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Le surmenage intellectuel, vice de l'éducation moderne. Apprentissage, connaissances, régime scolaire. L'école et course au diplôme. Enseignement - Histoire de France et Patrimoine


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L’Histoire éclaire l’Actu

L’actualité au prisme de l’Histoire, ou quand l’Histoire éclaire l’actualité. Regard historique sur les événements faisant l’actu


Surmenage intellectuel (Le) :
vice de l’éducation moderne ?
(D’après « La Revue des journaux et des livres », paru en 1887)
Publié / Mis à jour le dimanche 23 septembre 2018, par LA RÉDACTION

 
 
 
C’est un véritable cri d’alarme qui vient d’être poussé à l’Académie des sciences, écrit E. Lepelletier en 1887, observant que le surmenage intellectuel de l’enfance et de la jeunesse est une plaie dont les ravages, pour être moins visibles et moins rapides que ceux du choléra ou de la variole, sont cependant redoutables et progressifs

Il y a une épidémie de savoir qui sévit sur nos écoles et sur nos lycées. Les constatations médicales ont révélé que les études trop assidues et prolongées auxquelles se livrent, dans la plupart des établissements scolaires, les jeunes gens des deux sexes, amènent des déviations de la colonne vertébrale, des affections des reins, des myopies excessives, des tuberculoses, du rachitisme, des gibbosités, des scrofules et mille autres funestes inventions pathologiques.

Est-il besoin d’être grand clerc pour reconnaître le mal ? Oh ! que non, il n’est pas nécessaire, pour comprendre le vice de l’éducation moderne, d’avoir fait ses études. Inutile de hanter les cliniques et de se rendre dans un musée Dupuytren quelconque. Il suffit d’aller se promener au Bois, aux Tuileries, aux Champs-Elysées, un jour que les collégiens, Saint-Cyriens et Polytechniciens sont lâchés.

Pour les collégiens, il peut bien y avoir doute. On hésite sur l’âge, on suppute une tardiveté de croissance et, devant ces pauvres petits bonshommes rabougris, le jugement se trouve suspendu et l’on ajourne à plus tard la condamnation du régime scolaire abâtardisseur auquel ces victimes de l’âpreté moderne et de la lutte pour la vie sont soumises.

En ce qui concerne les élèves des écoles savantes, c’est autre chose. On a sous les yeux des spécimens actuels, des adultes, des tout à fait formés, ou plutôt déformés. Ah ! le spectacle attristant que celui de tous ces maigres jeunes hommes, aux poitrines étroites, aux yeux caves, aux bustes déhanchés, presque tous délicats de poitrine, attrapant, comme à la volée, rhumes, grippes, coryza et esquinancies.

La plupart ont à peine la taille réglementaire. Les plus grands ont l’air de plantes étiolées poussées trop vite. Les Saint-Cyriens sont les plus robustes d’aspect, cela tient à ce qu’on les a moins durement arrosés de logarithmes et qu’on a un peu plus entr’ouvert pour eux les X et les Y, barreaux de la cage scientifique où la jeunesse polytechnicienne et centrale est claustrée.

Et ce n’est pas seulement à la promenade, c’est au régiment même, que vous reconnaissez du premier coup d’œil les funestes effets de ce surmenage anti-humain. Quand vous apercevrez dans les rangs d’un régiment d’artillerie, défilant superbement, au trot attelé, quelque silhouette martiale d’officier solide et bien portant, vous n’avez pas besoin de consulter les contrôles de l’armée ; celui-là sort du rang et a échappé à la meurtrière incubation de l’école.

Ces effets de surmenage, dangereux et absurdes pour les hommes, sont criminels pour les femmes. Si vous déformez le moule, comment voulez-vous obtenir des exemplaires humains à peu près passables ? Ah ! la triste génération de Mayeux et de Quasimodos qu’on nous prépare là !

Les pauvres jeunes filles aiguillonnées par ce diplôme à conquérir, ce fameux diplôme qui pour elles sera bientôt l’écu diabolique changé en feuille sèche, se couchent sur les livres et s’inclinent sur les pupitres, et dans cette déviation lente et obstinée arrivent à détourner et à tarir le fleuve de vie qu’elles portent en elles.

Ainsi, dans chaque race, la bourgeoisie et la portion la plus éclairée, la plus intelligente, la plus laborieuse des classes ouvrières, vont en s’étiolant et en s’affaiblissant. Les temps ne sont plus des écoliers paresseux et des écolières frivoles. Chaque petit homme et chaque petite femme est un ouvrier matinal. On ne fait plus l’école buissonnière.

Dès la prime jeunesse on commence le combat pour l’existence, et, dans le lycée comme dans la classe primaire, les jeunes athlètes du savoir se disposent, avec une tenace ardeur, à la lutte. Le jour où il s’agira de disputer la victoire et de recueillir les palmes, ce seront des vainqueurs fourbus, traînant la jambe et crachant leurs poumons, qui se présenteront au poteau.

Le mal est terrible et le remède semble encore bien éloigné. On apprend trop de choses aujourd’hui. A quoi bon fourrer tant de matières dans des cerveaux auxquels, plus tard, la société demandera si peu ? On est effrayé de la somme de connaissances inutiles qu’on exige pour un candidat à la place mal rétribuée de gratte-papier dans un ministère quelconque.

Les examens de l’Ecole polytechnique ont-ils besoin d’embrasser tout le cycle des sciences mathématiques ? Tout cela, pour arriver à commander, à peu près aussi bien qu’un ancien sergent, une batterie ou à faire construire un épaulement avec un talent égal à celui d’un bon compagnon terrassier.

Le caractère éliminatoire de l’enseignement nécessite ce surmenage. Les candidats affluent sans cesse plus nombreux ; alors, pour les refouler, on construit des digues sans cesse plus fortes qui s’appellent des programmes. Là est le mal, là est le danger. Hélas ! il semble sans guérison possible.

Tout au moins, si l’on n’ose élaguer dans ces programmes trop touffus, pour les écoles supérieures comme pour les écoles primaires, conviendrait-il d’établir des repos, des récréations plus considérables, mieux aménagées. La gymnastique, la natation, l’escrime, la boxe, la course devraient être obligatoires partout, et donner à des candidats un nombre de points indispensable pour être reçus.

La belle avance quand on nous aura donné une France composée de savants mâles et femelles, et que cette armée scientifique ne sera bonne qu’à composer un musée orthopédique. Le surmenage intellectuel de la jeunesse, c’est l’épuisement de la race à brève échéance. Il fallait autrefois combattre l’ignorance, à présent il est peut-être sage de modérer le savoir. L’homme meurt également de famine et d’indigestion.




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