par la révolte des paysans contre leurs seigneurs. Béraud II, dauphin, et Louis II, duc de Bourbon, firent de vains efforts pour arrêter les désordres.

Le XVe siècle vit éclore sous les auspices des ducs de Bourbon, comtes d’Auvergne, deux révoltes contre le pouvoir royal : la première, la Praguerie, comptait parmi ses chefs le dauphin, depuis Louis XI ; la seconde, la ligue du Bien public, était dirigée contre ce même prince devenu roi. Ces deux insurrections trouvèrent peu de partisans chez les Auvergnats ; aussi la couronne en eut-elle bon marché.

En 1510, réunion des trois états de la province, afin de mettre en harmonie les coutumes et le droit écrit et d’arriver à une sorte d’unité de législation. 1533, voyage de François Ier allant au-devant de Catherine de Médicis, fiancée à son second fils Henri ; il passe par l’Auvergne, où on lui offre des fêtes splendides.

Nous arrivons aux guerres de religion. Les doctrines de la Réforme avaient pénétré en Auvergne et y avaient trouvé de zélés partisans. Les supplices et les exécutions ne pouvaient manquer de suivre. En 1548, Jean Brugière, du village de Piernoël, avait été brûlé vif à Issoire ; en 1553, Antoine Magne, d’Aurillac, avait été supplicié à Paris. En 1561, massacre de tous les protestants d’Aurillac. C’était assez de violences pour légitimer la révolte. Les protestants levèrent une armée et battirent les catholiques en 1568. Les succès de chacun des deux partis furent signalés par des atrocités et des supplices. La ville d’Issoire dut à sa qualité de place forte d’être assiégée, pillée et saccagée par les huguenots et par les catholiques.

L’Auvergne ne sortit des troubles religieux que pour tomber dans ceux de la Ligue. Les rebelles avaient à leur tête, dans cette province, Louis de La Rochefoucauld, comte de Randon, gouverneur du pays, et son frère François, évêque de Clermont. La population résista tant qu’elle put à l’entraînement des partis. Mais la guerre n’en dévasta pas moins la contrée, et ce fut encore la malheureuse ville d’Issoire qui en paya les frais. Les royalistes s’en emparèrent en 1590, le jour même où Henri IV gagnait la bataille d’Ivry. Ce fut la ruine de la Ligue.

En 1606, l’Auvergne se trouve définitivement réunie à la couronne ; nous résumons ici les mutations qu’elle a subies jusqu’à cette époque. Nous avons parlé du partage qui eut lieu vers 1155 entre Guillaume VII et Guillaume VIII. Le Dauphiné d’Auvergne resta dans la famille de Guillaume VII jusqu’en 1436 ; à cette époque, il passa dans la maison de Bourbon-Montpensier, par la mort de Jeanne, femme de Louis de Bourbon, décédé sans postérité.

Le comté d’Auvergne proprement dit subit encore un démembrement. Gui II, troisième successeur de Guillaume VIII, était en guerre avec son frère, l’évêque de Clermont. Ce dernier appela à son secours le roi de France Philippe-Auguste. Le comte, vaincu, fut dépouillé de son titre, dont fut investi Gui de Dampierre. La famille du nouveau seigneur s’éteignit en la personne de son fils. Le comté, réuni à la couronne, fut de nouveau constitué en apanage, en 1225, par Louis VIII, et divisé en deux parts : la plus considérable, érigée en duché, fut donnée à Alphonse, comte de Poitou, second fils du roi ; l’autre fut rendue par saint Louis à Guillaume X, fils de Gui II, dépossédé par Philippe-Auguste.

Le duché, réuni à la couronne à la mort d’Alphonse, reconstitué au bénéfice de Jean de France, duc de Berry, fut cédé, en 1416, à la maison de Bourbon, déjà maîtresse du Dauphiné. La confiscation des biens du connétable (26 juillet 1527) fit rentrer à la couronne ces deux fiefs importants. Quant au comté rendu à Guillaume X, il resta dans la mémo famille jusqu’en 1505. A cette époque, Jeanne,. héritière de Jean III, se voyant sans postérité, légua ses biens à Catherine de Médicis, sa nièce par son mariage avec Henri II.

Le comté échut par héritage à Marguerite de Valois, soeur de Henri III et première femme de Henri IV. Elle en fit don au dauphin, depuis Louis XIII (1606), et l’annexion de toute la province à la couronne se trouva complète.

L’histoire de l’Auvergne se confond, à dater de ce moment, dans l’histoire générale. Nous devons mentionner la tenue des Grands-Jours à Clermont, en 1665. Les guerres de religion et les troubles de la Fronde causèrent de grands désordres en Auvergne et dans le centre de la France ; l’autorité royale y était méconnue, et la plupart des nobles et des seigneurs y avaient ramené les tyrannies et les exactions de la féodalité.

Le roi et le parlement s’émurent des plaintes qui leur parvenaient, et, le 31 août 1665, une déclaration royale ordonna la tenue d’une juridiction ou cour, vulgairement appelée les Grands-Jours, dans la ville de Clermont, pour l’Auvergne, le Bourbonnais, le Nivernais, le Forez, le Beaujolais, le Lyonnais, la Combrailles, la Marche et le Berry. Un président au parlement, Potier de Novion, un maître des requêtes, Caumartin, seize conseillers, un avocat général, Denys Talon, et un substitut du procureur général furent désignés pour tenir ces assises extraordinaires.

Leurs pouvoirs étaient à peu près absolus. L’arrivée des commissaires royaux, de Messieurs des Grands-Jours, comme on les appelait, produisit dans toute l’Auvergne une émotion extraordinaire. Le peuple accueillit les magistrats parisiens comme des libérateurs, et l’on a conservé un remarquable monument de sa joie, c’est le Noël des Grands-Jours. La terreur, au contraire, planait sur les châteaux ; une foule de gentilshommes quittaient la province ou se cachaient dans les montagnes ; d’autres s’efforçaient d’amadouer les paysans, et ceux que avaient été les tyrans des pauvres devenaient leurs suppliants. Fléchier, alors simple abbé, âgé de trente-trois ans, qui accompagnait M. de Caumartin en qualité de précepteur de son fils, a laissé une curieuse relation de son voyage en Auvergne et de ces assises judiciaires.

Le vicomte de La Mothe-Canillac fut condamné à mort et exécuté, ainsi que le sieur de Veyrac ; le marquis Jacques-Timoléon de Montboissier-Canillac, l’Homme aux douze Apôtres ; Gaspard, marquis d’Espinchal ; le comte d’Apchier ; les comtes du Palais, alliés à la maison de Turenne ; le baron de Sénégas, et bien d’autres, furent condamnés par contumace, leurs châteaux furent démolis et leurs biens confisqués.

Il y eut 273 contumaces condamnés au gibet, 96 au bannissement, 44 à la décapitation, 32 à la roue et 28 aux galères. De sages règlements furent édictés pour prévenir le retour des abus de la noblesse. Les Grands-Jours furent levés après trois mois d’assises, d’octobre 1665 à janvier 1666, et une médaille, frappée à cette occasion, en consacra la mémoire. L’effet moral qu’ils avaient produit fut très considérable. La dernière secousse violente imprimée au pays fut la révocation de l’édit de Nantes (1685). Des villes entières furent ruinées par cet acte impolitique que l’histoire a reproché au grand roi.

 
 
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