Histoire de France, Patrimoine, Tourisme, Gastronomie, Librairie
LE 16 septembre DANS L'HISTOIRE [VOIR]  /  NOTRE LIBRAIRIE [VOIR]  /  NOUS SOUTENIR [VOIR]
Histoire France, Patrimoine, Gastronomie, Tourisme


« Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du
peuple avant qu'il ne les ait oubliées » (C. Nodier, 1840)


REJOIGNEZ-NOUS sur VK, le
réseau social alternatif à Facebook !

Coutumes et traditions. Mariage dans le Mantois. Région parisienne. Autour de Paris. Banlieue de la capitale - Histoire de France et Patrimoine


Vous êtes ici : Accueil > Coutumes, Traditions > Mariage (Le) dans le Mantois au (...)

Coutumes, Traditions

Origine, histoire des coutumes, traditions populaires et régionales, fêtes locales, jeux d’antan, moeurs, art de vivre de nos ancêtres


Mariage (Le) dans le Mantois
au XIXe siècle
(D’après « La Tradition », paru en 1887)
Publié / Mis à jour le mardi 9 avril 2013, par LA RÉDACTION

 
 
 
Le Mantois est presque encore la banlieue de Paris et, cependant, les vieilles coutumes y ont longtemps résisté aux influences des moeurs parisiennes. A la fin du XIXe siècle encore, les jeunes gens plantaient des mais à la porte de leurs fiancées, et il n’était pas rare de voir les noces conduites par un violoneux tout enrubanné

A la mairie, institution moderne, rien qui rappelle les vieux usages ; les mariés et leurs invités y vont seuls. Les commères attendent sous le porche de l’église. Dès le commencement de la messe, elles envahissent les bas-côtés, épient curieusement les époux et tirent une foule de pronostics de leurs moindres faits. Au moment où le mari passe au doigt de sa femme l’alliance bénite, elles sont là, le cou tendu, et elles rient malicieusement : la mariée a plié son doigt, l’anneau a passé l’ongle à peine, elle sera la maîtresse.

La sortie de l’église se fait au milieu du plus grand désordre : parmi les curieuses, c’est à qui verra de plus près la mariée ; les gamins se bousculent autour de la table sur laquelle est servi le vin d’honneur, et à l’instant où la mariée parait sur le seuil de l’église, maints pétards sont tirés : ces démonstrations bruyantes ne déplaisent pas à nos fortes villageoises, et si le bruit de la poudre les émeut un peu d’abord, elles en rient crânement lorsque la fumée se dissipe. On boit alors à la prospérité du ménage, et c’est un beau spectacle de voir invités et curieux faire trêve à leurs remarques malignes — ce mot, dans le Mantois, est le synonyme de méchantes, mordantes — pour porter les toasts les plus chaleureux. Dans certains villages, la mariée brise son verre après avoir bu : autant de morceaux, autant d’années de bonheur. On peut juger de quel coeur le verre doit être lancé sur le pavé.

Pendant ce temps, quelques jeunes gens se sont rendus à la maison de la mariée et ont déposé un balai en travers de la porte. Si la jeune épouse passe le seuil sans relever le balai, elle est en butte aux quolibets de tous les invités : ce sera une mauvaise ménagère. Le balai est toujours relevé et cependant les bonnes ménagères sont assez rares. Le repas de noces se fait dans la grange décorée de feuillage et de fleurs ; les mariés, placés côte à côte, boivent dans le même verre, touchant symbole de la profonde communion qui doit régner entre eux.

Au dessert on apporte les objets donnés comme cadeaux de noces aux jeunes époux ; le plus grand cérémonial est réservé aux cadeaux burlesques. On présente à la mariée une marmite, une mouvette, un biberon, jusqu’à un vase de nuit muni de son petit balai. Et la joie la plus bruyante éclate devant la confusion de la pauvrette, qui doit entendre les plus grosses plaisanteries.

Les coutumes varient étrangement d’un village à l’autre. Il est, à quelques kilomètres au nord de Mantes, un petit village, Saint-Martin-la-Garenne, où les coutumes relatives au mariage avaient, au XIXe siècle également, un caractère tout à fait local et présentaient un cachet d’originalité très remarquable.

Les habitants de Saint-Martin, pays vignoble, passaient pour de fameux buveurs. L’homme partait le matin pour la vigne et ne dépassait pas le premier cabaret où il passait joyeusement la journée tandis que la femme, en jupon court et en grandes guêtres, s’éreintait dans la côte. Le matin du mariage, les jeunes gens mettaient en perce les trois ou quatre feuillettes qui devaient servir à désaltérer les noceux ; puis, munis chacun d’une bouteille et d’un verre, ils se répandaient dans le village, versant à boire à tous ceux qu’ils rencontraient : piètre noce que celle où l’on n’avait pas goûté de vin.

A la sortie de l’église, deux hommes s’avançaient vers la mariée, et, croisant leurs mains, ils la portaient en chaise du roi jusqu’à une petite chapelle bâtie au croisement des deux routes. — Quel rapport y avait-il entre cette chapelle élevée en souvenir d’une malheureuse victime d’un meurtre, et la singulière cérémonie qu’on y allait faire ? — Arrivée à là chapelle, la mariée, toujours assise sur les bras des deux hommes, jurait « de ne jamais aller chercher son mari au cabaret. »

Revenue chez ses parents, la mariée trouvait dans la cour une table dressée sur laquelle, pour tout service, se trouvaient un saladier, une soupière pleine de bouillon et une cuiller percée. La mariée goûtait au bouillon, puis la cuiller passait de main en main. Chaque invité goûtait ainsi le bouillon à tour de rôle et déposait une pièce de monnaie dans le saladier. Cette manière de donner le cadeau de noces produisait souvent une somme assez rondelette. La cuiller percée était certainement un symbole. Peut-être voulait on montrer à la jeune épouse avec quelle rapidité l’argent coule dans un ménage sans ordre ?

Dans tout le Mantois, les réjouissances du mariage donnaient lieu à une foule de farces retombant presque toutes sur les nouveaux époux. Ce n’est en effet qu’au prix de mille ennuis — quelquefois même cela va jusqu’au porte-monnaie — que les mariés peuvent se retirer dans leur chambre. La mariée quitte d’abord le bal ; sa mère protège la retraite, mais il faut souvent capituler à la porte de la chambre, ses compagnes veulent l’entraîner et quand le marié est venu la rejoindre, souvent après avoir payé son passage aux jeunes gens, tout n’est pas fini. Le lit plein de crin coupé ou de gros sel, est à refaire, quelque farceur est caché dans la ruelle ou dans l’armoire, et dans ce moment où ils auraient besoin de calme, leurs craintes sont éveillées à chaque instant par la malice de leurs invités.

Mais le violoneux accorde son instrument, les jarrets fatigués retrouvent leur vigueur et pendant qu’on danse dans la grange, les mariés... disent leur prière.

 
 

Saisissez votre mail, appuyez
une seule fois
sur OK et patientez
30 secondes
pour la validation




Histoire de France :
l'indispensable pour devenir incollable

2000 ans d'Histoire de France en 150 pages
Présentation / Commande : CLIQUEZ ICI
 

 

 

Prolongez votre voyage dans le temps avec notre
encyclopédie consacrée à l'Histoire de France

Choisissez un numéro et découvrez les extraits en ligne !

 


 

 Napoléon : l'enfance du futur empereur des Français
 
 Blason féodal : né au XIIe siècle de la nécessité d'authentifier les actes
 
 Charlemagne se fait voleur par ordre de Dieu
 
 Règles de bienséance et de politesse d'après un traité de 1628
 
 Des bibliothèques dans les trains ?
 
 Mutilation de l'Histoire de France : détruire le passé pour glorifier le monde nouveau
 
BON À SAVOIR
 Courir le guilledou
 
 Chercher midi à quatorze heures
 
MANIFESTATIONS
 Animal : bestiaire de verre de la fin du XIXe siècle à nos jours au musée du verre de Conches
 
 Marcellin Desboutin : à la pointe du portrait
 
 
L'ENCYCLOPÉDIE DU TEMPS JADIS
 Recevez en 48h les 37 volumes édités par La France pittoresque : 900 articles, 1800 illustrations formant une truculente mosaïque de notre riche passé !
 
 
 
 
 

 


Les plus récents
 
 Fête du lièvre et des noix à Hazebrouck (Nord)
 
 Tactique militaire au Moyen Age : de l'intelligence et de l'art du combat
 
 Frais de justice au XIVe siècle
 
 Coulisses (Dans les) du Palais-Bourbon : séances de la Chambre des députés au début du XXe siècle
 
 
Et puis aussi...
 
 Calembour (Le) : effet linguistique dans lequel la France excelle
 
 Thanksgiving : fête américaine peu connue en France à la fin du XIXe siècle
 
 Noël autrefois (Veillée de) et coutume du repas maigre
 
 Étudiants du XIXe et du XXe siècle : état d'esprit et mentalité
 
 
Plus d'articles...
 
 Voir les 304 ARTICLES

 

 La France pittoresque ne bénéficie d'aucune subvention, qu'elle soit publique ou privée. Prenez activement part à la transmission de notre patrimoine !
 
 Soutenez une véritable réinformation historique et contribuez à la conservation de notre indépendance éditoriale
Vous pouvez également opter pour
un montant libre
 
VOS DONS NOUS SONT PRÉCIEUX
EN SAVOIR +

 

 Facebook
 Twitter
 VK
 Instagram
 LinkedIn
 Pinterest
 Tumblr
 

     

 

Retrouvez toute L'HISTOIRE DE FRANCE avec l'Encyclopédie du temps jadis

 
Copyright © 1999-2019 LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270. N° CNIL 824 842. N° Siret 481 246619 00011. Code APE 913E

La France pittoresque et Guide de la France d'hier et d'aujourd'hui sont des marques déposées.
Site déposé à l'INPI
 
Recommandé notamment parMAISON DU TOURISME FRANÇAIS dès 2003Maison de la FranceALLIANCE FRANÇAISEAlliance Française
 
Mentionné notamment parSIGNETS DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCESignets de la Bibliothèque Nationale de FranceMINISTÈRE DE LA CULTUREMinistère de la Culture
 
Services La France pittoresque
 
Noël au coin de l'Histoire : boutique d'ouvrages pour vos cadeaux de fêtes de fin d'année
 
LA FRANCE PITTORESQUE : 1 - Guide en ligne des richesses de la France d'hier et d'aujourd'hui depuis 1999 : Histoire de France, patrimoine historique et culturel,
gîtes et chambres d'hôtes, tourisme, gastronomie. 2 - Magazine d'histoire 36 pages couleur depuis 2001, une véritable encyclopédie de la vie d'autrefois


Magazine

Encyclopédie

Blog

Facebook

Twitter

VK

Heypster

Vero

Pinterest

Tumblr

Instagram

YouTube

Librairie

Paris pittoresque

Prénoms

Services