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15 juin 1467 : mort de Philippe le Bon, duc de Bourgogne

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15 juin 1467 : mort de Philippe le Bon, duc de Bourgogne
Publié / Mis à jour le vendredi 14 juin 2013, par LA RÉDACTION
 

Fils de Jean sans Peur et de Marguerite de Bavière, Philippe le Bon naquit à Dijon en 1396 ; il avait vingt-trois ans, lorsque son père tomba sur le pont de Montereau, victime d’une odieuse perfidie (1419). Le désir de la vengeance devait le jeter dans le parti de l’Angleterre.

Philippe le Bon, duc de Bourgogne
Philippe le Bon

Bientôt une alliance est jurée entre Henri V et lui. Le roi et le duc réunissent leurs troupes, et Paris les voit entrer le même jour l’un et l’autre. Après la mort de Henri&nbsp V, Philippe refuse la régence, qui est déférée au duc de Bedford ; mais le mariage de ce dernier avec Anne de Bourgogne resserre encore les deux maisons.

Néanmoins, un élément de discorde ne tarda pas à se développer, et à rompre cette ligue fatale à la France. A compter de la délivrance d’Orléans (8 mai 1429), le duc de Bourgogne ne témoigna plus que de la froideur au duc de Bedford. Jeanne d’Arc fut prise par ses troupes, et il refusa de la livrer ; mais Jean de Luxembourg la vendit. Enfin, le 21 septembre 1435, fut signé ce traité célèbre par lequel Charles VII, désavouant le meurtre de Jean sans Peur, s’engageait à punir les coupables, et promettait une amnistie générale à tous ceux qui avaient porté les armes contre la France.

Dans le même acte, Philippe, s’intitulant duc par la grâce de Dieu, reconnaissait le roi pour son souverain seigneur, à condition que ses sujets resteraient indépendants de la couronne pendant sa vie ; qu’on lui céderait Mâcon, Bar-sur-Seine, et quelques autres seigneuries ; en outre, qu’on lui paierait 50 000 écus d’or, et que la souveraineté de la Picardie, bien que déclarée rachetable, lui demeurerait à jamais engagée. A la nouvelle de ce traité, Bedford meurt de chagrin. Philippe offre sa médiation à Henri VI ; mais ses ambassadeurs ayant été outragés à Londres, à ces offres toutes pacifiques, il substitue des lettres de défi, que, l’année suivante, il essaie vainement de soutenir par le siège de Calais.

Depuis vingt-cinq ans, le duc d’Orléans, fils de celui qu’avait fait assassiner Jean sans Peur, et père de Louis XII, était captif en Angleterre ; Philippe paya sa rançon et lui rendit la liberté sous la seule promesse d’oublier les anciens débats de leurs familles. L’union des deux princes devint même si étroite, que pour forcer Charles VII à recevoir dans son conseil le duc d’Orléans, le duc de Bourgogne menaça le roi de ses armes. La révolte des Gantois lui offrit une occasion plus sérieuse de les employer.

La Belgique servit de théâtre à une guerre d’extermination, et Philippe, dit un historien, pleura sa victoire. A cette époque, Constantinople venait de tomber sous l’effort de Mahomet II (29 mai 1453). Dans un festin splendide, Philippe jura sur un faisan que, si le roi de France voulait tenir ses pays en paix, il irait combattre le grand turc, corps contre corps, ou puissance contre puissance. Ce serment, répété par toute la cour, ne produisit qu’un voyage inutile en Allemagne, dans lequel le duc ne put même pas voir l’empereur.

La vieillesse de Charles VII et celle de Philippe furent attristées par la séditieuse indocilité de leurs fils. Lorsque Louis XI, encore dauphin, s’enfuit à la cour de Bourgogne, le duc, dont il n’avait pas attendu l’aveu, s’agenouilla, et lui dit : « Monseigneur, mes soldats et mes finances sont à votre service, sauf contre monseigneur le roi, votre père ; mais de réformer son conseil, ce ne convient ni à vous, ni à moi ; je le tiens si sage et si prudent, qu’il saura bien réformer ceux de son dit conseil, sans qu’il soit besoin qu’autrui s’en doive mêler. » Malgré cette prudente réserve, le roi de France improuva la conduite de Philippe, et jusqu’à sa mort, la guerre fut toujours sur le point d’éclater entre le souverain et le vassal.

Quant à l’héritier de Bourgogne, alors appelé comte de Charolais, et depuis Charles le Téméraire, sans cesse il troublait la cour par ses ressentiments et ses fougueuses saillies ; sans cesse il excitait son père aux partis les plus violents. Par lui fut entreprise et conduite la guerre du bien public, que termina le traité de Conflans 5 octobre 1465). Ce traité à peine signé, Louis XI souleva les Liégeois contre le duc ; le comte de Charolais, envoyé pour les soumettre, se présenta devant la ville de Dinant. Les habitants, qui l’avaient pendu en effigie, promenèrent sur leurs remparts une image de son père, représenté au milieu d’un fossé bourbeux, et ils criaient aux assaillants : Voilà le siège du grand crapaud, votre duc. Un châtiment terrible punit cette insolence. La ville, prise d’assaut, fut livrée au pillage et aux flammes ; tous les habitants périrent par le glaive. Philippe, malade et infirme, s’était fait porter en litière pour jouir du spectacle de sa vengeance : il ne survécut pas longtemps à ce déplorable succès.

Prince libéral, brave, populaire, ami des arts et protecteur de l’industrie, Philippe mérita son surnom de le Bon, que semble pourtant démentir la dernière scène de sa vie. « Ses subjects, dit Comines, avoient grandes richesses, à cause de la longue paix qu’ils avoient eue, et pour la bonté du prince sous qui ils vivoient, lequel peu tailloit ses sujets ; et me semble que ces terres se pouvoient mieux dire terres de promission que nulles autres seigneuries qui fussent sur la terre. » Malgré son goût pour le faste et les plaisirs, on trouva dans ses coffres quatre cent mille écus d’or et soixante-douze mille marcs d’argent, sans compter plus de deux millions d’objets précieux. Philippe le Hardi, son aïeul, était mort insolvable, et ce trésor ne servit qu’aux extravagances et à la perte de son fils.

Philippe le Bon s’était marié trois fois. En prenant sa troisième épouse, Isabelle de Portugal, il institua l’ordre de la Toison d’or. De graves historiens supposent à cette fondation une origine toute galante, et qui rappellerait celle de l’ordre de la Jarretière : à les en croire, le duc aurait voulu réhabiliter, ennoblir la couleur des cheveux d’une dame qu’il aimait : et cependant à la même époque Philippe adoptait, en l’honneur d’Isabelle, la devise conjugale : Autre n’aurai. Le fait ne détruit-il pas la conjecture ? Et ne faut-il pas croire plutôt que, par l’emblème de la Toison d’or, le duc cherchait à relever le commerce des laines, source de l’opulence de Bruges et des Pays-Bas ?

« C’est du règne de Philippe le Bon que le comté de Bourgogne commença d’être nommé la Franche-Comté, non que cette province ne fût déjà libre, franche et non imposable, mais parce que les circonstances de l’institution de l’ordre de la Toison d’or et de la création des hérauts d’armes, sous le nom des différents pays qui composaient les Etats du duc, déterminèrent à caractériser le héraut d’armes du comté de Bourgogne par un nom assorti à la liberté naturelle et aux immunités dont il jouissait. » (Art de vérifier les dates)

 
 
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