Histoire de France, Patrimoine, Tourisme, Gastronomie, Librairie
LE 19 septembre DANS L'HISTOIRE [VOIR]  /  NOTRE LIBRAIRIE [VOIR]  /  NOUS SOUTENIR [VOIR]
Histoire France, Patrimoine, Gastronomie, Tourisme


« Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du
peuple avant qu'il ne les ait oubliées » (C. Nodier, 1840)


REJOIGNEZ-NOUS sur VK, le
réseau social alternatif à Facebook !

Piqueurs fesses des dames en 1819. Farceurs et piqûres à Paris. Préfecture de police, procès, amende - Histoire de France et Patrimoine


Vous êtes ici : Accueil > Anecdotes insolites > Piqueurs (Des) parisiens s'attaquent

Anecdotes insolites

Petite Histoire de France et anecdotes, brèves et faits divers insolites, événements remarquables et curieux, événements anecdotiques


Piqueurs (Des) parisiens s’attaquent
aux postérieurs féminins !
(D’après « Le Musée de la conversation », édition de 1897)
Publié / Mis à jour le mardi 20 février 2018, par LA RÉDACTION

 
 
 
Dans la seconde moitié de l’année 1819, un incident assez original vint jeter l’émoi dans la partie la plus gracieuse de la population parisienne. Un certain nombre de femmes, des jeunes filles surtout, se plaignirent d’avoir reçu, en se promenant sur la voie publique, des blessures produites par des instruments pointus que quelques farceurs inconnus auraient dirigés contre les régions les plus proéminentes de leurs personnes...

Voici à ce propos une note émanée de la Préfecture de police, que nous trouvons insérée dans le Moniteur universel du 4 décembre 1819 ; elle ne manque pas d’une certaine saveur :

« Un particulier, dont on n’a pu se procurer le signalement que d’une manière imparfaite, se fait depuis quelque temps un plaisir cruel de piquer par derrière, soit avec un poinçon, soit avec une longue aiguille fixée au bout d’une canne ou d’un parapluie, les jeunes personnes que le hasard lui fait rencontrer dans les rues, sur les places ou sur les promenades publiques.

Le résultat d'une Piqûre
Le résultat d’une Piqûre

« Celles sur lesquelles il semble qu’il ait de préférence exercé, jusqu’à ce jour, sa coupable et dangereuse manie, sont les jeunes personnes que les principes d’une éducation soignée, une timidité naturelle, ou la crainte d’occasionner un éclat ou du scandale, ont dû empêcher de se plaindre aussitôt qu’elles se sont senties blessées. »

La note finissait en engageant tous les citoyens à s’unir à l’autorité pour l’arrestation du coupable, jusqu’alors resté insaisissable. Le même organe cite, à la date du 12 décembre, un extrait du Journal de Paris : « Ces bruits répandus par les journaux, disait-on dans cet article, ont jeté dans le public une sorte d’effroi et une alarme telle, qu’une demoiselle prend la fuite, si on semble l’approcher de trop près. »

Naturellement l’aventure devait servir de prétexte à la réclame. Aussi lisons-nous dans l’Indépendant du 10 décembre une lettre d’un sieur Liébert, pharmacien, rue Saint-Louis, 21, au Marais ; recommandant un spécifique contre les piqûres, dont plusieurs, assure l’habile commerçant, lui ont laissé voir quelques apparences venimeuses. Cet antidote, appliqué à temps, devait arrêter tous les effets dangereux, « qui ne se manifestent ordinairement qu’au bout de quelques heures. »

Inutile de dire que chansons et caricatures égayèrent le public aux dépens des malheureuses victimes de l’introuvable mystificateur. On publia une plaquette intitulée : Piqûre à la mode, complainte, romance et chansons, par un membre de la société d’Épicure. Il y eut aussi les Piqûres en vaudeville. Quant aux caricatures, presque toutes anonymes, bien peu méritent d’être signalées.

Nous ne nous occuperons que des moins convenables. L’une d’elles, intitulée le Résultat d’une Piqûre, représente une femme dans une position... préoccupante. Nous mentionnerons la suivante comme une des meilleures. Un ouvrier est en train de garnir d’une cuirasse de sûreté les parties les plus exposées d’une jeune dame fort élégante. On voit pendues au mur plusieurs cuirasses de même forme. On lit en haut de la feuille : Par brevet d’invention, cuirasses préservant des piqûres, et en bas : comme ils vont être attrapés !

Une autre estampe, qui traite te même sujet, a pour titre : Étrennes pour le jour de l’an 1820. Préservatif certain contre la piqûre. Dans un magasin rempli de cuirasses de toutes grandeurs, une jeune femme essaie l’une de ces plaques protectrices à double convexité. A droite, un ouvrier forgeron les prépare. Au bas du dessin se trouvent ces vers :

Une doublure en fer-blanc,
La matière est un peu dure,
Mais le soin le plus urgent,
C’est d’éviter la piqûre

Ça vous va-t-y bien,
ça n’vous bless’t-y pas ?

Finalement l’affaire se dénoua devant la police correctionnelle. Le Journal de Paris des 26 janvier et 2 février 1820 rend compte du Procès d’un individu prévenu d’être un piqueur. Comme le rédacteur ne manque pas de le faire observer, cette cause était de nature à piquer la curiosité des dames.

Étrennes pour le jour de l'an 1820. Préservatif certain contre la piqûre
Étrennes pour le jour de l’an 1820. Préservatif certain contre la piqûre

Le prévenu était un malheureux garçon tailleur, âgé de 35 ans, nommé Bizeul. Bien que n’ayant pas été pris en flagrant délit, il fut reconnu par quelques-unes des parties intéressées et condamné à cinq ans de prison et 500 francs d’amende. A diverses reprises, notamment à la fin de juin 1895, la police eut à s’occuper de faits du même genre, qui semblent constituer un cas d’érotomanie parfaitement caractérisé. (l’Éclair des 5 juillet 1895 et 5 juillet 1896.)

L’affaire des piqueurs avait eu un curieux précédent dans les dernières années du règne de Louis XVI. Mercier rapporte, dans son Tableau de Paris (tome XI), le cas d’un particulier surnommé le chevalier Tape-cul qui, vers 1788, époque où le volume parut, prenait plaisir à frapper au bas du dos les femmes qui se trouvaient sur son passage. L’auteur ajoute qu’en général, les dames, surtout celles d’un certain âge, ne se montraient pas trop offusquées des mauvaises plaisanteries de ce maniaque.

Lejoncourt a fait figurer le chevalier Tape-cul dans sa Galerie des centenaires anciens et modernes (1842). Selon lui, ce vieillard, chevalier de Saint-Louis, qui n’était connu que sous ce sobriquet, serait mort vers 1802, à l’âge de 117 ou 118 ans. Jusqu’à la fin de sa vie, on le voyait se promener habituellement sur les quais Voltaire et Malaquais. Quand les femmes qu’il frappait s’irritaient de son audace, il leur répondait : « Allez, allez. vous direz que c’est un homme de cent dix-sept ans qui s’est permis cela, et on le lui pardonnera. »

 
 

Saisissez votre mail, appuyez
une seule fois
sur OK et patientez
30 secondes
pour la validation




Histoire de France :
l'indispensable pour devenir incollable

2000 ans d'Histoire de France en 150 pages
Présentation / Commande : CLIQUEZ ICI
 

 

 

Prolongez votre voyage dans le temps avec notre
encyclopédie consacrée à l'Histoire de France

Choisissez un numéro et découvrez les extraits en ligne !

 


 

 Napoléon : l'enfance du futur empereur des Français
 
 Pain mangé par nos aïeux : sa nature, son prix
 
 Mutilation de l'Histoire de France : détruire le passé pour glorifier le monde nouveau
 
 Berceuses populaires (Les) : airs entêtants, apaisants, traversant le temps et les provinces
 
 Des bibliothèques dans les trains ?
 
 Règles de bienséance et de politesse d'après un traité de 1628
 
BON À SAVOIR
 Faites ce que je vous dis et non pas ce que je fais
 
 Monter sur l’âne
 
MANIFESTATIONS
 Loire-Atlantique : terre de trésors
 
 Animal : bestiaire de verre de la fin du XIXe siècle à nos jours au musée du verre de Conches
 
 
L'ENCYCLOPÉDIE DU TEMPS JADIS
 Recevez en 48h les 37 volumes édités par La France pittoresque : 900 articles, 1800 illustrations formant une truculente mosaïque de notre riche passé !
 
 
 
 
 

 


Les plus récents
 
 Projet d'impôt sur la vanité
 
 Signature bureaucratique : une illisibilité proportionnelle au degré de « respectabilité » ?
 
 Mythe du legs d'une princesse russe enterrée au Père-Lachaise
 
 Louis XI préfère un âne à ses astrologues
 
 
Et puis aussi...
 
 Canon (Un) du XVe siècle utilisé lors du siège de Constantinople précurseur du mortier ?
 
 Pain de pommes de terre pour parer aux disettes ?
 
 Remaniement ministériel cherche ministres compétents en 1829
 
 Opération de cataracte au XIVe siècle
 
 
Plus d'articles...
 
 Voir les 333 ARTICLES

 

 La France pittoresque ne bénéficie d'aucune subvention, qu'elle soit publique ou privée. Prenez activement part à la transmission de notre patrimoine !
 
 Soutenez une véritable réinformation historique et contribuez à la conservation de notre indépendance éditoriale
Vous pouvez également opter pour
un montant libre
 
VOS DONS NOUS SONT PRÉCIEUX
EN SAVOIR +

 

 Facebook
 Twitter
 VK
 Instagram
 LinkedIn
 Pinterest
 Tumblr
 

     

 

Retrouvez toute L'HISTOIRE DE FRANCE avec l'Encyclopédie du temps jadis

 
Copyright © 1999-2019 LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270. N° CNIL 824 842. N° Siret 481 246619 00011. Code APE 913E

La France pittoresque et Guide de la France d'hier et d'aujourd'hui sont des marques déposées.
Site déposé à l'INPI
 
Recommandé notamment parMAISON DU TOURISME FRANÇAIS dès 2003Maison de la FranceALLIANCE FRANÇAISEAlliance Française
 
Mentionné notamment parSIGNETS DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCESignets de la Bibliothèque Nationale de FranceMINISTÈRE DE LA CULTUREMinistère de la Culture
 
Services La France pittoresque
 
Noël au coin de l'Histoire : boutique d'ouvrages pour vos cadeaux de fêtes de fin d'année
 
LA FRANCE PITTORESQUE : 1 - Guide en ligne des richesses de la France d'hier et d'aujourd'hui depuis 1999 : Histoire de France, patrimoine historique et culturel,
gîtes et chambres d'hôtes, tourisme, gastronomie. 2 - Magazine d'histoire 36 pages couleur depuis 2001, une véritable encyclopédie de la vie d'autrefois


Magazine

Encyclopédie

Blog

Facebook

Twitter

VK

Heypster

Vero

Pinterest

Tumblr

Instagram

YouTube

Librairie

Paris pittoresque

Prénoms

Services