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15 Janvier 1066 : mort d'Édouard le Confesseur, roi d'Angleterre

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15 Janvier 1066 : mort d’Édouard le Confesseur, roi d’Angleterre
Publié / Mis à jour le jeudi 19 novembre 2009, par LA RÉDACTION
 

En Angleterre, la conquête normande succéda presque immédiatement à la domination danoise ; par un hasard singulier, le règne du dernier prince de race anglo-saxonne forme la transition de l’une à l’autre.

Édouard était le second fils de cet Ethelred que le crime de sa mère avait porté au trône (Elfrida fit poignarder Édouard le Martyr, que le roi Edgar, son époux, avait eu d’un premier lit), et qui tenta d’affranchir sa patrie en ordonnant un massacre de tous les étrangers. (voy. 13 Novembre 1002.) Les Danois, conduits par Swen ou Suénon, vinrent en nombre formidable demander vengeance pour leurs compatriotes. Abandonné par ses propres sujets, Ethelred se réfugia chez Richard Ier, duc de Normandie, dont il avait épouse la fille : c’est à la cour de ce duc que ses deux fils, Alfred et Édouard, furent élevés.

Pendant ce temps la dynastie danoise s’établissait dans l’île de Bretagne ; en moins de trente ans, quatre rois se transmettaient le sceptre. A côté de cette puissance il s’en élevait une autre qui semblait devoir l’appuyer, et qui finit par la détruire. Godwin, simple berger, qu’une aventure romanesque avait jeté dans l’armée des ennemis de son pays, qui leur dut ses grandeurs et son titre de comte, qui, sous le règne d’Herald, avait fait périr l’un des fils d’Ethelred, ce même Godwin profita de la mort prématurée d’Hard-Knut, souverain danois, pour couronner l’autre fils du roi saxon. Il existait entre Édouard et Godwin une inimitié déclarée ; le jeune prince avait publiquement accusé le comte du meurtre d’Alfred. Cependant il devint son gendre : il épousa cette belle Editha si accomplie et si malheureuse ; la haine qu’Édouard portait au père retomba sur la fille : « On assure même, dit Hume, que dans tout le cours de sa vie il s’abstint avec elle de tout commerce d’amour ; et telle était l’admiration stupide de ces siècles pour une inviolable chasteté, que la conduite du roi à cet égard est » hautement vantée par l’histoire monacale, et qu’elle contribua grandement à lui mériter le titre de Saint et de Confesseur. » ( Histoire d’Angleterre. )

Le joug danois étant brisé, l’impôt de la conquête aboli, la Bretagne parut appelée à des destinées plus heureuses : « Mais sous cette apparence extérieure de prospérité et d’indépendance, se développaient sourdement de nouveaux germes de servitude et de ruine. Edward (Édouard ), fils d’une Normande, élevé depuis son enfance en Normandie, était revenu presque étranger dans la patrie de ses aïeux ; le langage d’un peuple étranger avait été celui de sa jeunesse ; il avait vieilli parmi d’autres hommes et d’autres mœurs que les mœurs et les hommes de l’Angleterre ; » ses amis, ses compagnons de plaisirs et de peine, ses plus proches parents, l’époux de sa sœur étaient de l’autre côté de la mer. II avait juré de n’amener qu’un petit nombre de Normands ; il en amena peu en effet, mais beaucoup vinrent après lui... Les forteresses nationales furent mises sous la garde d’hommes de guerre normands ; des prêtres normands devinrent les conseillers intimes, les directeurs religieux, les chapelains du roi des Anglais. De prétendus parents d’Edward passaient en foule le détroit, sûrs d’être bien accueillis. Quiconque sollicitait en langue normande n’essuyait jamais un refus ; cette langue bannit du palais la langue nationale, objet de risée pour les courtisans d’outre-mer ; et les Anglais qui voulaient plaire à leur roi devaient balbutier leurs flatteries dans cet idiome favori. Les ambitieux et les intrigants l’étudiaient, le parlaient dans leurs maisons, comme le seul digne d’un homme bien né ; ils quittaient leurs longs manteaux pour les casaques normandes ; ils imitaient dans l’écriture la forme alongée des lettres normandes ; au lieu de signer leurs noms au bas des actes civils, ils y suspendaient des sceaux en cire à la manière normande. En un mot tout ce qu’il y avait d’anciens usages nationaux, même dans les choses les plus indifférentes, était abandonne au bas peuple.

Mais le bas peuple, qui avait versé son sang pour que l’Angleterre fût libre, et qui était peu frappé des grâces nouvelles de l’habit écourté et de l’écriture alongée, crut voir renaître sourdément et sous une apparence nationale le gouvernement de l’étranger. Godwin, quoiqu’il fût parmi les siens le plus élevé en dignité et le premier après le roi, se souvint heureusement de son origine plébéienne, et entra dans le parti populaire contre les favoris normands. »

Voilà en abrégé le tableau du règne d’Édouard, dont le mouvement, comme on le voit, tendit à substituer une oppression à une autre. Godwin fit inutilement la guerre au souverain, qui lui devait tout. Guillaume, duc de Normandie, vint à son tour visiter l’Angleterre, et prendre pour ainsi dire la mesure de sa conquête. Il paraît qu’Édouard, d’après les conseils de Robert, archevêque de Cantorbéry, éveilla le premier l’ambition du jeune duc, en lui promettant de le nommer son successeur. Cependant le monarque, faible et irrésolu, rappelait de Hongrie les héritiers de son frère ; mais diverses circonstances le ramenèrent à son premier dessein, dont il différait toujours l’exécution, et qu’il cachait à tous ses ministres.

La mort le surprit dans ces incertitudes. Son règne, qui dura vingt-cinq ans, fut heureux et paisible, ainsi que le remarque le célèbre historien de l’Angleterre ; ses sujets en eurent l’obligation bien plus aux circonstances qu’aux talents de leur roi. « Les Danois, occupés à d’autres entreprises, ne le troublèrent pas par ces invasions si importunes à tous ses prédécesseurs, et si fatales à quelques-uns d’entre eux. La facilité de son caractère le soumit à l’empire qu’exercèrent sur lui Godwin et Haroldson » fils. Tant que ces hommes distingués furent revêtus du pouvoir, ils s’en servirent avec succès pour conserver la paix intérieure du royaume. »

Édouard le Confesseur publia un Recueil de lois que la nation anglaise affectionna long-temps. Il fut le premier roi qui toucha les écrouelles ; sa réputation de sainteté faisait croire à des cures merveilleuses. Ses successeurs auraient craint de porter atteinte à leur puissance, s’ils ne se fussent attribué la même prérogative.

 
 
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