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Fables de La Fontaine : appréciées par le public, dépréciées par les critiques ?

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Fables de La Fontaine :
appréciées par le public,
dépréciées par les critiques ?
(D’après « XVIIe siècle. Bulletin de la Société d’étude du XVIIe siècle », paru en 1966)
Publié / Mis à jour le dimanche 7 novembre 2021, par LA RÉDACTION
 
 
 
Si le public plébiscita les Fables dès la parution du premier recueil en 1668, critiques et historiens de la littérature furent longtemps peu soucieux d’admirer dans les apologues de La Fontaine la vertu d’enseigner des vérités morales associée aux dons d’un peintre de la vie, et l’invention d’un genre où les trouvailles du séduisant metteur en scène enrichissent celles de l’habile poète didactique qui eut pour alliée Madame de Sévigné fustigeant les « pédants d’esprit infirme, incapables d’apprécier ces artistes ingénieux »

Les critiques littéraires Désiré Nisard (1806-1888), Saint-Marc Girardin (1801-1873), Ferdinand Brunetière (1849-1906), Gustave Lanson (1857-1934), pour se borner à eux, ont contesté tout comme Charles-Augustin Sainte-Beuve (1804-1869) le prix des vers moraux ajoutés aux Fables. À en croire l’auteur des Lundis, la fable chez La Fontaine n’aurait été le plus souvent qu’un prétexte au conte, à la rêverie, la moralité s’y ajustant comme elle pouvait. Et si l’académicien Hippolyte Taine (1828-1893) a parlé des additions faites au récit, c’est afin de laisser entendre que le poète en variait la place pour qu’on ne les jugeât point inévitables.

Mais n’est-ce pas oublier le propos du fabuliste ? Lorsqu’il écrit touchant les pièces auxquelles il confie sa fortune (Le Pâtre et le Lion, livre VI, fable 1) :

En ces sortes de feinte il faut instruire et plaire,
Et conter pour conter me semble peu d’ affaire,

on doit le croire. Sa règle fut d’être artiste en vue de convaincre. Une fable bien narrée ne se borne pas à présenter un enseignement, elle l’accrédite, elle l’illustre.

Le Corbeau et le Renard. Page extraite de Fables de La Fontaine paru en 1938 aux Éditions des Enfants de France
Le Corbeau et le Renard. Page extraite de Fables de La Fontaine
paru en 1938 aux Éditions des Enfants de France

Et la moralité énoncée avec grâce enrichit l’apologue. Sa présence n’est pas un simple témoignage du respect qu’inspire à La Fontaine l’usage d’Ésope, de Phèdre et des autres fabulistes anciens, elle fournit un élément essentiel de l’œuvre. « L’Apologue, lisait-on dans la Préface au recueil des Fables de 1668, est composé de deux parties, dont on peut appeler l’une le Corps, l’autre l’Âme. Le Corps est la Fable ; l’Âme, la Moralité ».

Sous-estimer les pièces de cette structure au profit de celles où le poète s’en libère par crainte de ne pouvoir dire joliment la moralité ou parce que la leçon est si claire qu’on ne saurait la formuler sans lourdeur, et soutenir que La Fontaine n’eut parfois l’intention que d’écrire là une élégie, ici une chanson, ailleurs un entretien philosophique, c’est prendre le risque de méconnaître le projet du poète et de ne pas apprécier justement son premier recueil.

La fable de 1668 avait beau devenir poétique, elle restait traditionnelle dans sa conception, et par les sujets, et par l’allure, et par le goût des maximes d’un tour familier.

Exposant son dessein de mettre en vers des apologues choisis chez les anciens, La Fontaine écrivait : « J’ai considéré que, ces Fables étant sues de tout le monde, je ne ferais rien si je ne les rendais nouvelles par quelques traits qui en relevassent le goût » (Préface). Sues de tout le monde, l’expression est riche de sens. Elle ne porte pas seulement témoignage d’une curiosité didactique et d’une inclination du public à moraliser, elle suppose l’existence d’éditions nombreuses et accessibles. Accessibles, sinon dans le texte original, car on ne saurait affirmer que l’étude et encore moins la connaissance du grec fussent alors très répandues, mais accessibles à un grand nombre grâce aux versions latines des historiettes du Phrygien, aux distiques d’Avianus, aux fables de Phèdre (découvertes seulement en 1596 mais publiées dès 1598 et mises en prose française par M. de Saint-Aubain, alias Le Maistre de Sacy, en 1646), accessibles encore grâce aux traductions d’Ésope en notre langue.

De toute manière, c’est dans un large courant ésopique que le fabuliste champenois venait s’insérer. Rappelons aussi qu’à l’époque un recueil de fables était toujours illustré ; c’était même « le seul des ouvrages pour écoliers qui ne montrât pas une austérité complète » et leur ouvrît « le monde des formes » (édition 1962 des Fables chez Classiques Garnier). Quant aux lecteurs plus âgés, ils témoignaient pour les images d’un goût éveillé par les Emblèmes d’Alciat dont les éditions pullulèrent.

Le Savetier et le Financier. Page extraite de Fables de La Fontaine paru en 1938 aux Éditions des Enfants de France
Le Savetier et le Financier. Page extraite
de Fables de La Fontaine paru en 1938 aux Éditions des Enfants de France

« L’indulgence que l’on a eue pour quelques-unes de mes Fables me donne lieu d’espérer la même grâce pour ce recueil », écrit encore La Fontaine dans sa Préface de 1668. Qu’est-ce à dire ? Préparée par la mise en circulation de certaines copies et sans doute aussi par des lectures du poète faites chez des amis, l’édition princeps des Fables choisies, mises en vers par M. de La Fontaine (1668) se présentait sous la forme d’un superbe in-4 orné, en tête des fables, de vignettes gravées sur cuivre d’après les figurines de François Chauveau — l’illustrateur des Scarron, des Scudéry, et l’auteur du frontispice de l’Adonis calligraphié par Jarry pour Fouquet — et rehaussé de nombreux fleurons, frises et culs de lampe.

La qualité du tirage, ajoutée au fait de dédier ses Fables au Dauphin et de décorer des armoiries du jeune prince la page où figure le titre, suppose que La Fontaine avait anticipé la faveur dont jouirait le livre et pensait donc séduire de nombreux acheteurs.

Achevée d’imprimer le 31 mars, cette édition originale de luxe, peut-on dire, fut suivie, dès le 19 octobre, d’une édition plus modeste en deux volumes in-12 comportant toutefois les mêmes vignettes et qui, par les corrections qu’elle apporte au premier texte, présente un intérêt. Autre signe du succès rapide des Fables, la même année 1668 vit paraître, en province sans doute, une contrefaçon sans gravures des deux volumes in-12.

En 1669, la faveur dont jouissait l’ouvrage fut confirmée par trois impressions nouvelles dont l’une, groupant les six livres en un in-12 unique non illustré, répondait apparemment au dessein de présenter les Fables de la manière la plus commode. Lorsque, en 1678-1679, La Fontaine publiera, en deux volumes in-12 ornés de vignettes dessinées par Chauveau, Guérard et d’autres qui n’ont pas signé, cinq nouveaux livres de fables, il réimprimera en même temps les deux volumes contenant les six premiers, lesquels firent encore l’objet d une contrefaçon en 1679, à Amsterdam.

Si les publications hollandaises et anversoises qui vinrent ensuite contiennent les fables de 1668 et de 1678-1679, on peut se demander, à l’examen du tableau d’ensemble des éditions, si les pièces de 1668, pour la plupart ésopiques et phédriennes, n’avaient pas été goûtées plus rapidement que les suivantes. Celles-ci mieux nourries grâce aux apports de l’orientalisme et de la philosophie, amples et parfois sinueuses, très variées de ton et plus personnelles, répondaient moins à la conception du genre instituée par les fabulistes anciens et leurs traducteurs, ainsi que par toute une littérature moralisante d’emblèmes.

Fables choisies, mises en vers par M. de La Fontaine, édition de 1668. Page de titre décorée des armoiries du Dauphin
Fables choisies, mises en vers par M. de La Fontaine, édition de 1668.
Page de titre décorée des armoiries du Dauphin

Si La Fontaine créant la fable poétique s’était déjà heurté en 1668 à Patru et à Boileau, partisans d’un apologue bref et sec, la dédicace du recueil de 1678-1679 à la favorite du roi ne laissait pas d’exprimer de tout autres intentions que celles du premier : au sage mieux instruit des choses de la vie, seul importerait le délicat plaisir de conter.

Comme l’écrit le critique littéraire Pierre Clarac (1894-1986) dans son La Fontaine : l’homme et l’œuvre (1947), « bien des fables du second recueil ne sont plus des fables », du moins des fables du genre habituel : « Les deux Pigeons sont une élégie, Tircis et Amarante, une pastorale, Le Mal marié, une satire contre les femmes d’un emportement rabelaisien, La Fille, un conte narquois et attendri, Le Berger et le Roi, un conte édifiant, Les Souhaits, un conte de fées, Le Lion, un essai politique, Les Souris et le Chat-huant, une observation de naturaliste, Le Songe d’un habitant du Mogol, une méditation poétique, Le Paysan du Danube, un tableau d’histoire ». N’était- ce pas de nature à surprendre et ne faudrait-il pas voir dans la liberté des fables de 1678-1679 la raison d’un succès plus lent ?

En septembre 1693 La Fontaine publie, daté de 1694, un douzième livre illustré par Chauveau qu’il dédie au prince qu’instruit Fénelon. On y observe un retour assez sensible à Ésope, au didactisme, et la faveur qui l’accueille provoque aussitôt une réimpression. « Intitulant ce dernier livre septième, le poète aurait-il voulu le ranger après les six de la première partie ? » se demande Rochambeau. C’est l’opinion de Clarac, lequel précise : « Il se peut que La Fontaine ait voulu rassembler en une seule série les sept livres écrits pour le Dauphin et le duc de Bourgogne (ce sont les fables des enfants) et en une série distincte les fables plus philosophiques dédiées à Mme de Montespan ».

On souhaiterait pouvoir analyser l’attitude de la critique au XVIIe siècle touchant le succès respectif des trois recueils. Malheureusement les témoignages contemporains de la publication des Fables n’abondent pas. L’un des plus significatifs est celui qu’apporte le répertoire d’Adrien Baillet, Jugements des savants sur les principaux ouvrages des auteurs, composé en 1685-1686.

« M. de la Fontaine, y est-il écrit, est un de ces poètes choisis que l’on considère comme unique dans leur espèce. On ne peut pas dire qu’ils aient encore été deux de la sienne dans le royaume depuis qu’on se mêle d’y faire des vers français ; et il ne sera peut-être pas aisé de lui trouver un second.

Fables choisies, mises en vers par M. de La Fontaine. Édition de 1668 dédiée au Dauphin
Fables choisies, mises en vers par M. de La Fontaine. Édition de 1668 dédiée au Dauphin

« Nous avons de lui des Contes, et des Fables en plusieurs volumes, qui ont fait dire à l’Académie française par la bouche de M. l’abbé de la Chambre, que l’on reconnaît en lui un génie aisé, facile, plein de délicatesse et de naïveté ; quelque chose d’original, et qui dans sa simplicité apparente et sous un air négligé renferme de grands trésors et de grandes beautés ». Ce qui est une allusion au discours du curé de Saint-Barthélemy prononcé le 2 mai 1684 pour la réception du poète ; et l’on sait que le récipiendaire y fut sermonné en tant qu’auteur des Contes.

Baillet s’efforce ensuite de faire la part de l’imitation et de l’invention dans l’œuvre narrative de La Fontaine, omettant de signaler l’influence qu’exercèrent sur le poète les nouvellistes italiens : « Ce n’est que dans les manières qu’il a prises et dans ce tour heureux qu’il donne aux choses qu’il doit passer pour original. Car on ne peut pas nier qu’il ne doive beaucoup de ses inventions aux anciens auteurs de la Grèce et de l’Empire romain, et qu’il n’en ait pris même quelques-unes dans les faiseurs de contes qui ont écrit en notre langue avant lui, et dont il a changé la prose en vers : mais il y mêle tant de choses du sien qu’on peut dire que c’est son bien propre ».

Voici propos plus judicieux encore : « Quelques grands que soient les agréments des Contes, on prétend que ses Fables sont son chef-d’œuvre, et ce qui seul méritera de lui survivre. On y admirera toujours cette beauté de génie, et cette facilité merveilleuse à faire des vers réguliers et irréguliers ; et l’on aimera cette négligence, qui bien qu’affectée ne laissera pas de plaire beaucoup plus que les ouvrages de la même nature qui sont les plus étudiés ».

On observe également, au rapport des savants dont Baillet se fit l’interprète, que les fables de 1668, d’un caractère encore ésopique, sont préférées à celles de 1678-1679, d’une inspiration plus libre, d’une grâce ailée : « Ses premières Fables sont plus estimées que les dernières, et les unes et les autres ont plus de pureté et d’exactitude que ses Contes ».

Si Baillet ne dit rien des raisons qui pouvaient faire placer au meilleur rang les premières fables, du moins formule-t-il, touchant la signification morale des Contes, un regret d’éducateur sévère susceptible de nous éclairer : « On dit qu’ils ont des agréments et des tours inimitables, de sorte que nous ne saurions assez nous vouloir de mal de voir que cet ouvrage ne puisse être à l’usage de la jeunesse et des honnêtes gens ».

« Être à l’usage de la jeunesse et des honnêtes gens » : ne serait-ce pas la qualité que les doctes, dont Baillet recueille l’avis, appréciaient surtout dans les Fables de 1668 ?

Le Mal Marié. Page extraite de Fables de La Fontaine illustrées par Benjamin Rabier paru en 1906
Le Mal Marié. Page extraite de Fables de La Fontaine illustrées par Benjamin Rabier paru en 1906

Une chose est certaine, la majorité des lecteurs a partagé le sentiment des lettrés sur l’intérêt du premier recueil. Mais si les préférences qu’ils manifestèrent les uns et les autres se situent à l’inverse de celles qu’il est commun d’entendre exprimer aujourd’hui, ne serait-ce pas qu’à l’époque où écrivit le Bonhomme la conception traditionnelle de la fable didactique prévalait encore sur le goût de la fable nouvelle parée des dons de la personnalité ?

Mais que pensait Mme de Sévigné des fables de La Fontaine ? L’éducation qu’elle avait reçue la soustrayait aux contraintes exercées dans les collèges, où l’écolier s’initiait à l’étude des langues anciennes par la traduction de Phèdre et d’Ésope, tandis qu’il s’appliquait à composer des apologues. Intelligente, amateur de romans, vive narratrice, elle avait tout de suite reconnu chez le Champenois un conteur-né.

Lorsque trois ans après avoir donné, avec le succès que l’on sait, son premier recueil, La Fontaine prit la décision d’ajouter à un mélange de pièces lyriques, d’œuvres de circonstance et de fragments écrits pour le seigneur de Vaux, huit fables nouvelles, la marquise les trouve dignes en tout point des précédentes. « Nous en étions l’autre jour ravis chez M. de la Rochefoucauld, annonce-t-elle à sa fille, nous apprîmes par cœur celle du Singe et du Chat, cela est peint » ; mais elle déplorait que le poète commette la folie de « sortir de son genre » et de « vouloir chanter sur tous les tons ».

À la dédaigneuse cartésienne de Grignan qui y trouvait du « forcé », elle prône les récits du poète : « Ne jetez pas si loin les livres de La Fontaine. Il y a des fables qui vous raviront et des contes qui vous charmeront » ; et, pour avoir lu avant sa publication en recueil Le Curé et le Mort, elle ne se contente pas de lui écrire « la fable est jolie », elle ajoute confiante : « ce n’est rien au prix de celles qui suivront ».

Le deuxième recueil à peine paru, elle crie son enthousiasme à Bussy Rabutin : « Faites-vous envoyer promptement les Fables de La Fontaine : elles sont divines. On croit d’abord en distinguer quelques-unes, et à force de les relire, on les trouve toutes bonnes. C’est une manière de narrer et un style à quoi l’on ne s’accoutume point. Mandez m’en votre avis, et le nom de celles qui vous auront sauté aux yeux les premières ». Bussy partagea l’admiration de sa cousine qui, dans ses lettres, fera fréquemment allusion à des fables et se divertira même à parodier La Lionne et l’Ourse.

Quand, chassé de l’Académie pour avoir voulu publier son dictionnaire avant que ne s’édite celui de la Compagnie, Furetière lancera des libelles à titre de représailles et s’attaquera notamment à Benserade et à La Fontaine, Mme de Sévigné se joindra à son cousin pour défendre les deux poètes et saisira l’occasion de morigéner tous les pédants d’esprit infirme, incapables d’apprécier ces artistes ingénieux.

Tircis et Amarante. Page extraite de Fables de La Fontaine illustrées par Benjamin Rabier paru en 1906
Tircis et Amarante. Page extraite de Fables de La Fontaine illustrées par Benjamin Rabier paru en 1906

« Vos lettres (...) m’ont donné une véritable joie, lui dit-elle, et surtout ce que vous écrivez pour défendre Benserade et La Fontaine contre ce vilain factum. Je l’avais déjà fait en basse note à tous ceux qui voulaient louer cette noire satire. Je trouve que l’auteur fait voir clairement qu’il n’est ni du monde, ni de la cour, et que son goût est d’une pédanterie qu’on ne peut pas même espérer de corriger. Il y a de certaines choses qu’on n’entend jamais, quand on ne les entend pas d’abord : on ne fait point entrer certains esprits durs et farouches dans le charme et dans la facilité des ballets de Benserade et des fables de La Fontaine : cette porte leur est fermée, et la mienne aussi ; ils sont indignes de jamais comprendre ces sortes de beautés, et sont condamnés au malheur de les improuver, et d’être improuvés aussi des gens d’esprit.

« Nous avons trouvé beaucoup de ces pédants. Mon premier mouvement est toujours de me mettre en colère, et puis de tâcher de les instruire ; mais j’ai trouvé la chose absolument impossible. C’est un bâtiment qu’il faudrait reprendre par le pied : il y aurait trop d’affaires à le vouloir réparer ; et enfin nous trouvions qu’il n’y avait qu’à prier Dieu pour eux ; car nulle puissance humaine n’est capable de les éclairer. C’est le sentiment que j’aurai toujours pour un homme qui condamne le beau feu et les vers de Benserade, dont le Roi et toute la cour a fait ses délices, et qui ne connaît pas les charmes des fables de La Fontaine. Je ne m’en dédis point, il n’y a qu’à prier Dieu pour un tel homme, et qu’à souhaiter de n’avoir point de commerce avec lui ».

 
 
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