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Journaliste médical : métier exigeant solides connaissances et intégrité

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L’actualité au prisme de l’Histoire, ou quand l’Histoire éclaire l’actualité. Regard historique sur les événements faisant l’actu
Journaliste médical : métier exigeant
solides connaissances et intégrité
(D’après « La Chronique médicale », paru en 1909)
Publié / Mis à jour le mercredi 15 septembre 2021, par LA RÉDACTION
 
 
 
C’est en mai 1909, à l’occasion du banquet donné pour sa récente élection comme membre de l’Académie de médecine dans la section des associés libres, que le médecin et homme de lettres Maurice de Fleury (1860-1931), président de l’Association des Journalistes médicaux, énumère les qualités nécessaires pour être considéré comme un excellent journaliste médical

Figure de l’histoire de la médecine et secrétaire général de l’association, le docteur Augustin Cabanès rappela, lors de ce banquet, en quels termes le président de l’Association des Journalistes médicaux avait défini lui-même le rôle du journaliste médical, lequel doit être « un praticien rompu à tout ce qui fait son métier ; un homme instruit de tout ce qui s’imprime et se dit d’important ; un professionnel dans toute l’acception du terme, en même temps qu’un publiciste qui sache se faire écouter ».

Une forte préparation, une culture solide, des connaissances quasi encyclopédiques, sont en effet nécessaires pour accomplir pareille tâche ; et qui revêt, comme Maurice de Fleury, des formes aimables et élégantes du style ses moindres productions, est assuré de conserver les faveurs du public dont nous cherchons tous à capter les suffrages, rappelle un rédacteur de La Chronique médicale.

Maurice de Fleury. Photographie d'Eugène Pirou (1841-1909)
Maurice de Fleury. Photographie d’Eugène Pirou (1841-1909)

Prenant la parole avec quelques autres hommages à lui rendus, le Dr de Fleury s’exprima ainsi :

« Je suis profondément touché des paroles charmantes, encore que trop élogieuses, que viennent de me dire en votre nom notre vice-président Bardet, notre secrétaire général Cabanès, mon ami Capitan, et Natier, et Blondel. Les joies comme celles que vient de me procurer mon élection à l’Académie valent par elles-mêmes. Elles valent aussi par la prolongation que savent leur donner les amis de l’élu.

Hier, mes camarades du Figaro se réunissaient pour me fêter de la façon la plus exquise. Ce soir, mes collègues de l’Association des journalistes médicaux français, groupés autour de cette table, me témoignent leur sympathie joyeuse. Rien ne pouvait m’être plus agréable. On m’a parlé de banquets plus nombreux et plus retentissants. Je vous assure que je n’en ai pas accueilli la proposition avec enthousiasme. Je n’ai pas envie de triompher trop bruyamment. J’ai le goût de l’intimité. Or, ici nous sommes mieux qu’en intimité, nous sommes en famille, et vous m’en voyez enchanté.

« Mes chers collègues, on a dit et on redit à satiété que le journalisme mène à tout, à condition d’en sortir. C’est une phrase qui ne me convient qu’à demi. Sans doute la presse, qui est une force, peut conduire — j’en suis un exemple — à des situations enviables ; mais je ne comprends guère ceux qui, parvenus là où ils voulaient atteindre, rejettent ensuite le marchepied, sans doute pour empêcher les autres d’y monter à leur tour. Je suis journaliste et j’entends le rester. Vous avez bien voulu me dire que j’avais d’autres titres, plus scientifiques, au choix de mes nouveaux collègues. Il n’en est pas dont je me sois paré plus volontiers.

« C’est qu’en effet il ne faut point tenir pour peu de chose les qualités qui font un bon journaliste médical — non pas celui que j’ai été, mais celui que j’aurais voulu être.

« Nous devons être instruits et d’une culture assez profonde et assez vaste, puisque les branches de l’arbre de la science médicale s’étalent constamment, prospèrent actuellement avec une force extrêmement vivace et poussent en tous sens leurs rameaux.

« Il nous faut avoir du bon sens et du discernement, pour savoir faire la part de ce qui est excellent et de ce qui est moins bon, pour choisir entre les innombrables productions de ce temps, et distinguer une trouvaille bien venue, née de travaux honnêtement conduits, de ces découvertes qui révolutionnent la pathologie ou la thérapeutique pour quinze jours ou pour six mois.

« Parfois même, nous avons le droit d’apprécier, de juger ce que font les autres, et de nous élever jusqu’à la dignité de critiques.

« Il nous faut être de bons écrivains, pour retenir l’attention de notre public, pour faire vivre avec intensité une figure de savant.

« Il faut encore — je n’y insiste pas — que nous soyons singulièrement désintéressés, car par ce temps de publicité ingénieuse à tout envahir, je puis bien dire que nous serions tous ici beaucoup plus riches que nous ne sommes, pour peu que nous y ayons mis un peu de complai­sance.

« Il faut enfin que nous soyons indépendants et fiers.

« Non certes de cette indépendance du cœur qui oublie les bienfaits et renie les meilleurs amis, mais de cette fierté qui refuse de s’incliner toujours devant l’argument d’autorité, et qui sait reconnaître une belle et bonne trouvaille, même si elle n’est pas signée de titres très officiels.

« Sans doute nous devons le plus grand respect à ces hommes qui, après avoir consacré quinze ans de leur vie à subir de difficiles concours, demeurent encore des travailleurs acharnés, des chercheurs, de vrais maîtres. Mais nous devons, avant même ceux-là, aimer assez la vérité pour ne pas les flagorner toujours et sans mesure.

Ex-libris du Dr Maurice de Fleury portant l'inscription Olim ense nunc calamo (Jadis par l'épée, maintenant par la plume)
Ex-libris du Dr Maurice de Fleury portant l’inscription
Olim ense nunc calamo (Jadis par l’épée, maintenant par la plume)

« Un homme qui vient d’être candidat pendant de longs mois ne peut pas se vanter d’avoir toujours été aussi indépendant qu’il l’aurait souhaité. Et cependant, mes chers collègues, je me souviens d’avoir osé l’être tout récemment encore et de n’avoir pas eu à m’en repentir, au contraire.

« D’un acte d’indépendance fait avec discernement, justice et courtoisie, on peut avoir à se repentir pour un instant, mais il finit toujours par nous mériter quelque estime, et par nous faire respecter même de nos adversaires.

« Mes chers collègues, si je suis le premier d’entre nous qui ait obtenu les honneurs académiques, je sais fort bien que je ne suis pas le plus digne. Je sais surtout que je ne serai pas le dernier.

« Je vois autour de moi, à cette table, quatre ou cinq d’entre nous que l’Académie elle-même considère, elle l’a montré, comme devant être des siens. Pour l’un d’entre eux, l’heure me paraît toute proche, et le tour des autres viendra sans que s’écoule un bien long temps.

« Je le désire de tout cœur ; j’y travaillerai de mon mieux.

« Et je souhaite, en terminant, que leur élection et la mienne contribuent à grandir le nombre, l’autorité et la légitime influence de notre chère Association des journalistes médicaux français. »

 
 
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