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Nord-Pas-de-Calais : origine et histoire du département Pas de Calais - Histoire de France et Patrimoine


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Départements français

Histoire des départements français. Les événements, histoire de chaque département : origine, évolution, industries, personnages historiques


Histoire du département
du Pas-de-Calais
(Région Nord Pas-de-Calais)
Publié / Mis à jour le vendredi 29 janvier 2010, par LA RÉDACTION

 

L’histoire de ce département est toute dans son nom : Pas-de-Calais, passage de Calais ; c’est de là qu’on passe le plus aisément du continent dans cette grande île voisine qui s’allonge, jalouse et fière, en face de nos côtes. Pas de Calais, c’est le nom de ce canal étroit au delà duquel on aperçoit, de notre territoire, le rivage de l’Angleterre. Partout ailleurs, nos côtes se retirent devant elle, excepté pourtant la presqu’île du Cotentin (département de la Manche), qui la menace de Cherbourg. Mais Cherbourg est moins hardie ; elle s’arrête à 25 lieues ; Calais se pose audacieusement jusqu’à 8 lieues de la grande puissance rivale, audace tantôt glorieuse pour notre pays et tantôt fatale.

Ce rivage a porté au-devant de la Grande-Bretagne tous ceux qui ont voulu l’aller chercher chez elle, depuis le conquérant des Gaules, qui, deux fois, descendit chez les Bretons d’autrefois, jusqu’à cet autre conquérant qui avait juré la ruine d’Albion, et qui, moins heureux que César, ne put donner à ses soldats la conquête qu’il leur avait montrée du doigt. Ce même rivage, en des jours de plus triste mémoire, a servi de premier marchepied à ces mêmes ennemis que jamais nous n’avons pu troubler dans le repos de leurs foyers. Trop rapproché d’eux alors, il leur offrait une prise facile, et, pour peu qu’ils étendissent le bras, ils saisissaient Calais, Boulogne et se trouvaient maîtres des poternes de la France.

La première fois qu’une armée franchit le détroit, ce fut sous Jules César. Il venait de rejeter au delà du Rhin les Germains qui menaçaient de lui disputer la Gaule ; il voulut de même refouler dans la Bretagne les secours et les inspirations que les peuples gaulois recevaient de ce foyer de la religion druidique. Il s’embarqua dans le pays des Morins. Les Morins, les Atrebates (d’où Arras), tels étaient les peuples qui occupaient notre département et qui venaient de reconnaître, non sans une glorieuse résistance, l’empire des aigles romaines.

Parti de chez eux, César reparut bientôt, vainqueur des Bretons et pourtant forcé de revenir sur ses pas ; mais déjà, par les soins de Labiénus, une flotte mieux équipée se préparait à Itius portus, qu’on croit être aujourd’hui Wissant, et César, avec ces ressources nouvelles, fut cette fois plus heureux. A Itius portus fut établie une des grandes stations navales de l’empire romain.

Mais les siècles s’écoulent ; Alains, Suèves, Vandales, Burgondes, franchissant le Rhin inférieur, inondent, ravagent les Belgiques et ce pays même des Morins, attribué par Honorius à la Belgique IIe. Ce torrent passe et va, bruyant et dévastateur, se perdre au loin dans les sables de l’Afrique ; cependant notre province respire à peine, que déjà les Francs y pénètrent et en font une de leurs premières conquêtes.

Les Mérovingiens y règnent pendant tout le cours de leur existence ; comprise dans toutes les vicissitudes des partages, elle appartient au royaume de Soissons, quand les fils de Clovis, en 511, font quatre morceaux de la Gaule ; plus tard, quand la division, moins arbitraire et plus réelle, en Neustrie et en Austrasie prévaut dans l’empire des Francs, elle se trouve rattachée à la Neustrie, c’est-à-dire au pays qui deviendra français, et que le cours de l’Escaut sépare de l’Austrasie, destinée à être longtemps germanique.

Alors que la dynastie carlovingienne en décadence voyait les bénéficiers retenir insolemment et transmettre à leurs héritiers des terres que les rois et les empereurs ne leur avaient point données à ces conditions, le pays des Atrebates fut un des derniers à partager le sort des autres parties de la Gaule et à sortir des mains du souverain pour passer dans celles d’un bénéficier ; ce n’est qu’en 863 que Charles le Chauve l’aliéna en autorisant sa fille Judith à le porter en dot au comte de Flandre, qui en fut souverain pendant plusieurs siècles.

Un mariage l’avait donc détaché de la couronne ; un mariage l’y ramena. Les mariages jouaient un grand rôle dans le monde féodal. Ils rassemblaient tour à tour et séparaient les provinces, les fiefs. C’étaient bien plutôt les terres qui s’épousaient que les seigneurs et les nobles dames. Philippe-Auguste épousa (1180) la nièce du comté de Flandre, Isabelle, qui avait en dot le pays d’Artois (Atrebatensis terra). Ce pays n’était pas encore un comté. Il ne reçut ce titre qu’en 1238, et déjà il était séparé de nouveau de la couronne ; il est vrai que c’était à d’autres conditions qu’auparavant : saint Louis venait de le donner en apanage à son frère cadet, Robert, de sorte que l’Artois fut une des premières provinces qui servirent à former cette chose toute nouvelle et pleine de si graves conséquences, les apanages, par lesquels la maison royale trouvait moyen d’établir partout ses propres membres et de former une féodalité nouvelle ’toute dévouée.

Grâce à son titre de frère de saint Louis, le premier comte d’Artois faillit devenir empereur d’Allemagne. Le pape lui offrait cette couronne, qu’il voulait arracher à Frédéric II. Mais les états du royaume de France répondirent « qu’il suffisoit a M. le comte Robert d’être frère du roi de France, qui était le plus grand prince de la terre, » et refusèrent cette offre. Ce n’est pas sur le trône impérial, mais bien tristement, loin de sa patrie, que devait mourir le malheureux Robert. Il accompagna saint Louis dans la septième croisade.

Il était un des plus vaillants et des plus téméraires parmi toute cette chevalerie brillante qui fit connaître sa bravoure aux musulmans des bords du Nil. Depuis un mois, l’armée chrétienne se consumait en vains efforts pour franchir le canal d’Aschmoun, au delà duquel se riaient d’eux les musulmans, lorsqu’on trouva un gué. Robert d’Artois le passa le premier avec trois cents chevaliers seulement, malgré la défense du roi son frère. « Je vous jure sur les saints Évangiles, avait répondu le jeune imprudent, de ne rien entreprendre qu’après votre passage. » Promesse vite oubliée !. A peine vit-il les Sarrasins fuir devant lui que, transporté d’ardeur, il s’attacha à leurs pas et les poursuivit jusque dans Mansourah. Mais une fois dans cette ville, il fut cerné, écrasé sous les poutres et les pierres et succomba (1250).

Aussi brillant, aussi téméraire, aussi malheureux fut Robert II d’Artois. Armé chevalier par saint Louis, il accompagna le pieux roi, son oncle, dans cette funeste croisade de Tunis, où il recueillit son dernier soupir. On le vit ensuite, sous Philippe III et Philippe IV, aller soutenir vaillamment en Navarre, dans les Deux-Siciles, en Flandre, l’influence française, alors portée partout par des princes de la famille royale. Quand Boniface VIII excommunia Philippe le Bel, il osa, lui, déchirer la bulle pontificale, si menaçante pour l’indépendance de la France.

C’est lui encore qui commandait l’armée française dans cette funeste bataille de Coudray, si fatale à la noblesse de notre pays, et qui fut cause de ce grand désastre. Ce fut une seconde édition de la Mansourah. Le sage connétable de Nesle, qui voulait le retenir, se vit accuser de trahison : « Je ne suis pas un traître, répondit froidement le prudent capitaine ; suivez-moi seulement ; je vous mènerai si avant que nous n’en reviendrons ni l’un ni l’autre. » Cette triste prédiction s’accomplit : Robert succomba, percé de trente coups de pique (1302).

Avant cette catastrophe, en récompense des services de Robert, Philippe le Bel, par lettres royaux du mois de septembre 1297, avait érigé en pairie le comté d’Artois. Ce titre de pairie semblait assurer mieux que jamais la succession masculine dans ce comté, quand même il n’eût pas été généralement admis dans le droit féodal de l’époque que les femmes ne succédaient pas.

Pourtant cette grave question fut résolue alors différemment. Robert II avait laissé une fille, Mahaut, et un neveu Robert. Mahaut succéda ; Robert réclama. Il fut débouté de sa demande, en 1309, par un jugement des pairs, et Mahaut non seulement demeura comtesse, mais même siégea dès lors, et plusieurs fois, dans le parlement, comme pairesse (chose toute nouvelle).

Robert ne put se résigner. Il renouvela ses protestations sous les fils de Philippe le Bel, et plus vivement encore sous Philippe de Valois. Il avait eu le tort de fabriquer de fausses lettres par lesquelles Robert II aurait fait cession de son comté à son père Philippe. Le parlement découvrit la fraude, et, à la suite d’un procès scandaleux, une certaine Jeanne Divion, complice du coupable, fut brûlée en 1331.

Pour lui, il refusa de comparaître. Déjà faussaire, il se fit encore sorcier et envoûta le roi, c’est-à-dire qu’il fabriqua une petite image de cire représentant le roi et la perça au coeur avec une aiguille ; un homme envoûté, selon les superstitions du Moyen Age, était un homme perdu. Pourtant Philippe de Valois continua de se porter fort bien, et Robert, craignant les longs bras du parlement, jugea prudent de s’en aller ailleurs. II passa donc d’abord en Flandre, puis en Angleterre et mit le comble à ses crimes en appelant dans son pays le roi d’Angleterre, Édouard III. Ainsi cette famille d’Artois mérite le reproche d’avoir contribué à allumer ce triste incendie de la guerre de Cent ans qui devait dévorer la France.

En 1382, le comté d’Artois fut réuni à celui de Flandre, sous le fameux Louis de Male, et deux ans après, en mourant, il le laissa à Marguerite, sa fille, qui avait épousé le duc de Bourgogne, Philippe le Hardi. Quand elle mourut à son tour (1405), elle le transmit à Jean, son fils, qui avait hérité de Philippe le duché de Bourgogne, et depuis lors le comté et le duché demeurèrent réunis jusqu’à la mort de Charles le Téméraire.

A ce moment (1477), où la grande puissance des ducs de Bourgogne se trouva démembrée, l’Artois fut porté, avec la Flandre et la Franche-Comté, dans la maison d’Autriche, par le mariage de Marie de Bourgogne avec l’archiduc Maximilien, mais à la charge de l’hommage envers la France. Bien plus, par le désastreux traité de Cambrai (1529), résultat de la bataille de Pavie, François Ier fut obligé de renoncer à toute suzeraineté sur l’Artois, comme sur la Flandre, et ce ne fut que cent vingt ans après que les victoires du grand Condé le rendirent à la France.

C’est ce que consacra le traité des Pyrénées (1659), confirmé par celui de Nimègue (1678). Depuis lors, ce comté ne fut plus jamais détaché de la monarchie française, et même, depuis 1757, il fut désigné pour servir d’apanage au second frère du roi ; c’est à ce titre que le possédait le roi Charles X avant de monter sur le trône.

Pendant les cent cinquante ans environ qu’il fut soumis à la domination espagnole, l’Artois s’était fait maintenir ou accorder par ses souverains étrangers, fort intéressés à user de ménagement envers un pays aussi important par sa richesse et sa position, des privilèges qu’il conserva après son retour à la couronne de France.

Aussi demeura-t-il pays d’états, ne connaissant ni douanes, ni aides, ni gabelles, et même ayant le droit d’exercer un contrôle nominal sur la levée des deniers royaux. Relativement à ses divisions ecclésiastiques et administratives, il comptait deux évêchés, Arras et Saint-Omer, et se divisait en huit bailliages et une gouvernante, celle d’Arras ; il faisait partie du gouvernement militaire de Picardie et relevait de l’intendance de Flandre pour les finances. Sa population était évaluée à 319 200 habitants. Quant à la langue, l’Artois est remarquable pour avoir été et être encore le théâtre de la lutte du picard et du flamand, en d’autres termes du français et de l’allemand. Le picard a l’avantage à présent et fait des progrès qui refoulent peu à peu son rival.

La province d’Artois a formé, pour la plus grande partie, le département du Pas-de-Calais ; pourtant leurs limites sont loin de coïncider, et ce serait une grave omission dans l’histoire du département que celle des pays, du reste bien moins importants, du Boulonais, du Calaisis, de l’Ardrésis, qui dépendaient anciennement de la basse Picardie.

Comme le Loiret, le Pas-de-Calais, pendant la guerre de 1870-1871, a été témoin d’une victoire remportée par l’armée française sur les Prussiens. C’était le 2 janvier 1871. Commandée par le général Faidherbe, l’armée du Nord, qui déjà, le 23 décembre 1870, avait brillamment soutenu l’effort de l’ennemi à Pont-Noyelles, se trouvait alors divisée en deux corps, le 22e, sous les ordres du général Paulze d’Ivoy, et le 23e, sous les ordres du général Lecointe. « Une division du 2e corps dirigea une attaque vigoureuse sur le village de Béhagnies, qu’elle ne réussit point à enlever ; mais la 1re division du 2e corps (colonel du Bessol) chassa des villages d’Achiet-le-Grand et de Bihucourt les troupes prussiennes commandées par le général de Goeben. Le 3 janvier, toutes les positions ennemies, à Favreuil, Supinies, Avesnes-lès-Bapaume, Ligny, Tilloy, Grévillers, furent enlevées. A six heures du soir, porte la relation officielle, nous avons chassé les Prussiens de tout le champ de bataille, couvert de leurs morts. »

Les pertes éprouvées par le département du Pas-de-Calais pendant la guerre de 1870-1871 ont été évaluées à 2 014 893 francs.




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