Histoire de France, Patrimoine, Tourisme, Gastronomie, Librairie
LE 31 octobre DANS L'HISTOIRE [VOIR]  /  NOTRE LIBRAIRIE [VOIR]  /  NOUS SOUTENIR [VOIR]
Histoire France, Patrimoine, Gastronomie, Tourisme
 
« Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du
peuple avant qu'il ne les ait oubliées » (C. Nodier, 1840)
 

 
NOUS REJOINDRE SUR...
Nous rejoindre sur FacebookNous rejoindre sur TwitterNous rejoindre sur LinkedInNous rejoindre sur VKNous rejoindre sur InstragramNous rejoindre sur YouTubeNous rejoindre sur Parler

Les maisons à colombages d'Alsace en péril

Vous êtes ici : Accueil > L’Histoire fait l’Actu > Les maisons à colombages d'Alsace en (...)
L’Histoire fait l’Actu
Quand Histoire et Patrimoine font la une, s’invitent dans notre quotidien et deviennent un sujet d’actualité. Le passé au cœur de l’actu.
Les maisons à colombages
d’Alsace en péril
(Source : L’Alsace)
Publié / Mis à jour le mercredi 30 septembre 2015, par LA RÉDACTION
 
 
 
Elles ont résisté aux siècles, aux catastrophes et aux guerres : pourtant chaque année, des dizaines de maisons à colombages alsaciennes disparaissent dans la région, un patrimoine dont la sauvegarde reste tributaire de la bienveillance des maires et des associations.

Leur pérennité se trouve aujourd’hui attaquée tous azimuts, estime l’Association pour la sauvegarde de la maison alsacienne (Asma) interrogée à l’occasion des Journées du patrimoine. « Les maisons à colombages sont synonymes d’attractivité pour les touristes. Beaucoup de gens y voient un patrimoine inépuisable, mais petit à petit leur nombre se réduit comme peau de chagrin », explique Bruno de Butler, membre de l’Asma.

Des bâtiments qui « ne cadrent plus »
Des familles qui n’ont pas les moyens d’engager de lourds travaux de restauration, le manque d’intérêt pour l’ancien, un héritage familial parfois embarrassant : les causes de ce phénomène d’abandon sont multiples et il est fréquent de voir des propriétaires tentés de vendre ou de démolir ces maisons pour du neuf. Transmises de génération en génération, des dizaines de maisons paysannes, corps de ferme, granges et dépendances en poutres de bois apparentes seraient pourtant sacrifiées chaque année, estiment les défenseurs de l’Asma. « La maison alsacienne n’est pas mal aimée, mais elle n’est pas dans l’air du temps », estime Bruno de Butler.

À Matzenheim, au bout de la route qui traverse le village vers Strasbourg, on découvre une demeure à deux niveaux construite en 1624 durant la Guerre de Trente ans, classée monument historique, dans un état de vétusté avancé. Sur la façade, on peut voir des colombages colmatés, semble-t-il, à la hâte avec des panneaux de contreplaqué. « On voit à quel point l’État protège le patrimoine », ironise Bruno de Butler qui arbore une barbe blanche de professeur, en désignant avec son parapluie la sablière de la maison, une poutre de finition qui « prend l’humidité et est en train de pourrir ». « À terme tout va s’effondrer », prédit-il.

Maison alsacienne à colombages. D'après une huile de Charvet
Maison alsacienne à colombages. D’après une huile de Charvet

Mais le danger émane aussi des communes qui décident de préempter la vente de ces maisons pour les raser et y construire des HLM, lotissements ou des parkings. À Wolfisheim, à un jet de pierre de la mairie, la commune envisage ainsi de raser une maisonnette qui « ne cadre plus » avec le reste du quartier ceinturé de constructions récentes, selon les militants de l’association. Sollicitée par l’AFP, la mairie n’a pas souhaité réagir dans l’immédiat.

Jusqu’à 400 destructions par an
La menace qui pèse aujourd’hui sur les maisons alsaciennes n’est pas nouvelle. « Cela a été de tout temps comme ça. Les centres de villages ont été détruits pour laisser la place à une salle polyvalente. Les maires sont souvent les premiers fossoyeurs », estime Guy Macchi, 67 ans, président des bénévoles de l’Écomusée d’Alsace.

Dès les années 1970, des étudiants « soixante-huitards » ont cherché à sauver ce patrimoine, démontant 25 propriétés pour les déplacer sur un terrain de 10 ha qui a jeté les bases de l’Écomusée d’Alsace à Ungersheim, précise-t-il. Dans les années 1980, la destruction des colombages dans la région a même atteint le rythme de « 400 bâtiments par an », souligne-t-il.

Face à cette tendance, Strasbourg fait aujourd’hui exception. Dans sa partie insulaire, qui abrite la maison Kammerzell près de la cathédrale et la Petite France, les colombages de la capitale alsacienne sont réputés intouchables depuis leur classement en 1988 au patrimoine mondial de l’Unesco. « Dans les années 1970 on avait tendance à démolir. Aujourd’hui la tendance est à l’inverse, on cherche à préserver », indique-t-on à la Ville.

Quant aux amoureux du colombage, ils ne désarment pas. À Schnersheim (Bas-Rhin), Denis Elbel, 63 ans, ancien ingénieur dans une entreprise de construction, a relevé le pari en 2010 de restaurer de la cave au grenier un gigantesque corps de ferme datant de 1783 et appartenant à la famille de son épouse. « Elle est repartie pour cent ans », se félicite cet ancien cadre qui espère un label des Architectes et Bâtiments de France (ABF) et grâce à ses travaux d’isolation, la mention BBC décernée aux habitations à basse consommation d’énergie.

Laurent Geslin
L’Alsace

Accédez à l’article source

 
 
Même rubrique >

Suggérer la lecture de cette page
Abonnement à la lettre d'information La France pittoresque

Saisissez votre mail, appuyez
une seule fois
sur OK et patientez
30 secondes
pour la validation
Éphéméride : l'Histoire au jour le jour. Insertion des événements historiques sur votre site

Vos réactions

Prolongez votre voyage dans le temps avec notre
encyclopédie consacrée à l'Histoire de France
 
Choisissez un numéro et découvrez les extraits en ligne !