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Picardie : origine et histoire du département de l'Aisne

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Départements français
Histoire des départements français. Les événements, histoire de chaque département : origine, évolution, industries, personnages historiques
Histoire du département de l’Aisne
(Région Picardie)
Publié / Mis à jour le mercredi 27 janvier 2010, par LA RÉDACTION
 
 
Temps de lecture estimé : 4 mn
 

Le territoire dont a été formé le département de l’Aisne était occupé, avant la conquête romaine, par diverses peuplades, qui ont laissé leur nom aux provinces, ultérieurement constituées dans le royaume de France. Le pays habité par les Suessiones est devenu le Soissonnais. Le Laonnais est l’ancienne patrie des Lauduni, de même que la Vermandois et le Noyonnais étaient originairement les contrées où vivaient les Veromandui et les Novioduni. Si nous ajoutons la Thiérache à ces divisions primitives, si nous rappelons que, dans la répartition territoriale des grandes provinces, le Noyonnais et le Laonnais furent incorporés à l’Ile-de-France, pendant que le Vermandois, la Thiérache et le Soissonnais continuaient à faire partie de la Picardie, il n’y a donc pas d’unité dans l’histoire générale du département et ses villes furent chacune, et pendant longtemps, le centre et la capitale d’une petite province.

Après avoir pris part à la grande lutte nationale contre les Romains, les Suessiones s’allièrent avec ces mêmes Romains contre les Belges et contribuèrent à la victoire que Jules César remporta sur eux à Bibrax ; ce qui fit que cette partie de la Gaule fut traitée par les Romains moins en pays conquis qu’en alliée. Les villes furent embellies, des temples et des monuments d’utilité publique furent élevés ; des routes dont il reste encore des traces furent construites. Aussi, plus qu’aucun autre de la Gaule, ce pays semble-t-il s’être absorbé dans l’unité du monde romain ; il avait été compris, sous le règne d’Honorius, dans la seconde Belgique.

Quand les hordes barbares se ruèrent sur la Gaule, les Romains trouvèrent, sur les bords de l’Aisne, des alliés dévoués et courageux, qui les assistèrent vaillamment dans leurs efforts pour repousser l’ennemi commun ; les Suessiones et les Lauduni se signalèrent dans la résistance victorieuse qui fut opposée à l’invasion des Vandales en 407 ; mais moins d’un siècle plus tard, en 486, la fortune imposa de nouveaux maîtres à la Gaule ; les plaines de Soissons virent la défaite de Syagrius, le dernier représentant de la domination romaine, et la victoire des Francs commandés par Clovis.

A la mort de ce prince, dans le partage de ses États, le Soissonnais forma, de 511 à 558, un royaume indépendant qui se confondit ensuite dans celui de Clotaire Ier. Chilpéric, un de ses fils, eut à son tour le Soissonnais en héritage et prit le titre de roi de Soissons. Chez tous les princes de la première race, jusqu’à Louis d’Outre-mer, qui, en 936 fixe sa résidence à Laon, nous trouvons une prédilection marquée pour cette contrée, soit que l’importance des villes les désignât alors comme places stratégiques ou sièges d’administration, soit que le caractère des habitants se fût concilié la faveur des nouveaux maîtres, comme il avait auparavant conquis les sympathies romaines ; du Cange constate que, pendant cette période, le pays resta inféodé au domaine de la couronne et fit constamment partie de ce qu’on appelait proprement la France. Le seul fait militaire qui se rattache à cette époque est une victoire de Carloman sur les Normands, remportée en 833, et dont les bords de l’Aisne furent le théâtre ; victoire qui fut suivie d’un traité de paix signé à Vailly.

C’est seulement après Charlemagne, et par suite des prodigieux accroissements de l’empire franc, que le gouvernement des villes et provinces fut confié à des comtes ou barons, d’où descendirent la plupart des dynasties féodales ; toutefois, les comtes du Vermandois étaient de la race du grand empereur.

En même temps que se consolidait et s’étendait la monarchie franque, le christianisme, qui l’avait précédée et qui lui avait préparé les voies par la dissolution de l’empire romain, en recevait, à son tour, la protection la plus puissante et les faveurs les plus signalées. L’œuvre apostolique avait duré trois siècles, du IVe au VIIe ; les plus glorieux soldats de l’Église militante furent, pour cette période : saint Firmin, saint Crépin et saint Crépinien, saint Valère et saint Rufin, saint Quentin, saint Waast, saint Valery et saint Riquier, saint Lucien et les apôtres de l’Église irlandaise. Avant l’extinction de la première race, de riches et nombreuses abbayes couvraient le pays ; on en comptait quatorze pour les diocèses de Noyon, Laon, Soissons, Amiens et Beauvais ; les villes mettaient leur orgueil dans la richesse et l’importance de leur cathédrale, et le pouvoir temporel, en maint endroit, augmentait encore l’influence religieuse des évêques.

Affaiblissement du pouvoir royal, morcellement du territoire en fiefs féodaux, rivalités des évêques et des barons, efforts des communes pour s’affranchir, tels sont les éléments principaux qui constituent l’histoire de France sous les rois de la seconde race ; nulle part ces caractères ne se dessinent d’une manière plus saisissante, ne se traduisent en épisodes plus significatifs que dans les annales de ce département. Si le pouvoir royal garde encore quelques restes de son influence sur le pays, si dès 1185 le Vermandois est réuni à la couronne par Philippe-Auguste, nous voyons surgir l’autorité quasi souveraine des prélats de Noyon, Laon et Soissons ; nous voyons arriver jusqu’au mépris des ordres royaux l’indépendance des Enguerrand de Coucy, et nous assistons aux premières et aux plus ardentes luttes de la bourgeoisie, combattant pour son émancipation communale.

Pendant que le pays est en proie à ces dissensions intestines, sa position géographique l’expose aux assauts des plus redoutables ennemis du dehors ; la possession de l’Espagne, de la Flandre et des Pays-Bas par les ducs de Bourgogne et la maison d’Autriche le met en contact, pendant plusieurs siècles, avec ces implacables adversaires de la France. Au commencement du XVe siècle, les Bourguignons s’emparèrent du Soissonnais et du Laonnais ; ils n’en sont chassés qu’en 1414. En 1557, les Espagnols gagnent contre notre armée la fameuse bataille de Saint-Quentin. Puis, aux guerres étrangères succèdent les guerres civiles de la Réforme, dans lesquelles intervient encore l’Espagnol, et qui ne prennent fin qu’en 1584, après le triomphe définitif de Henri IV et son avènement au trône.

Les derniers frémissements de la féodalité domptée agitèrent encore le pays pendant la minorité de Louis XIII. Les Espagnols, prompts à saisir toute occasion d’affaiblir la France, firent encore à cette époque plusieurs irruptions ; mais Richelieu, dont la main ferme et habile allait prendre le gouvernail, sut forcer l’ennemi à respecter nos frontières et assurer la paix intérieure.

Jusqu’aux guerres de Louis XIV, le pays fut tranquille ; pendant la première partie de ce règne, c’est le sol étranger que foulaient nos armées victorieuses ; mais l’heure des désastres arriva l’ennemi envahit à son tour la France ; les troupes impériales pénétrèrent, en 1712, jusqu’aux environs de Laon, et il fallut la victoire de Denain pour sauver la gloire de nos armes et l’intégrité de notre territoire. Le département de l’Aisne devait revoir l’ennemi en 1814 et en 1815 ; la conduite de ses habitants répondit alors à tout ce qu’on pouvait attendre de l’esprit patriotique et national qui avait toujours animé leurs pères ; mais la nature du sol, composé en grande partie de vastes plaines totalement découvertes, le peu de largeur des cours d’eau y permirent, moins qu’ailleurs, la guerre de partisans, dernière ressource ou dernière vengeance des pays envahis.

Pour les événements intérieurs, dans le cours de ce dernier siècle, la chronique intime du département est moins riche encore en faits d’une importance générale ; Soissons fut cependant, en 1728, le siège d’un congrès européen qui promettait de terminer tous les différends des grandes puissances, et qui, après plusieurs mois de conférences, n’amena aucun résultat.

Il y eut, en 1787, un remaniement administratif et l’essai d’une nouvelle organisation politique ; on décida l’établissement d’une assemblée provinciale pour le Soissonnais, et on créa des chefs-lieux d’élection dans chacune des villes principales qui forment le département actuel, à Soissons, Laon, Château-Thierry, Guise et Saint-Quentin ; cette réforme ne précéda que de quelques années la transformation de la France en départements ; Soissons devait y perdre sa supériorité, et Laon fut choisi pour chef-lieu de l’Aisne, comme point plus central et mieux approprié à la surveillance administrative. Mais le chef-lieu industriel se trouve aujourd’hui à Saint-Quentin, la ville la plus importante du département.

En 1870, le département de l’Aisne fut un des premiers envahis par les armées allemandes ; plusieurs combats s’y livrèrent, notamment aux environs de Saint-Quentin ; il ne fut complètement évacué qu’à la libération du territoire. Les pertes, de toute nature éprouvées par les habitants, par suite de cette occupation, ont été évaluées à 23 millions 742 839 francs 37 centimes.

 
 
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