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5 décembre 1814 : mort du poète Evariste Parny

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5 décembre 1814 : mort
du poète Evariste Parny
Publié / Mis à jour le dimanche 2 décembre 2012, par LA RÉDACTION
 

Le poète, qui mérita le surnom de Tibulle Français, avait commencé par vouloir se faire trappiste. Né à l’île Bourbon, en 1753, il était venu faire ses études à Rennes, et du collège avait passé au monastère : mais heureusement il ne tarda pas à reconnaître qu’il s’était trompé sur sa vocation, et il quitta le monastère pour la caserne.

Dans le monde son exaltation religieuse se changea en amour des plaisirs : entraîné par l’exemple des jeunes officiers, ses camarades, il se pénétra de leurs maximes et les mit joyeusement en pratique. Dans un voyage qu’il fit à l’île Bourbon, il connut cette jeune créole, cette Eléonore, immortalisée par ses vers. Il avait vingt ans, elle en avait treize : la volonté du père de sa maîtresse s’étant opposée à ce qu’il la nommât sa femme, il la vit passer dans les bras d’un autre, revint en France, et chanta son amour, ses joies, ses douleurs.

C’est alors que naquit chez nous l’élégie : la froide et minaudière afféterie de Dorat avait trouvé des admirateurs et enfanté des copistes. « Malgré les vices de sa manière, ou plutôt à cause d’eux, a dit Tissot dans son Esquisse sur la poésie érotique, Dorat fit école ; on vit s’élever sous ses ailes une race de poètes petits-maîtres, aussi vains, aussi frivoles et moins brillants que lui. Ils eurent un moment de vogue ; la foule courut après eux comme des enfants poursuivent en été ces papillons que la chaleur du jour a fait éclore. Parny vint, et mit en fuite le maître, l’école et les disciples. Les femmes le reconnurent d’abord pour un peintre éloquent du véritable amour ; Voltaire l’honora du nom de Tibulle, et le plus brillant succès fut la récompense du jeune poète.

« Satisfait de sa gloire, il obtint un autre prix ; elle lui donna un élève dans un ami qui avait d’abord adopté la manière, le coloris faux et brillanté de Dorat. Parny dessilla les yeux de Bertin, mais en le ramenant à la nature, il ne put lui donner son génie. » Dans le parallèle qu’il établit entre les deux poètes, Tissot accorde justement la supériorité à Parny, supériorité fondée sur l’originalité, la passion vraie et tendre, et le sentiment délicat des convenances. A tous ces mérites Bertin n’avait à opposer que celui d’une versification savante et travaillée.

Pour dissiper les ennuis d’une existence inquiète et paresseuse, le chevalier, plus tard vicomte de Parny, entreprit de longs voyages ; il parcourut les côtes d’Afrique, visita le Cap, Buenos-Aires, s’embarqua pour l’Inde. Sa santé le força de renoncer au service ; il revint en France, où la Révolution le surprit dans les paisibles loisirs de sa retraite de Feuillancour. Il se plaisait à dire que la Révolution ne lui ôtait rien, puisqu’il n’avait ni places, ni pensions, ni préjugés.

Il se trompait : d’abord craignant qu’une visite domiciliaire ne lui enlevât un poème en dix-huit chants sur les amours des reines et régentes de France, et que cette production, gracieusement satirique et maligne, n’allât grossir, malgré lui, le torrent des plus dégoûtants libelles, il le jeta au feu : premier dommage. La dépréciation des assignats le réduisit à vendre jusqu’à ses livres, second dommage, en compensation duquel il obtint un modeste emploi. Parny fut quelque temps administrateur du Théâtre des Arts : la main discrète d’un ami, du général Macdonald, le soutint dans sa détresse.

Quand l’ordre eut repris son cours, Parny reprit sa lyre, suivant l’expression du temps. Il publia la Guerre des dieux, poème, qui, pour le talent comme pour le scandale, n’est que le frère cadet du poème de la Pucelle. Un cri de réprobation s’éleva contre l’auteur : on trouva que le moment était mal choisi pour attaquer le christianisme, pour le livrer à la risée ; on blâma le cynisme des peintures, mais on en admira le dessin, le coloris. Bonaparte raya le nom du poète, que son frère Lucien proposait pour la place de bibliothécaire des Invalides.

Admis à l’Institut (1803), le poète persista dans ses profanations littéraires, en publiant le Paradis perdu et les Galanteries de la Bible. Isnel et Asléga, les Rosecroix, et quelques opuscules complètent la liste des ouvrages de Parny, qui trouva un mécène dans M. Français de Nantes, alors directeur des droits réunis.

 
 
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